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« Ecrire, ce n’est pas transmettre, c’est appeler. » Pascal Quignard

 
 
 
       

 

 

Su Tong 苏童
Présentation 介绍

par Brigitte Duzan, 9 septembre 2009, actualisé 12 octobre 2017

 

Que Su Tong soit l’un des écrivains chinois les plus importants de la période contemporaine, c’est un fait reconnu [1]. Mais il l’est à plusieurs titres qui sont peut-être moins connus : d’une part, il a participé au mouvement d’avant-garde de la fin des années 1980, bien que son nom ne soit pas toujours cité dans ce contexte ; d’autre part, il a continué à écrire de façon continue et prolixe depuis le début des années 1980, en renouvelant constamment son style et sa thématique.

 

Il faut surtout souligner que, s’il est connu avant tout pour ses romans (ou nouvelles moyennes qui leur sont assimilées dans son cas), il est d’abord un maître de la nouvelle courte. C’est ce qui revient très souvent dans les commentaires et éloges d’autres auteurs le concernant. Ge Fei (格非), par exemple :  

“毫无疑问苏童是中国当代短篇小说的大师、巨匠,代表了短篇小说最高的程度”。

 

Su Tong

« Su Tong est sans conteste le grand maître de la nouvelle courte en Chine aujourd’hui ; il en est l’artisan émérite, et en représente le plus haut degré d’accomplissement. »

 

Quant à lui, après une longue carrière où le roman aura été décisif pour sa notoriété, il revient tout particulièrement vers la nouvelle courte depuis le début des années 2010. Interrogé au début de l’année 2016 par le critique littéraire Zhang Xuexin (张学昕) [2], il a exprimé ainsi l’importance primordiale qu’a pour lui la forme courte : « Quand j’écris des nouvelles, j’écris pour moi ; quand j’écris des romans, j’écris pour Su Tong ».

 

Et comme il déclare en outre, dans la même interview, préférer ses nouvelles récentes aux anciennes, il y a tout un travail à faire pour approfondir cet aspect de son œuvre alors que se multiplient les recueils, mais que l’on continue à traduire essentiellement ses romans.

 

Enfance et adolescence pendant la Révolution culturelle

 

De son vrai nom Tong Zhonggui (), Su Tong est né en 1963 à Suzhou. Son nom de plume est un diminutif de « Tong Zhongkui, natif de Suzhou ». On dit qu’il l’a choisi pour des raisons superstitieuses, parce qu’il n’arrivait pas à faire publier ses premières nouvelles, persuadé de la véracité de l’adage : le sort est lié au nom (“命与名随”). Il faut croire qu’il avait raison d’y croire, car la chance lui a souri par la suite.

 

Il est né dans une famille de quatre enfants ; son père était cadre, sa mère ouvrière. Sa famille, lit-on souvent, n’a eu aucune influence sur son orientation littéraire. Ce n’est pas tout à fait exact. En fait, il a raconté dans une interview [3] qu’il doit sa toute première vocation d’écrivain à une grave et longue maladie qu’il a eue pendant son enfance, et aux livres que sa sœur lui a apportés pendant toute cette période.

 

A neuf ans, en effet, il a eu une néphrite (une inflammation des reins), qui a provoqué, comme c’est souvent le cas, une infection du sang. Il a été soigné par deux spécialistes de médecine traditionnelle chinoise, dont il garde encore aujourd’hui un souvenir très net : l’un s’appelait Liù (陆) et était très beau, l’autre se nommait Bì (畀), et était tout maigre, de quoi nourrir l’imagination d’un enfant et garder un amour profond de la médecine chinoise.

 

Pendant toute une année, Su Tong dut rester chez lui sans pouvoir aller à l’école. De toute façon, c’était en 1972, en pleine Révolution culturelle, il n’y aurait pas appris grand chose. Plus intéressants étaient les murs du couloir de la maison : comme souvent à l’époque, ils étaient tapissés de pages de journaux en guise de papier peint, et Su Tong allait les lire tous les matins, après avoir ingurgité ses potions, en en décollant des morceaux pour pouvoir mieux les déchiffrer. Cela rappelle Yu Hua (余华), à peu près au même moment, lisant les affiches collées sur les murs en revenant de l’école.

 

Surtout, Su Tong attendait avec impatience sa grande sœur, alors au lycée, qui lui rapportait des livres interdits qui avaient été confisqués par les Gardes rouges : « Le rouge et le noir », « Résurrection » … Ce fut le meilleur médicament contre la solitude, et ce seront aussi ses premières influences. Il les complètera plus tard par Faulkner et Hemingway, García Márquez et Borges, et même J.D. Salinger, ses auteurs préférés, dont on retrouve les marques dans ses nouvelles.

 

Premières publications

 

En 1980, il est admis à l'Université Normale de Pékin, dans le département de littérature chinoise (北师大中文系). A l’époque, il se voit plutôt poète et s’astreint à des règles strictes : tous les matins, il écrit un poème qu’il se lit à voix haute avant d’aller en cours. Mais un jour, tombant sur un poème de trois lignes d’un de ses camarades, il le trouve tellement supérieur à ce qu’il écrit qu’il décide qu’il n’est pas fait pour la poésie et se tourne vers la nouvelle.

 

Un jeune arbre tordu

 

En 1983, la revue ‘La jeunesse’ (《青春》) en publie une première : « La huitième est une statue de bronze » (《第八个是铜像》). La nouvelle est primée, ce qui est un grand encouragement pour Su Tong. Il dira cependant plus tard, en se moquant de lui-même, que, à cette époque, il était comme « un arbre tordu » (像一棵歪歪斜斜的树) – ce sera plus tard le titre d’une de ses nouvelles, publiée en janvier 2000.

 

En 1985, il obtient un poste dans un lycée de Nankin. Son rôle est d’aider les étudiants (dont certains sont plus âgés que lui) à décrocher des bourses d’études. Son travail ne le passionne pas, et il n’a guère de contact avec les autres enseignants. Il passe une partie de ses nuits à écrire, arrive en retard le matin avec une tête de déterré : il n’est pas beaucoup apprécié. Mais il se fait des amis, en revanche, dans les cercles littéraires de Nankin.

 

Emergence d’un style à part

 

Il est alors embauché par la revue littéraire Zhōngshān (钟山》) [4], ce qui lui permet non seulement de découvrir de nouveaux talents, mais aussi de faciliter la publication de ses propres œuvres, sans que ce soit pour autant exclusif. A partir de janvier 1986, il publie dans Zhōngshān, mais aussi dans ‘Octobre’ (十月), et dans les revues ‘Littérature de Pékin’ (北京文学) et ‘Littérature de Shanghai’ (上海文学).

 

La fuite de 1934, recueil de 1988

 

En 1987, à quelques mois d’intervalle, il publie deux nouvelles qui sont remarquées et posent les premiers jalons d’un univers de fiction caractérisé tout de suite par un imaginaire et un style à part : « Souvenirs du jardin des mûriers » (《桑园留念》) paraît en février dans ‘Littérature de Pékin’ et « La fuite en 1934 » (《一九三四年的逃亡》) en mai dans Harvest (ou Shouhuo收获).

 

Dans « La fuite en 1934 », le narrateur examine l’histoire de sa famille pour en arriver à une interprétation fictive de leur passé collectif. Le narrateur évoque bien le passé, mais à travers les images qu’il en a gardées, images des gens et du monde autour d’eux. C’est donc un passé personnel, que le narrateur ne cherche ni à comprendre ni à expliquer, mais à imaginer, tout en situant la légende familiale dans le contexte plus large de l’histoire de l’époque : des événements historiques concrets de l’époque de ses grands-parents, comme l’épidémie de choléra de 1934 et les

inondations de 1935 ; ces événements déterminant des événements cruciaux du récit, leur présence dénote un fatalisme, une soumission au destin, qui nie la liberté du narrateur de recréer le passé à sa guise. L’utilisation de métafiction, par ailleurs, contribue à mettre en doute son récit, qui en devient éminemment flou et ambigu.

 

C’est un premier pas dans la création d’un style qui participe intimement du récit, qui le façonne et le moule. Le poids du destin est omniprésent dans les nouvelles qui suivent, dont la nouvelle moyenne parue en juin 1988 dans Shouhuo, « La famille des fleurs de pavot » (罂粟之家), dont l’histoire se situe entre 1935 et 1950, comme une sorte de suite à « La fuite en 1934 ». Trois forces impersonnelles dominent les personnages et contribuent à annihiler leur liberté : le destin, l’hérédité, et le déclenchement de la révolution.

 

C’est l’hérédité, cependant, qui a les conséquences les plus tragiques, bien plus que le sort de chacun, ou plutôt le conditionnant. Les maladies congénitales sont endémiques dans la famille, et tous les personnages sont la proie d’obsessions, d’addictions, l’un doit lutter constamment contre le sommeil, l’autre est opiomane.  Il y a là un monde profondément vicié, une sorte de désespoir fin-de-siècle. Et, à la fin du récit, l’avènement de la révolution enlève tout espoir à la famille, condamnée par l’histoire même.

 

L’avant-dernière ligne de la nouvelle souligne l’impossibilité d’échapper à son destin : « Lu Fang dit qu’il peut toujours sentir l’odeur de l’opium sur lui ; il a beau se laver, elle ne part pas… » Cette contamination est aussi nationale que familiale. Dans ces premières nouvelles de Su Tong, l’impuissance des personnages et leur soumission au destin sont caractéristiques d’un univers décadent et corrompu, sans espoir de rémission. La thématique et la trame du récit annoncent « Riz ».

 

Mais cet univers est avant tout défini par le style, qui rapproche Su Tong des écrivains avant-gardistes de cette fin des année 1980, et Yu Hua (余华) en particulier. Il va évoluer ensuite, dès la nouvelle moyenne suivante qui ouvre la phase créative des années 1990, sur des bases stylistiques simplifiées mais avec des trames narratives qui poursuivent la reconstruction imaginaire du passé en en faisant un univers métaphorique.

 

Enfermement, obsessions et folie : un monde métaphorique

 

Epouses et concubines 

 

Cette nouvelle, c’est « Epouses et concubines » (《妻妾成群》), aujourd’hui célèbre à cause du film de Zhang Yimou qui en est adapté et décrocha le Lion d’argent à la Biennale de Venise en 1991 [5]. A sa publication, cependant, elle passe inaperçu - il faut dire qu’elle est publiée dans Shouhuo en juin 1989.

 

Elle marque cependant un tournant dans l’œuvre de Su Tong, tant par le style que par la thématique. Il simplifie son style, et choisit des sujets directement liés à l’histoire, de la période impériale ou républicaine, voire maoïste. En l’occurrence, le récit se déroule – en huit chapitres et quatre saisons – pendant les années 1920. Cependant, ce ne sont pas les péripéties d’une époque troublée livrée aux luttes intestines entre seigneurs de guerre qui intéressent Su Tong, mais les conséquences sur la vie des femmes et la psyché féminine de la persistance des structures et coutumes sociales héritées de la tradition.

 

Epouses et concubines

 

L’histoire est linéaire, ou presque [6]. Su Tong poursuit sa réinvention fictionnelle de l’histoire, ici sous l’angle de la vie des femmes dans la société patriarcale du début du vingtième siècle. Tout en dénonçant le sort des femmes réduites au statut d’objet dans la famille chinoise traditionnelle, il élève la famille Chen au rang de métaphore de la Chine ancienne, oppressive et fermée.

 

On est dans le même logique que les nouvelles des deux années précédentes, mais la métaphore remplace l’avant-gardisme du style : dès le début de la nouvelle, le symbole du puits pèse de tout son poids sur le destin des femmes, comme sur toute la société. La folie reste la seule échappatoire. Et la période historique choisie comme contexte est évidemment tout aussi métaphorique que le maître de maison.

 

« Epouses et concubines » est la première nouvelle d’une série de portraits de femmes, dont « Vies de femmes » (《 妇女生活 ), publiée en mai 1990 dans la revue Huacheng (《花城》), qui sera adaptée par le réalisateur Hou Yong (侯咏) sous le titre « Jasmine Women » (茉莉花开) …  

 

Des femmes enfermées au femmes libérées

 

Visages fardés, 1992

 

Dans une parfaite continuité thématique, sinon stylistique, avec les nouvelles qui précèdent, Su Tong revient sur le thème du destin féminin avec le roman « Visages fardés » (《红粉》), paru en 2004 aux éditions des lettres et des arts de Shanghai, mais écrit en fait dès octobre 1992.

 

Su Tong simplifie encore son style, qui se fait plus réaliste ; l’histoire, ou le sort, ne détermine plus totalement le cours des événements et les destins des personnages ; Su Tong leur concède une certaine autodétermination, donne plus de place à l’initiative individuelle. Le récit n’en est que plus ambigu et plus complexe.

 

Il oscille entre les histoires de deux prostituées arrêtées en 1950, au moment où le nouveau régime ferme les maisons closes et envoie les prostituées « libérées » dans des centres de rééducation. Sur le chemin de l’hôpital où elle doit d’abord subir un examen, la plus forte tête des deux,  

Qiuyi (秋仪), saute du camion et s’enfuit. Elle se réfugie d’abord chez son ancien amant, Lao Pu (老浦), puis dans un couvent où elle subit diverses humiliations, et doit en particulier se couper les cheveux. Mais les nonnes finissent par la mettre dehors, et sa famille ne veut pas la garder non plus, par peur des réactions des voisins. Par désespoir, elle finit par épouser un vieil homme.

 

Beaucoup plus fataliste, l’autre, Xiao’e (小萼), une fois terminée sa période de rééducation après une tentative de suicide avortée, obtient un travail honnête, mais l’abandonne pour se marier … avec Lao Pu. Renversement de la situation qui ne dure cependant pas : comme elle reproche à Lao Pu d’être incapable de pourvoir aux besoins du ménage, il va voler une somme importante à l’entreprise électrique où il travaille ; pris, il est exécuté. Incapable de se sortir d’affaire toute seule, Xiao’e décide de s’enfuir avec un autre homme, en laissant son fils à Qiuyi, qui l’accepte avec joie car elle ne peut avoir d’enfant. A ce moment-là, elle en appelle au destin en disant : « J’avais prévu que cela finirait comme ça. »

 

La dialectique destin/autodétermination court dans tout le roman, mais le destin des femmes n’est plus aussi fermé que dans la société féodale, la volonté de chacune est bien plus déterminante ; c’est la faiblesse qui semble sceller leur sort. En outre, le roman n’est pas aussi sombre que « Epouses et concubines » : l’affection de Qiuyi pour le fils de Xiao’e suggère une possibilité de rédemption.

 

Il n’en est pas question dans le roman écrit à la même époque.

 

Un univers de dépravation sans espoir : Riz

 

Publié en 1996 mais écrit au début de la décennie, « Riz » (《米》) est en fait le premier roman de Su Tong, et c’est un tableau tragique et sans concession de la misère humaine qui reflète indirectement, et métaphoriquement toujours, la société chinoise aux lendemains de 1989 [7]. Su Tong y décrit, pas à pas, la dégradation progressive, tant physique que mentale, d’un personnage nommé Wulong (五龙) qui n’a, lui, aucune issue à sa lente descente aux enfers.

 

Un ami sur la route, 2002

 

Pourquoi il arrive aux

serpents de voler, 2002

 

Su Tong semble partir des mêmes prémices que « Fuite en 1934 ». Wulong est obligé de fuir son village pour échapper à la famine provoquée par une inondation, et va s’installer en ville. Il devient désormais victime d’un désir compulsif et obsessionnel de riz. Sa névrose devient le principe structurant du récit, dans une rhétorique de la maladie qui exalte l’anormal comme une ouverture vers l’inconscient, et l’associe à un désastre imminent. C’est ce que David Der-wei Wang appelle ‘mimesis de la dépravation’, utilisée par les écrivains chinois de l’époque pour montrer que le grotesque et la folie sont devenus normaux, dans une société menacée de folie collective.

 

Ma vie d’empereur, 2005

 

Banquet privé, recueil 2006

 

L’obsession du riz est omniprésente à partir de l’arrivée en ville de Wulong mâchant ses derniers grains de riz cru et, à chaque période difficile, il revient vers le riz cru comme par une sorte de fétichisme. Dans un monde d’où il est constamment exclu, le riz est son seul mode de définition identitaire. Alors qu’il est peu à peu acculé à un sentiment d’impuissance, le riz est finalement la seule chose sur laquelle il a un certain contrôle, mais en même temps c’est une obsession qui lui enlève toute liberté. Elle dérive vers une tendance au fétichisme sexuel et au sadisme, car ce qui le stimule est la transgression, et le pouvoir d’imposer sa volonté aux femmes pour qu’elles participent à ses obsessions. Finalement il meurt d’une maladie vénérienne.

 

La thématique du riz est doublée du thème secondaire de la transition campagne-ville, et de la corruption par la ville de la nature humaine. Tous les gens autour de lui sont affligés aussi d’obsessions anormales (opium, jeu ou sexe). Tout traduit l’artificialité de l’existence en ville et la violence qui lui est liée. Violence que Wulong reprend à son compte à la fin : il s’est assimilé dans la ville, mais elle devient, dans son esprit, associée à la mort ; il la voit en rêve comme un immense cimetière…

 

Il règne dans tout le roman une sensation de fatalité, une sorte de loi darwinienne de survivance du plus fort, et de décadence immanente de la nature humaine et de l’histoire. Le traumatisme de 1989 est passé par là. Su Tong lui-même a dit que cela avait été pour lui le texte le plus difficile et le plus douloureux à écrire.

 

En même temps, le roman fait figure de texte cathartique.

  

Romans contre nouvelles, narration historique contre art du récit

 

L’histoire semble évacuée. A partir de la fin des années 1990, on la retrouve surtout dans les six romans qui vont suivre, tandis que les innombrables nouvelles créent un univers à la Faulkner, fondé sur l’évocation de personnages et de situations comme surgissant de souvenirs recomposés. C’est là que Su Tong déploie au mieux son imagination créative et son talent de conteur.  

 

Pourtant il faut bien dire que ce sont les romans qui continuent à lui apporter le plus de notoriété, en particulier les deux derniers, couronnés de prix prestigieux.

 

Bestsellers et prix prestigieux

 

Publié en 2006, et écrit à la suite d’une commande d’un éditeur britannique, Binu (《碧奴》), ou « Le mythe de Meng » selon la traduction française, est la relecture d’une célèbre légende chinoise : « Les larmes de Meng Jiangnü »

 

Binu et la Grande Muraille, 2006

(“孟姜女哭长城”). C’est avant tout un superbe exercice de style, mais qui reste isolé dans le reste de l’œuvre. 

 

La Berge (Boat to Redemption) 2010

 

Les deux romans suivants sont bien plus représentatifs du style de romancier de Su Tong, qui reprend en le personnalisant le style de la grande narration historique. Initialement publié en 2009 dans la revue Shouhuo, « La berge » (《河岸》) ou, comme l’a traduit Howard Goldblatt, « Boat to Redemption », dépeint un monde où les gens en viennent à se réfugier sur l’eau pour éviter les tracas du quotidien sur terre [8].

 

Ku Wenxian (库文轩) ayant été l’objet d’une commission d’enquête mettant en cause sa qualité de fils d’une martyre de la Révolution, il est déchu de ses responsabilités, et sa femme demande le divorce ; en signe de protestation, il se castre, et se réfugie sur une petite péniche qui transporte des marchandises sur la rivière locale, et où son fils Ku Dongliang (库东亮), le narrateur, choisit de le suivre.

 

Dans la deuxième partie, l’arrivée sur le bateau d’une petite orpheline nommée Huixian (慧仙), entraîne de nombreuses difficultés mais aussi, après quelques années, l’éveil de sentiments amoureux chez Dongliang. Mais Huixian est belle : elle fréquente le gratin, est admise dans la troupe d’opéra du district, puis dans la troupe de propagande après avoir cessé ses études. Quand les protections lui manquent, cependant, sa carrière artistique se termine abruptement, et elle finit dans une boutique de coiffure.

 

Le roman a été couronné du prix littéraire Man Asian en 2009, prix créé en 2007 que Su Tong a été le second écrivain chinois à recevoir, après Jiang Rong (姜戎) pour « Le Totem du loup » (《狼图腾》).

 

Quant au roman suivant, publié en août 2013, il s’est vu décerner le neuvième prix Mao Dun en 2015 (2015年茅盾文学奖) ; il est sorti en traduction française en septembre 2016 sous le titre « Le Dit du loriot », tandis que le titre anglais retenu est « Tale of the Siskin » (黄雀记). L’histoire se passe dans les années 1980, dans une petite ville du sud de la Chine, bien sûr, où vivent trois adolescents : Baorun (保润), un lourdaud qui vit avec son grand-père ; Liu Sheng (保润), séducteur retors, et Xiao Xian, une petite orpheline, jolie mais mauvais caractère. Ils se croisent et se disputent, et les garçons finissent par violer Xiao Xian. Dix ans plus tard, les fantômes renaissent, ravivent les blessures, mais aussi les espoirs…

 

Quant à Grand-père, qui a perdu la raison, il cherche son âme…. Chez Su Tong, l’avenir est toujours aussi incertain, le sort des femmes toujours aussi dur, et la jeunesse

 

Huangque ji (Tale of Siskin)

toujours aussi meurtrie, mais l’humour semble apporter un rien de légèreté, soudain, malgré tout… Et c’est le Grand-père le personnage formidable, dans l’histoire, rappelant par bien des côtés celui de la nouvelle « Dites-leur que je suis parti sur le dos d’une grue blanche » (《告诉他们我乘白鹤去了》).

  

La folie est un élément omniprésent dans l’œuvre de Su Tong, c’est souvent ce qui permet aux personnages de garder un maximum d’humanité. Elle apparaît surtout dans ses nouvelles, sous des aspects très différents, mais toujours métaphoriques.

 

Un univers à la Faulkner : le monde du Jiangnan

 

Il est significatif que, lorsqu’est paru « La berge », les articles sur le roman ont souvent débuté en se félicitant d’une nouvelle publication de Su Tong, « alors qu’il était resté silencieux pendant trois ans » (沉寂三年之后...), ce qui signifiait en fait trois ans… après « Binu », comme si seuls comptaient les romans.

 

Or, c’est dans ses nouvelles, plus que dans ses romans, que ses talents de conteur et la qualité de son écriture sont les plus évidents. La politique ou l’histoire n’y tiennent pratiquement aucune place ; ce qu’elles dépeignent, à travers le plus souvent un bref épisode de la vie d’un personnage, ce sont les relations sociales dans un microcosme, rural ou urbain, les conflits familiaux, les mentalités, et la difficulté de la vie en général. Le fantastique en est souvent partie intrinsèque, comme élément indissociable des mentalités, et conditionnant les comportements ; s’il peut rappeler Borges, c’est bien plus un fantastique qui plonge dans les racines de la tradition chinoise, et à celle des contes de Liaozhai en particulier [9].

 

Au long de ses nouvelles, à commencer par « Le jardin des Mûriers » en 1984, Su Tong a créé tout un univers sur la base du passé réinventé. Dans l’introduction à son analyse comparative des nouvelles de Su Tong et Yu Hua du début des années 1990 [10], Li Hua cite Su Tong : « [le cadre de ces nouvelles] est une métaphore de la Chine du Sud, c’est aussi un symbole de décadence ». Elle représente plus particulièrement le sentiment de désespoir de la première moitié des années 1970. Les jeunes dépeints dans ces nouvelles [11], qui ont grandi dans cette rue, démontrent un esprit d’autonomie et d’individualité au milieu du chaos ambiant ; mais rien dans leurs expériences et initiatives ne leur permet d’aller de l’avant, ils sont condamnés même parfois à la destruction.

 

Saules pleureurs,

nouvelles courtes 2000/2006

 

Cigu, recueil 2011

 

C’est l’univers de l’enfance de Su Tong qui forme le cœur et la trame de ces récits, c’est ce qu’il a dit dans un article intitulé « « Utiliser sa vie d’enfant » (《童年生活利用》), également cité par Li Hua : « Je me rappelle mon enfance solitaire et isolée avec des sentiments mitigés d’amour et de haine ; de tout le fardeau que j’ai eu à porter dans ma vie d’écrivain, mes souvenirs d’enfance ont sans doute été le plus lourd. Que ces souvenirs soient sombres ou lumineux, nous sommes bien obligés de les emporter avec nous et de les chérir. On n’a pas d’autre alternative… Nous sommes forcés de les utiliser pour exprimer nos pensées les plus profondes. »  

 

Derrière les récits des débuts rôdent les fantômes de la Révolution culturelle, comme une « sentinelle silencieuse derrière toute la littérature nouvelle », mais aussi ceux des lendemains de 1989. Su Tong s’en dégage peu à peu pour en arriver, à partir du début des années 2000, à des petits tableaux subtils où les drames individuels sont évoqués par allusions qui laissent à peine percer la tragédie, en arrière-plan : ainsi, dans « La mère folle sur le pont » (《桥上的疯妈妈》), on devine que la folie de cette élégante en qipao est due à des sévices subis pendant la Révolution culturelle ; mais dans « Saules pleureurs » (《垂杨柳》), un lieu-dit qui est une halte pour routiers, plus de Révolution culturelle : le drame est un accident de la route qui a laissé des séquelles traumatiques dans les esprits, et dont on devine à peine, entre les lignes, qui en est responsable [12].

 

Les récits, cependant, peuvent n’être que de simples portraits, représentatifs d’une mentalité spécifique, comme ces « Cousins » (《堂兄弟》) qui vivent côte à côte dans deux masures de chaume et dont l’un emprunte de l’argent pour se faire construire une maison de briques, avec un toit de tuiles, semant la consternation dans le foyer de l’autre…Portraits simples en apparence : leur force tient en grande

partie au style, à l’humour subtil et chaleureux dont Su Tong nimbe sa narration, et ses descriptions.

 

C’est un univers fictif aussi réel que le Yoknapatawpha de Faulkner, un autre Sud tout aussi vivant et coloré, un Jiangnan quasi mythique, entre le jardin des Mûriers (桑园) et autres jardins, la rue de l’Acajou, le bourg du Pont du Cheval (Maqiao zhen 马桥镇) et celui des Erables et peupliers (Fengyangshu cun 枫杨树村), autant de marqueurs spatio-temporels qui reviennent de façon récurrente comme toile de fond des récits. Le dernier village, en particulier, est celui dont est chassé Wulong, au début de « Riz », et il apparaît ensuite comme un paradis perdu.

 

Les romans font partie de cet univers, certes, mais ce sont les nouvelles qui le dessinent, depuis près de trente ans. Il y en a près de deux cents, on n’en connaît qu’une infime partie….

 

Les principaux textes originaux sont disponibles en ligne :

http://www.shuku.net/novels/sutong/sutong.html

 

Rice (le film de Huang Jianzhong)

 


 

Principales publications

 

Romans

 

Octobre 1992 / rééd. 2004 Visages fardés 《红粉》

1996  Riz 《米》

2002  Pourquoi il arrive aux serpents de voler 《蛇为什么会飞》

2004  L’impératrice Wu Zetian 《武则天》

2005  Ma vie d’empereur 《我的帝王生涯》

2006  Binu ou Le mythe de Meng 《碧奴》

2010  La Berge (Boat to Redemption) 《河岸》

2013  Huangque ji (A Tale of Siskin) 黄雀记

 

Nouvelles (courtes et moyennes)

 

Liste avec détails de publication en annexe du recueil de nouvelles moyennes
Qiqie chengqun (jusqu’à 2010)

https://books.google.fr/books?id=SutNBQAAQBAJ&pg=PT123&lpg=PT123&dq=%E3%80%8A

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27 nouvelles publiées dans les années 1980, à partir de 1983, et 80 dans les années 1990.
Principales nouvelles publiées dans les années 2000-2010 :

 

Janvier 2000       Un arbre tordu 一棵歪歪斜斜的树

     Cinéma en plein air 露天电影

Février 2000        La chaîne de magasins Aux Fleurs d’osmanthe 桂花连锁集团 (Shouhuo)

Juillet 2000          Un soir d’hiver de 1973 七三年冬天的一个夜晚 (Tianya)

Janvier 2001        Parapluies

Janvier 2002     Un cochon blanc comme neige 白雪猪

Septembre 2002 Les poissons du peuple 人民的 (Beijing wenxue)**

Juillet 2004       Banquet privé《私宴》 / Cousins 《堂兄弟》 (Shanghai wenxue)

Juin 2006          Recueil Banquet privé 《私宴》 (recueil de dix nouvelles)

Avril 2007       Cigu (Flèche d’eau) 《茨菰》 (Zhongshan)

Juin 2007           Pourquoi n’y a-t-il pas l’électricité chez nous ? 《为什么我们家没有电灯》 (Shouhuo)

Novembre 2007         Chronique d’un bébé trouvé 《拾婴记》

Mars 2010     La caserne Xiangcao (Vanille) 《香草营》  

Juin 2011        Recueil Cígu 《茨菰》 sélection de dix nouvelles courtes représentatives de destins féminins tragiques, prix Lu Xun (鲁迅文学奖获奖者丛书) – outre la nouvelle titre :

              La caserne Xiangcao (Vanille) 《香草营》/  

              Pourquoi n’y a-t-il pas l’électricité chez nous ? 《为什么我们家没有电灯》 /

              Chronique d’un bébé trouvé 《拾婴记》 / Le monastère Shanglong 《上龙寺》/

              Banquet privé 《私宴》 / Cousins《堂兄弟》/  

              Un jour de printemps à l’usine de conditionnement de viandes 《肉联厂的春天》

              La chaîne de magasins Aux Fleurs d’osmanthe 《桂花连锁集团》

              Une lettre pour les masses 《群众来信》

Novembre 2014     Six nouvelles courtes de Su Tong 《苏童六短篇》

                     Son nom 《她的名字》 / Le monastère Shanglong 《上龙寺》 / Parapluies 》 /

                     Le bateau des pastèques 《西瓜船》 / Cousins 《堂兄弟》 /

                     Pourquoi n’y a-t-il pas l’électricité chez nous ? 《为什么我们家没有电灯》

 

Janvier 2008     Anthologie des nouvelles courtes en cinq volumes pour la période 1984-2006

aux éditions Littérature du peuple (人民文学出版社)  

- Souvenirs du Jardin des mûriers 《桑园留念: nouvelles courtes 1984-1989

- Course folle 《狂奔》 : nouvelles courtes 1990-1994

- Dix-huit adieux 《十八相送》 : nouvelles courtes 1995-1996  

- Sable blanc 《白沙》 : nouvelles courtes 1997-1999   

- Saules pleureurs 《垂杨柳》 : nouvelles courtes 2000-2006

 


 

Traductions en français 

 

- Épouses et concubines 《妻妾成群》 traduit par Annie Au Yeung et Françoise Lemoine, Flammarion, 1992 (rééd. LGF "Le Livre de Poche", 1997)

- Visages fardés 《红粉》- traduit par Denis Bénéjam, Philippe Picquier, 1995 

- La maison des pavots 罂粟之家- Éditions You Feng, 1996 : édition bilingue français-chinois.

Décrit l'apogée et la décadence d'une grande famille de propriétaires fonciers du sud de la Chine dans les années qui précèdent et qui suivent immédiatement la fondation du régime communiste.

- Riz- traduit par Noël et Liliane Dutrait, Flammarion, 1998 (rééd. L'Aube, 2004)

- Fantômes de papiers - Dix-huit nouvelles traduites par Agnès Auger, Desclée de Brouwer, 1999

- Je suis l'empereur de Chine 我的帝王生涯, traduit par Claude Payen, Philippe Picquier, 2005  

Un prince insouciant, héritier du trône à quatorze ans, finit par le perdre et devenir funambule dans un cirque, métaphore de la précarité de l’existence, avant d'achever ses jours dans un monastère perdu dans la montagne…

- Le mythe de Meng 《碧奴》, traduit par Marie Laureillard, Flammarion, 2009

- A bicyclette, recueil de textes courts traduit par Anne-Laure Fournier, Philippe Picquier, mars 2011

- La Berge, traduit par François Sastourné, Gallimard Bleu de Chine, janvier 2012.

- Le Dit du Loriot 黄雀记, traduit par François Sastourné, Seuil, septembre 2016.

 


 

Traductions en anglais

 

Romans

Rice 《米》 tr. Howard Goldblatt, Scribner, Jan. 2000

My Life as Emperor 《我的帝王生涯》 tr. Howard Goldblatt, Hyperion Feb. 2006

Binu and the Great Wall 《碧奴》 tr. Howard Goldblatt, Canongate Feb. 2008

Boat to Redemption 《河岸》 tr. Howard Goldblatt, Black Swan, April 2010  

 

Novellas

Raise the Red Lantern 《妻妾成群》 tr. Michael Duke, Harper Collins, June 2004

Another Life for Women 《另一种妇女生活》

+ Three-Lamp Lantern 《三盏灯》 tr. Kyle Anderson, Simon & Schuster, Dec. 2016

 

Short stories

- Brothers Shu 《舒家兄弟》 tr. Howard Goldblatt, in : Chairman Mao Would Not Be Amused

- Sweetgrass Barracks 《香草营》 tr. Josh Sternberg

- Madwoman on the Bridge 《桥上的疯妈妈》 recueil de quatorze nouvelles, tr. Josh Sternberg :

Weeping Willow 垂杨柳  / On Saturdays 星期六 / Thieves 小偷 /            

How the Ceremony Ends 仪式的完成 / The Private Banquet  私宴 /

Goddess Peak 神女峰 / The Diary for August 八月日记 /

Dance of Heartbreak 伤心的舞蹈 / The Water Demon 水鬼 /

Atmospheric Pressure 大气压力 / Queen of Hearts 红桃Q /

Home in May 五月回家 / The Giant Baby 巨婴

- Watermelon Boats 西瓜船 tr. Eric Abrahamsen  Asia Literary Review, Sept. 2011

- Early One Sunday Morning 一个礼拜天的早晨 tr. Josh Sternberg

- Death Without a Burial Place死无葬身之地 (initialement publiée mars 1988)

  tr. Karen Gernant and Chen Zeping, in : The Mystified Boad, Postmodern Stories from China,

  ed. Frank Stewart/ Herbert J. Batt, University of Hawai’i Press 2003.

 


 

Adaptations cinématographiques
 
- « Epouses et concubines » 《大红灯笼高高挂》
Film de Zhang Yimou sorti en 1991, adapté de la nouvelle « Epouses et concubines » (《妻妾成群》).
Voir : http://www.chinesemovies.com.fr/films_Zhang_Yimou_Epouses_et_concubines.htm
 
- « Blush » 《红粉》
Film de Li Shaohong (李少红) sorti en 1995, adapté du roman « Visages fardés » (《红粉》).
 
- « Jasmine women » 茉莉花开

Film de Hou Yong (侯咏) sorti en 2004, adapté de la nouvelle « La vie des femmes » (《 妇女生活 》).

Voir : http://www.chinesemovies.com.fr/films_Hou_Yong_Jasmine_women.htm

 

- « Fly with the Crane » 《告诉他们我乘白鹤去了》

Film de Li Ruijun (李睿珺) sorti en 2012, adapté de la nouvelle « Dites-leur que je suis parti sur le dos de la grue blanche » (《告诉他们我乘白鹤去了》).

Voir : http://www.chinesemovies.com.fr/films_Li_Ruijun_Fly_with_the_Crane.htm

 

- Film interdit : « Dahong Rice Shop » 大鸿米店

Film de Huang Jianzhong (黄健中), adapté du roman « Riz » (《米》) ; tourné en 1995, interdit pendant sept ans, passe la censure en 2002, sort en mars 2003, mais à nouveau interdit, à cause des affiches.

 
- Projet abandonné : 
Adaptation de la nouvelle « Au temps des tatouages » 刺青时代par Jia Zhangke. 
 

 
Bibliographie sélective
 

Deirdre Sabina Knight, Decadence, Revolution and Self-Determination in Su Tong’s Fiction, Modern

Chinese Literature, Vol 10 n° 12 (Spring/Fall 1998), pp. 91-111

Li Hua, Contemporary Chinese Fiction by Su Tong and Yu Hua: Coming of Age in Troubled Times,

Brill 2011

Leung, S. M. (2016). Madness in Southern China: Illness as metaphor in Su Tong's “The Tale of the
Siskins” 
and "Madwoman on the Bridge". Journal of Modern Literature in Chinese, 13(1-2), 45-62.
 
Chinese Arts and Letters, Vol. 1 n° 1 (2014.1)
- deux nouvelles traduites en anglais, pp. 100-128 :
The Foundling 《拾婴记》, trad. Florence Woo / 
Rising Dragon Temple 《上龙寺》, trad. Kim Gordon
- A Screaming Child, an Enchantment, a Conversation with Su Tong,
interview by Shu Jinyu 舒晋瑜, trad. Denis Mair, pp. 164-184
 
Chinese Arts and Letters, Vol. 3 n° 1 (2016. 1). Featured Author : Su Tong
- Deux nouvelles traduites en anglais par Josh Stenberg, pp. 7-40 :
The Private Banquet 《私宴》 / Cousins 《堂兄弟》
- Une analyse et un entretien, par Zhang Xuexin (张学昕) :
Constructing the Meaning of the South, trad. Shelly Bryant, pp 40-51
Feel My Own Gaze in the World of Fiction – a Dialogue on Short Stories : 
an Interview with Su Tong, trad. Jesse Field, pp. 52-64
 

 
A lire en complément
 
Au Centre culturel de Chine à Paris : première séance du club de lecture le 7 novembre
 
Lancement d’un club de lecture au Centre culturel de Chine
 

《小猫》 « Petit Chat »

 

《告诉他们我乘白鹤去了》 « Dites-leur que je suis parti sur le dos de la grue blanche »  

 

《水鬼》« Le génie des eaux »   

 

La Berge (Boat to Redemption) 《河岸》

 

Huangque ji (A Tale of Siskin) 黄雀记

 

 


[1] C’est aussi l’un des plus connus et des plus populaires hors de Chine : en 2010, il était l’écrivain chinois le plus traduit après Mo Yan.

[2] Dans une interview publiée dans la revue Chinese Arts and Letters (2016 n°1) – voir Bibliographie ci-dessous.

[3] Publiée sur le site de l’agence Xinhua, le 23 avril 2009.

[4] Revue créée en 1979, devenue l’un des revues littéraires de référence dans les années 1980.

[5] Pour une analyse comparée de la nouvelle et du film, voir : http://www.chinesemovies.com.fr/films_Zhang_Yimou_Epouses_et_concubines.htm

[6] Voir le résumé dans l’article ci-dessus.

[8] Voir le texte chinois, en deux parties : http://www.kanunu8.com/book3/8459/

[9] C’est le cas, par exemple, de la nouvelle « Le génie des eaux » (《水鬼》), qui est d’ailleurs l’une des nouvelles préférées de Su Tong.

[10] Analyse comparée sous l’aspect Bildungsroman des nouvelles de 1984 et du début des années 1990 communément appelées « Série des nouvelles de la rue de l’Acajou » ou « Toon Street series » (《香椿树街故事》系列), où la rue est analysée comme marqueur spatio-temporel - cf Bibliographie ci-dessous.

[11] Principalement les nouvelles courtes « Souvenirs du jardin des Mûriers » 《桑园留念》1984, « Partir au loin en rollers » 《乘滑轮车远去》1991, « Danser le cœur brisé » 《伤心的舞蹈》1991, « Un incident un après-midi » 《午后故事》1991, plus « Chronique des quartiers nord » 《城北地带》

[12] Les deux nouvelles datent de 2004, de même que « Cousins ».

 

 

 

 

 

 

 

     

 

 

 

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