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Ge Fei 格非

Présentation

par Brigitte Duzan, 13 avril 2016

 

Né en 1964, professeur de littérature à l’université Qinghua à Pékin, Ge Fei a été, avec Yu Hua (余华) et Su Tong (苏童), l’un des principaux écrivains dits d’avant-garde qui ont émergé en Chine à la fin des années 1980.

 

Comme la plupart des auteurs de cette génération, il est aussi d’une culture prodigieuse ; il a fait des recherches sur la littérature de fiction et écrit des analyses sur les œuvres de Kafka, Borges et autres [1]; ses récits sont souvent truffés de référence à des œuvres étrangères, voire même à la musique classique. S’il n’est plus d’avant-garde, il reste l’un des écrivains chinois les plus profonds et les plus fascinants aujourd’hui.

 

En 2015, sa « Trilogie du Jiangnan » (ou « Trilogie du Sud du fleuve » 江南三部曲) a été couronnée du 9ème prix Mao Dun.

 

Ge Fei

Mais ses plus belles œuvres, les plus intéressantes d’un point de vue tant stylistique que formel, restent cependant ses nouvelles ‘moyennes’ (中篇小说).    

 

Auteur expérimental d’avant-garde à la fin des années 1980

 

Le pendule de Kafka, 2004

 

De son vrai nom Liu Yong (刘勇), Ge Fei (格非) est né en août 1964 à Dantu (丹徒), dans le Jiangsu. En 1981 il est admis en classe de littérature chinoise à l’Université normale de la Chine de l’Est, à Shanghai (上海华东师范大学), et il obtient son diplôme quatre ans plus tard, en 1985. Il reste à l’université pour y enseigner comme assistant, puis chargé de cours, et enfin professeur en 1998. En 2000 il obtient son doctorat de littérature chinoise, et il est transféré à l’université Qinghua (清华大学), à Pékin.

 

 

1986-1988 : Trois premières nouvelles

 

Il commence à écrire dans la turbulence littéraire et artistique du milieu des années 1980 et publie une première nouvelle en 1986 – « A la mémoire de monsieur Wu You » (《追忆乌攸先生》) – qui annonce sa thématique fondamentale à venir : les relations profondes entre vie, mémoire et écriture. La plupart de ses récits seront une tentative de reconstitution du passé, dans une lutte contre l’oubli qui est aussi lutte contre le temps, tentative menée très souvent par le biais d’un narrateur, et le plus souvent à la première personne. Mais ce n’est plus le narrateur traditionnel, omniprésent ; le regard se fait multiple, la perception du passé toujours incomplète, floue et fragmentaire, comme la mémoire en réalité.

 

L’univers que construit Ge Fei à ce premier stade est un monde onirique et étrange, entre rêve et réalité, souvenirs et présent. Il décrit ainsi sa découverte de l’importance de la mémoire dans l’essai « Fiction et mémoire » (《小说与记忆》), publié dans la première partie du recueil « Le chant des sirènes » déjà cité :

 

« Je ressentais avec joie que, avant la nouvelle « A la mémoire de monsieur Wu You », ma mémoire était endormie, plongée dans des ténèbres, mais que, à présent, elle s’éveillait, que des pans de souvenirs surgissaient soudain comme des rêves oubliés depuis longtemps, me faisant ressentir leur mystère, leur richesse et leur profondeur illimitée. Quant à la langue qui se frayait un chemin dans ces vastes ténèbres pour explorer les confins de la mémoire, elle balisait comme de bornes cette contrée intérieure ouverte sur l’infini. »

 

Le chant des sirènes (2001)

 

Ge Fei poursuit cette expérience avec deux nouvelles ‘moyennes’ publiées en 1987 et 1988 : « La barque égarée » (《迷舟》) et « Nuée d'oiseaux bruns » (《褐色鸟群》). La première, inspirée du style de Borges, le rend célèbre comme auteur de textes expérimentaux de métafiction, et la seconde est généralement considérée comme l’une des nouvelles les plus complexes de la fin des années 1980.

 

1988 aussi : Vert jaune

 

Initialement publiée dans la revue Shouhuo (收获) en 1988, la nouvelle « Vert Jaune » (《青黄》) est une histoire déconstruite, dont le fil narratif est une fausse enquête, qui pourrait être résumée comme la recherche de la signification exacte de ce terme de « vert jaune » qu’un professeur a mentionné dans un de ses ouvrages. Pour tenter de résoudre l’énigme, un jeune chercheur va enquêter dans un village, sur neuf familles de pêcheurs…

 

Nuée d’oiseaux bruns (édition 1989)

 

Vert jaune (2001)

 

C’est évidemment un prétexte à une tentative de reconstruction du passé, œuvre d’imagination, mais à partir d’un fait réel, décrit dans un article d’une revue… Un peu comme dans « Sifflement », on est à la croisée des chemins de l’histoire passée et de la réalité présente, avec impossibilité de reconstitution exacte de la première, ce qui laisse la seconde aussi dans le flou. A la fin, on ne sait toujours pas ce que recouvre précisément ce terme de « vert jaune ». Le réel est aussi mouvant que l’eau, et la mémoire réduite à des fragments épars tout au fond.

 

Dans ces récits désormais classiques, Ge Fei suit un lent processus d’extension du présent vers le passé, et c’est ce passé, reconstruit à travers des éclairs de conscience fragmentaires, qui permet au sujet/narrateur de se reconstruire lui-même. Dans la préface à « La barque égarée », Ge Fei évoque un espace imaginaire qu’il tente d’atteindre par la perception de « l’ineffable » que recèlent la réalité et la mémoire.

 

Avec ces premiers récits, Ge Fei s’inscrit dans le mouvement d’avant-garde littéraire (先锋文学) qui fait suite, dans la seconde moitié des années 1980, au courant dit de recherche des racines (寻根文学) et s’en distingue fondamentalement par son caractère expérimental [2].

 

Ce style avant-gardiste atteint son apogée avec la nouvelle publiée en 1991 : « Sifflement » (唿哨). C’est un récit construit sur la notion de vide, de silence, et de jeu extrêmement subtil sur la mémoire ambiguë et incertaine du passé, ce qui rend sa relecture toujours possible, et toujours possible, donc, une autre narration. La nouvelle mérite quelques explications car, non traduite en français, on en parle peu et elle est pourtant représentative.

 

1991 : Sifflement

 

« Sifflement » est un récit d’autant plus complexe et ésotérique qu’il faut connaître l’histoire dont il est inspiré pour pouvoir le comprendre et l’apprécier. Il s’agit en effet d’une reconstruction typiquement avant-gardiste, avec différent niveaux de lecture, d’une anecdote historique concernant deux célèbres taoïstes de la dynastie Wei-Jin (220-420).

 

Il s’agit de deux des célèbres « Sept Sages de la forêt de bambous » (竹林七贤) : Sun Deng (孙登) et Ruan Ji (阮籍). Ruan Ji rend visite à l’ermite Sun Deng pour tenter d’avoir une discussion avec lui. Mais, en dépit de tous ses efforts, Sun Deng reste silencieux. Alors Ruan Ji émet un long sifflement et repart. Arrivé à mi pente, dans la montagne, il entend l’écho d’un sifflement qui lui parvient : c’est la réponse de Sun Deng.

 

Le silence, déjà, est un signe de refus d’engagement. Mais le

 

Sifflement (1992)

sifflement a un sens particulier dans le contexte de l’époque : c’est ce qu’on a appelé le « long sifflement » (chángxiào 长啸), traduit aussi « sifflement transcendent ». Il s’agit au départ – dès le Shijing ou Classique de la poésie - d’une technique grâce à laquelle un maître taoïste pouvait s’adresser aux animaux, communiquer avec les esprits et agir sur les phénomènes météorologiques ; elle a ensuite été associée à la maîtrise du souffle et du qi.  

 

C’est la période de la dynastie des Jin, et au-delà des Six dynasties (de 220 à 589), période d’instabilité et de division, qui est l’âge d’or de ce sifflement. La pratique s’est étendue à toute la société pour exprimer un sentiment de liberté sans frein ou une attitude d’indignation, voire de désobéissance vis-à-vis des autorités. C’est le sens du sifflement de Sun Deng, qui évoque le principe de tout sage : « En période de désordre, on ne sert pas (le pouvoir) » (luanshi bushi 乱世不侍).

 

Or Ge Fei inverse l’histoire. Son récit commence alors que Sun Deng attend Ruan Ji qui n’arrive pas, et il se termine sur un Sun Deng qui ne parvient pas à émettre un sifflement en réponse à celui de Ruan Ji : Ge Fei le décrit portant son pouce et son index à la bouche, mais il est trop faible, il est pris de tremblement, aucun son ne sort… Ce n’est donc même plus le sifflement, mais, ironiquement, le silence même qui figure ici comme allégorie politique.

 

Ge Fei se situe au-delà de la narration d’un épisode historique, car non seulement il le pervertit, mais en outre, il en comble les vides en recréant ce que la mémoire historique a oublié, ou effacé : ce qui s’est passé entre l’arrivée de Ruan Ji et son départ. Ge Fei est parti d’un vide narratif appelant au travail de mémoire, mais les petits détails du quotidien qui viennent le combler n’ont ni sens ni importance, ils sont vite oubliés. Reste un sifflement qui, finalement, ne vient pas, mais qui, par son absence même, a un sens, donc est retenu par la mémoire.

 

Et ce sens est politiquement subversif. Ce n’est pas pour rien que la nouvelle a été initialement publiée à Hong Kong, après les événements de la place Tian’anmen… « Sifflement » est un chef d’œuvre de sens à peine audible, non sifflé, mais susurré.

 

1994 : Impressions à la saison des pluies

 

« Sifflement » s’insère entre deux romans, « L’ennemi » ( 敌人》) et « Marges » (《边缘》), mais Ge Fei revient aussitôt après vers la nouvelle ‘moyenne’ pour une autre de ses plus réussies, et l’une de ses plus connues : « Impressions à la saison des pluies » (雨季的感觉), publiée en 1994.

 

La saison en question, c’est celle de la pluie des prunes (printemps ou début de l’été) dans le Jiangnan, c’est-à-dire le pays au sud du fleuve, le Yangzi. La pluie est incessante,

 

Marges (1993)

noie tout, les esprits comme le paysage, et semble diluer les souvenirs autant que la perception de la réalité.

 

L’arbre et la pierre (1996)

 

Le récit est une suite d’événements incohérents, sans lien apparent, et l’intrigue n’est peut-être fondée que sur des rumeurs, le rêve ou quelque jeu de l’imagination en résultant : les Japonais auraient bombardé une ville voisine, un détective privé arrive au bourg sans que personne ne sache pourquoi…  il y a quelque chose de l’absurde de Can Xue (残雪) dans tout cela, mais c’est juste parce que tout le monde a ses obsessions, ses troubles de mémoire, et que la réalité, comme le temps, en finit par être insaisissable, et d’abord par l’auteur/narrateur.

 

Et puis, à la toute fin, Ge Fei donne une clef de lecture, qui n’est pas vraiment une solution, juste une accalmie dans la pluie, un soudain rayon de soleil qui vient éclairer le paysage, mais qui est tout aussi trompeur, sans doute. On se dit que cette vision floue, ambiguë, un rien angoissante, des choses, dans l’œuvre de Ge Fei, est peut-être due à cela,

tout simplement : à ce paysage imbibé d’eau qui est celui de chez lui, et qui est aussi celui des shanshui de la peinture traditionnelle, avec leur vide essentiel.

 

Ce style original, souvent difficile d’accès, ces narrations sans fil logique, si elles ont suscité les éloges des critiques, n’ont pas attiré un large public. Alors, au milieu des années 1990, Ge Fei a opté pour un style narratif plus accessible.

 

De l’expérimentation à la réflexion sur la réalité et la mémoire

 

1996 : récapitulation et fin de l’expérimentation

 

Il fait d’abord la somme de ses recherches sur l’art narratif, en publiant un recueil de textes qui sont en fait ses cours à l’université de la Chine de l’Est. Puis il fait comme une récapitulation, avec la publication de deux recueils qui reprennent ses meilleurs nouvelles courtes et moyennes des dix années écoulées. C’est la fin de sa période expérimentale. Il s’est forgé un style. Il va désormais le décliner sous diverses facettes.

 

C’est par un roman que s’annonce une nouvelle période créatrice : « La bannière du désir » (《欲望的旗帜》), publié en 1996, est sensé marquer l’abandon des expériences radicales de ses dix premières années de création en matière de structure narrative. Mais, s’ils sont moins déroutants, ses récits continuent de dépeindre une certaine désintégration de la réalité dans l’esprit qui tente d’y trouver une logique, et d’en rechercher la cause dans celle de la mémoire individuelle.

 

La réalité est fragmentaire et lacunaire comme le souvenir qu’on en garde. L’œuvre de Ge Fei conserve une grande unité thématique, fondée sur le rejet de la narration classique.

 

2001 : Poèmes à l’idiot

 

La nouvelle « Poèmes à l’idiot » (《傻瓜的诗篇》) se passe dans un asile psychiatrique où vient d’arriver un nouveau psychiatre ; il tombe amoureux d’une jeune patiente qui écrit des poèmes « à l’idiot ». Mais le jeune médecin est un être torturé, qui n’aime pas son métier, et analyse ses rêves, traversés par de douloureux souvenirs d’enfance, comme sa patiente : tous deux croient être responsables de la mort de leur père quand ils étaient enfants...  

 

Tous deux sont donc hantés par leur mémoire, et le rêve fait son office d’inconscient refoulé, la référence à Freud est évidente. A la fin, l’étudiante sort guérie, tandis que le jeune médecin attend son premier électrochoc… Le récit est construit sur des leitmotivs comme des obsessions : petite musique d’harmonium lancinante, et le bruit de la pluie, ici aussi…

 

2004-2011 : la trilogie de l’utopie

 

La bannière du désir (1996)

 

Une fille au teint de pêche (2004)

 

Fleuves et montagnes vus en rêve (2007)

 

 

Fin de printemps dans le Sud (2011)

 

Publié en 2004 et couronné en 2005 du prix Ding Jun (鼎钧文学奖), « Une jeune fille au teint de pêche » (人面桃花) est un roman conçu autour de l’idée d’utopie ; c’est le premier volet d’une trilogie, celle du Jiangnan, appelée aussi, justement, « trilogie de l’utopie » ("乌托邦三部曲"), qui se poursuit avec « Montagnes et fleuves en rêve » (《山河入梦》) et « Fin de printemps au sud du fleuve » (《春尽江南》), publiés respectivement en 2007 et 2011.

 

Ces romans plongent dans des réminiscences littéraires et historiques qui les rattachent, en ce sens, à la nouvelle « Sifflement ». A travers l’histoire de deux personnages, la jeune révolutionnaire Xiumi (秀米) dans le premier roman et son fils Tan Gongda (谭功达) ensuite, de la fin de la dynastie des Qing à la période moderne, Ge Fei analyse la notion d’utopie en termes d’idéalisme politique, en liaison avec la question de modernité ; il réfléchit sur les excès constatés dans sa version chinoise, au niveau du village, en soulignant,

selon les termes de Zhang Yinde, « la connivence désastreuse et pernicieuse entre l’idéologie socialiste et le projet de modernisation ». Surtout, il cherche à déceler le moment, le point fatidique, où l’utopie a dégénéré, et s’est transformée en son contraire.

 

Finalement, il reconstruit une utopie sur la mort du collectif unitaire, et sur la base d’un humanisme fondé sur la division sociale, et l’élan individuel. La trilogie apparaît ainsi comme une tentative de réconcilier l’utopie et la désillusion qui en résulte en réservant une part irrécusable d’espérance [3].

 

Ce thème de réflexion est cependant enrobé dans une narration plus traditionnelle que celles des nouvelles de Ge Fei, dans un style rappelant celui des grandes sagas familiales de la littérature chinoise classique. C’est une histoire pleine de rebondissements, non plus comme un puzzle, mais plutôt comme un labyrinthe, avec divers niveaux narratifs et récits en culs-de-sac.

 

 

Marges (Bianyuan 2013)

 

Retour aux nouvelles et essais

 

Les habits de l’homme invisible (2012)

 

Rencontres (2014)

 

En 2012, Ge Fei a publié un nouveau roman, « Les habits de l’homme invisible » (《隐身衣》) [4], nouvelle application de ce style labyrinthique qui noue, en l’occurrence, les destins de plusieurs personnages, en débouchant sur une énigme finale qui finit d’embrouiller les pistes en terminant sur un point d’interrogation. Depuis son premier roman, « L’ennemi », en 1990, construit à partir d’un mystérieux incendie ayant causé la mort d’un non moins mystérieux personnage, Ge Fei n’en finit pas de nous proposer des énigmes sans solution.

 

Ici, cependant, il y joint des traits de satire sociale. L’histoire étant celle d’un spécialiste de systèmes hi-fi sophistiqués, Ge Fei y fait preuve au passage d’une étonnante érudition en matière de musique occidentale classique, mais c’est ironique. Il se moque en fait des bobos chinois prêts à dépenser des fortunes sur des systèmes acoustiques dont ils ne sont pas capables d’apprécier les qualités, les utilisant au besoin pour écouter de la musique pop. A côté des nouveaux riches, les vrais connaisseurs triment pour joindre les deux bouts.

 

Refrain connu : le roman est léger, il est vrai, mais divertissant, comme inéluctablement gagné par l’air du temps.  Le plaisir est d’y retrouver les ingrédients qui font depuis trente ans la subtilité des récits de Ge Fei, subtilité dans l’inaboutissement : il laisse un vide au lecteur pour lui laisser tout loisir de le combler.

 

Ce roman semble en fait un scénario en attente d’un réalisateur. Il rappelle que Ge Fei a été scénariste à son heure, auteur du scénario du très beau film, encore trop peu connu, de Lu Sheng (卢晟) « Ici, là-bas » (《这里,那里》) [5].

 

On attend la prochaine publication de Ge Fei avec toujours le même bonheur prospectif.

 


 

Principales publications

 

1990 L’ennemi 敌人》 (premier roman, initialement publié dans Shouhuo)

1991 Sifflement 唿哨

1993 Marges《边缘》 (deuxième roman)

1994 Impressions à la saison des pluies 雨季的感觉

1995 Etudes sur divers aspects de l’art narratif 《小说艺术面面观》 (cours)

1996 Recueil de textes choisis 格非文集:

    1.L’arbre et la pierre 《树与石》 / 2.Vision lointaine《眺望》

1996 La bannière du désir《欲望的旗帜》

2001 Le chant des sirènes 《塞壬的歌声》(essais)

2001 Vert jaune 《青黄》

2001 Poèmes à l’idiot 《傻瓜的诗篇》

2004 Bien plus sont morts d’un infarctus《更多的人死于心碎》[6]

2004 Le pendule de Kafka 《卡夫卡的钟摆》 (essais)

2004 Une jeune fille au teint de pêche 《人面桃花》

2007 Une bague-fleur 《戒指花》 (sélection de nouvelle courtes)

 

Le visage de Borges (2014)

    Rien que des ordures 《不过是垃圾》 (sélection de nouvelles moyennes)

2007 Fleuves et montagnes vus en rêve 《山河入梦》

2010 Le sourire de Mona Lisa 《蒙娜丽莎的微笑》

2011 Fin de printemps au sud du fleuve 《春尽江南》

2012 Les habits de l’homme invisible《隐身衣》

2013 Marges 《边缘》

2014 Rencontres 《相遇》 (sélection de 12 nouvelles des 20 dernières années)

2014 Le visage de Borges 《博尔赫斯的面孔》 (recueil d’essais)

 


 

Traductions en français 

 

• Nuée d’oiseaux bruns, trad. Chantal Chen-Andro, Philippe Picquier, 1996.  

• Impressions à la saison des pluies, trad. Xiaomin Giafferri-Huang, l’Aube, 2003. 

• Poèmes à l’idiot, trad. Xiaomin Giafferri-Huang, l’Aube, 2007.  

• Coquillages, trad. Xiaomin Giafferri-Huang, l’Aube, 2008.

• Une jeune fille au teint de pêche, trad. Li Bourrit et Bernard Bourrit, Gallimard Bleu de Chine, octobre 2012.

• Ondes de Chine, trad. François Sastourné, Ming Books, mai 2015.

 


 

Traductions en anglais

 

• The Lost Boat, tr. Caroline Mason. In Henry Zhao (ed.), The Lost Boat: Avant-Garde Fiction from China. London: Wellsweep Press, avril 1992, 77–100.

 • Whistling, tr. Victor Mair + Green Yellow, tr. Eva Shan Chou + Remembering Mr. Wu You, tr. Howard Goldblatt. In Wang Jing (ed.), China’s Avant-Garde Fiction. Durham: Duke University Press, 1998, 15–68.

• Meetings, tr. Deborah Mills. In Henry Zhao and John Cayley, eds., Abandoned Wine: Chinese Writing from Today, 2. London: Wellsweep, 1996, 15-49.

• The Mystified Boat, tr. Herbert Batt. In Frank Stewart and Herbert J. Batt, ed. The Mystified Boat and Other New Stories from China. Special issue of Manoa: A Pacific Journal of International Writing 15, 2 (Winter 2003). Honolulu: University of Hawaii Press, 142-61.

• Remembering Mr. Wu You, tr. Howard Goldblatt. In Chairman Mao Would not be Amused: Fiction from Today's China, Goldblatt, ed. New York: Grove Press, 1995. 236-243.

• The Invisibility Cloak, tr. Canaan Morse, New York Review Books Classics, Oct. 2016.

 


 

A lire en complément :

 

En ligne :

Dans : Wang Jing, High Culture Fever, Politics, Aesthetics, and Ideology in Deng's China, University of California Press, 1996

Chapitre.6 : The Pseudo-proposition of "Chinese Postmodernism" : Ge Fei and the Experimentalist Showcase.

pp 233-259

http://publishing.cdlib.org/ucpressebooks/view?docId=ft0489n683;brand=ucpress

 

La critique de “The Invisibility Cloak » par Lucas Klein,
The Quaterly Conversation issue 46, Dec. 12, 2016.
http://quarterlyconversation.com/the-invisibility-cloak-by-ge-fei  

 

 


[1] Voir la vingtaine d’analyses d’œuvres diverses regroupées dans le recueil « Le pendule de Kafka » (《卡夫卡的钟摆》). Sur Kafka en particulier, voir dans « Le chant des sirènes » (《塞壬的歌声》) : « Analyse de la narration du Château » (城堡的叙述分析).

[2] Sur l’expérimentation littéraire de Ge Fei, voir A lire en complément à la fin du présent article.

[3] Sur ce sujet, voir l’analyse du professeur Zhang Yinde : Utopie et anti-utopie, le cas de Ge Fei, Rue Descartes, 2011/2 (n° 72). L’article a été écrit avant la publication du troisième tome de la trilogie, donc l’analyse concerne les deux premiers volumes (l’histoire de Xiumi et celle de Tan Gonda de 1952 à 1962) : http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=RDES_072_0069

[4] Traduit en français « Ondes de Chine » et en anglais « The Invisibility Cloak », voir Traductions ci-dessus.

[6] Titre emprunté au 10ème roman de Saul Bellow, publié en 1987, qui sert de référence thématique et stylistique : « More Die of Heartbreak ». Le recueil est sous-titré « Une sélection de mes histoires d’amour tragiques préférées » 《我最喜爱的悲情小说》

 

 

 

 

 

 

 

     

 

 

 

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