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Shen Congwen 沈从文

Présentation 介绍

par Brigitte Duzan, 2 octobre 2010, actualisé 11 novembre 2016

            

« Au début du vingtième siècle, la Chine était une vieille nation meurtrie. Shen Congwen voulait lui insuffler une nouvelle vie, en faire un pays jeune et impétueux, encore imbu de l’idéalisme de chevaliers errants et de princes tribaux… Ses récits les plus acclamés évoquent un pays frontalier sauvage, peuplé de seigneurs de guerre et d’aborigènes, ou, au contraire, des scènes pastorales raffinées où les sentiments humains les plus intimes fleurissent et s’étiolent au gré du destin. »

            

Ces quelques lignes, tirées d’une introduction à un livre consacré aux nouvelles de Shen Congwen par son traducteur et biographe, Jeffrey C. Kinkley, captent, dans un style qui lui est proche, l’esprit d’une œuvre

 

Shen Congwen âgé

foisonnante dont la majeure partie est, justement, constituée de nouvelles (1).

            

Elles traduisent la fascination qu’exercent dès l’abord ces récits souvent très courts, écrits dans un style personnel qui mêle le dialectal à l’invention subtile, et qui nous fait en abandonner la lecture à regret, avec le sentiment d’un monde à peine exploré, et le désir d’en découvrir davantage.

                        

Il faut pour cela commencer par se plonger dans l’histoire de sa vie qui est le terreau d’où ont germé tous ses écrits. Shen Congwen a commencé soldat, avec une éducation limitée au primaire, à l’époque chaotique où les seigneurs de guerre régnaient en maîtres sur une bonne partie du territoire chinois. Mais, natif d’une région à fortes minorités ethniques, il partait la tête pleine des récits dont son enfance avait été nourrie, et de souvenirs devenus au fil du temps nostalgie d’un éden ambigu qui colore et sous-tend son œuvre.

            

Celle-ci, cependant, ne saurait se limiter à cette image ; Shen Congwen n’est pas seulement cet « écrivain du terroir » auquel on le limite trop souvent. On est même étonné de sa modernité, et laissé à imaginer ce qu’il aurait pu écrire encore s’il n’avait décidé, en 1949, d’abandonner la fiction, une fois pour toutes…

            

Soldat comme papa, mais un peu miao comme grand’mère

            

Le Xiangxi dans le Hunan

 

Shen Congwen est né en 1902 à Fenghuang, au nord-ouest de la province méridionale du Hunan (湖南凤凰), une ville très ancienne dont le nom – qui signifie Phénix, au pluriel, les deux caractères désignant le mâle et la femelle - vient d’une légende locale : deux phénix seraient venus la survoler longuement, tellement fascinés par sa beauté qu’ils ne pouvaient se résoudre à s’en aller. C’est une ancienne ville, bâtie au pied des monts Nanhua (南华山) et au bord de la rivière Tuojiang (沱江),  qui a gardé son cachet d’origine de ville frontalière enfermée derrière ses murailles (2).

            

Enfant d’une région limitrophe

            

Aujourd’hui appelée Xiangxi (湘西) et devenue préfecture autonome, la région, rattachée au royaume de Chu (楚国) du temps des Royaumes combattants, a en effet longtemps été une région frontalière

au contact des minorités irrédentistes Miao (苗族) et Tujia (土家族), qui faisaient partie, dans la Chine ancienne, des mythiques « barbares du sud », désignés globalement du terme de mán (), et dont les empereurs Ming ont commencé à se protéger à partir du début du dix-septième siècle en bâtissant une muraille – dont on a découvert les vestiges il y a seulement dix ans – et des villages fortifiés dont beaucoup existaient encore dans les années 1920, avec toute une nomenclature de termes spécifiques en fonction de leur taille (3).

 

 

La vieille ville de Fenghuang

           

Shen Congwen est donc né et a grandi dans une région marquée par ces deux caractéristiques essentielles : zone méridionale en marge du cœur de la civilisation chinoise, considérée comme sauvage avec ses minorités mal assimilées, et territoire limitrophe à défendre contre les rébellions autochtones, qui vit sous les Qing un nouvel afflux de colonies militaires. Il les retrouva dans sa propre famille, et en fut donc marqué très profondément.

            

Fils de militaire…

            

Il était le quatrième enfant d’une fratrie de neuf, mais le deuxième garçon, ce qui lui valut le surnom de « deuxième frère » (二哥) que l’on retrouve dans nombre de ses nouvelles, avec sa sœur « la petite neuvième » (小九). Son grand-père paternel était un militaire qui avait raté les examens impériaux mais réussit à accéder au rang de ‘général’ grâce à sa bravoure, et finit même par devenir commandant en chef du Guizhou en 1865, mais mourut très jeune d’une blessure au combat. Sa veuve adopta alors le fils de

 

Entrée de sa maison

son frère, le futur père de Shen Congwen, qui, lui, fit des études et devint officier.

           

Affecté à la défense de l’un des forts de Dagu (大沽炮台) pendant la révolte des Boxers, en 1900, il vit sa carrière brisée par la chute de ceux-ci aux forces étrangères. Après la révolution de 1911, il tenta de se faire élire à l’assemblée régionale, mais échoua, puis participa à un complot contre Yuan Shikai et fut obligé de fuir en Mongolie intérieure où il changea de nom pour commencer une autre carrière, aux postes frontières mongols. Shen Congwen ne vit son père qu’en 1922, à Pékin.

            

… et descendant d’ethnies miao et tujia

           

La cour de sa maison

 

Ce sont ses antécédents maternels qui forment

l’autre aspect de sa personnalité et une part importante de ses sources littéraires. Mais

lui-même ne les a que soupçonnés pendant longtemps ; il n’y fait qu’une brève allusion dans son autobiographie de 1931 ; c’est sa mère qui lui en révéla les détails à sa mort, en 1934 : elle était de l’ethnie tujia (土家族), et sa grand-mère paternelle de l’ethnie miao (苗族), ce qui montre bien, au passage, la généralisation des mariages mixtes, contribuant à l’assimilation de ces ethnies.

            

Sa mère était un exemple de cette assimilation : elle avait une meilleure éducation que son père. Celle qui est restée longtemps le « cadavre dans le placard » familial, c’est la grand-mère. Lorsque son fils fut adopté, on l’envoya à la campagne en la déclarant décédée, et on lui organisa des funérailles officielles. Shen Congwen a été élevé par sa mère, mais s’est senti plus attiré par l’univers des Miao qui est le thème principal ou la toile de fond de beaucoup de ses nouvelles.

           

De manière assez caractéristique, il n’a jamais écrit de grande saga familiale à la manière, par exemple, de son ami Ba Jin. La famille apparaît au travers de ses nouvelles comme un petit noyau chaleureux d’enfants gais et turbulents autour de la mère. Mais nombre de ses récits décrivent aussi toute une pléiade de parents et amis plus ou moins éloignés, personnages hauts en couleur qui forment une galerie de portraits : son « parrain », le quatrième oncle Teng, qui vendait des herbes, prédisait l’avenir et enseignait les arts martiaux ; l’oncle bourreau de profession, sympathique personnage principal de sa nouvelle « Le nouveau et l’ancien » (新与旧; ou encore sa belle-sœur, jeune « épouse enfant » (童养媳) et adorable et illettrée, qui lui a inspiré le personnage de Xiaoxiao dans la nouvelle éponyme (萧萧).

            

 

Shen Congwen  adolescent

Engagé à quinze ans

           

Bercé par les histoires de sa mère, et celles qu’il a pu entendre dans son entourage, il a eu en revanche une éducation limitée au primaire. C’est sa mère qui lui a appris ses premiers caractères, puis il est allé dans une ‘école privée’ à l’ancienne (私塾 sīshú) avant de rejoindre la nouvelle école publique de garçons de Fenghuang, en 1915. Il faisait partie de l’un des gangs de gamins de l’école, en revanche il s’ennuyait ferme en classe. Il rêvait en fait de devenir général comme son grand-père. En outre, la famille, privée du soutien paternel, dut vendre la plupart de ses terres et se retrouva appauvrie.

           

Paysage de Yuanling

 

Shen Congwen s’engagea en 1917, comme soldat de réserve (预备宾), d’abord localement, puis à Chenzhou (辰州,

aujourd’hui Yuanling 沅陵). Nombre de ses nouvelles rapportent d’ailleurs des histoires entendues pendant le trajet en bateau qui reliait la ville à Fenghuang. Il faut imaginer le futur écrivain arrivant là en septembre 1917, d’après son autobiographie, ravi de sa liberté et avide d’aventures.

            

L’époque y était propice. La Chine était tombée dans l’anarchie après la mort

de Yuan Shikai, le pouvoir étant disputé entre factions rivales et le parlement dissous en juin 1917. Sun Yat-sen s’étant réfugié à Canton, une véritable guerre civile se déclencha entre les deux principales factions. Les régions, pendant ce temps, étaient aux mains de seigneurs de guerre (军阀  jūnfá).

           

Le Hunan ne faisait pas exception. On pouvait devenir bandit en achetant ou volant une des armes abandonnées par l’armée en déroute après la mort de Yuan Shikai. Shen Congwen raconte dans un de ses récits l’histoire d’une jeune fille de dix-sept ans devenue chef de bande, ou encore celle d’un mineur d’une mine de charbon devenu un autre chef de bandits après avoir été victime d’une fausse accusation. Les Miao eux aussi avaient leurs chefs, et les conflits entre bandes rivales pour le contrôle d’un territoire pouvaient anéantir des villages entiers. Les gens, et surtout les marchands, voyageaient sous escorte.

             

Quand Shen Congwen arriva à sa garnison à Chenzhou, il commença comme garde du corps du commandant en chef  Zhang Xueji (张学济), qui était à la tête d’une unité de la deuxième armée de l’« Armée unie pour pacifier le pays » (靖国联军第二军), levée par Sun Yat-sen contre l’armée Beiyang du Nord. Comme il était l’un des seuls à savoir écrire, le jeune Shen Congwen servit bientôt de secrétaire, pour tenir les registres, mais aussi assister aux séances de torture des prisonniers pour en noter les confessions.

           

Zhang Xueji fut bientôt éliminé par un rival, Chen Quzhen (陈渠珍), un jeune militaire de trente cinq ans qui, contrôlant le trafic de l’opium local et prélevant taxes et dîmes de toutes sortes, allait ensuite réussir à régir la région pendant près de trente ans, devenant dans la mémoire populaire le « roi du Xiangxi » (湘西王). Shen Congwen passa naturellement sous ses ordres. 

 

Le roi du Xiangxi Chen Quzhen

           

Shen Congwen  jeune

 

Ces années assez épiques sous les armes ont inspiré au jeune écrivain une série de nouvelles, la plupart écrites entre 1926 et 1929, qui décrivent cette expérience de façon ambivalente : d’un côté, il en note les aspects les plus noirs, mais sans jugement moral, et d’un autre côté, loue l’esprit de camaraderie égalitaire et la liberté trouvés à l’armée, nous faisant deviner le joyeux idéalisme qui dut être le sien. En même temps, il parcourut avec son régiment le sud-ouest de la Chine, les provinces du Hunan, du Sichuan et du Guizhou, en admirant les paysages, notant les histoires entendues de ci de là, la beauté du monde rural venant se superposer à la brutalité de la vie militaire.

           

Il se lassa cependant peu à peu de cette existence, et d’une

violence qui l’amena à rejeter à la fois le nationalisme et le communisme comme solution du chaos national et voie du renouveau.

            

En 1922 il part à Pékin, avec des récits plein la tête.

           

Citadin de fait, hunanais de cœur

           

Hu Yepin et Ding Ling à Pékin en 1924

 

S’il part à Pékin, c’est cependant d’abord dans l’intention

d’étudier à l’université, mais il rate l’examen d’entrée. Il se retrouve dans une petite chambre délabrée et commence alors ce qu’il a appelé toute sa vie ses « exercices d’écriture », lui qui n’avait même pas au départ de notions de ponctuation. Il collabore pourtant en 1924 aux journaux du poète Hu Yepin (胡也频et en particulier au supplément hebdomadaire des « Arts et lettres du peuple » (《民众文艺》周刊). Cette même année 1924, la jeune Ding Ling (丁玲) quitte Shanghai pour Pékin ; elle suit un temps les cours de Lu Xun, mais abandonne après avoir rencontré Hu Yepin avec lequel elle va vivre, le couple étant bientôt rejoint par Shen Congwen, ce qui alimente bien évidemment rumeurs et chroniques.

           

Premiers récits

           

C’est en mars 1925 que Shen Congwen publie son premier récit, une très courte nouvelle intitulée « Pêche de nuit » (夜渔) qui sera ensuite publiée dans le recueil « Les canards » (鸭子) regroupant ses sept premières nouvelles, échelonnées de mars 1925 à mai 1926. La nouvelle est publiée dans une revue éditée par le poète Xu Zhimo (徐志摩) devenu son ami (4) ; la revue est intitulée « Le supplément des nouvelles matinales » (《晨报副刊》), publication de la « Société de la nouvelle lune » (新月社) que le poète avait fondée en 1923 et dont Shen Congwen devient l’un des principaux membres. Il y fait la connaissance de deux autres écrivains, Wen Yiduo (闻一多), cofondateur de la société, et surtout  Hu Shi (胡适) qui l’aidera énormément par la suite.

            

Il est alors très éloigné du cosmopolitisme caractéristique de la plupart des écrivains de sa génération. Les deux recueils alors publiés, de qualité inégale, reflètent la vie

 

Xu Zhimo

rurale de sa région du Xiangxi, un monde à part (湘西世界”), considéré comme sauvage. Il est dès lors l’ « écrivain du terroir » dont il dira plus tard :

           

[…]始终还是个乡下人,不习惯城市生活,苦苦怀念我家乡那条沅水和水边的人们,我感情同他们不可分。[…]对我自己的作品,我比较喜爱的还是那些描写我家乡水边人的哀乐故事。因此我被称为乡土作家。

Je suis resté un homme du terroir qui n’arrive pas à s’habituer à la vie citadine, et se remémore douloureusement les gens de là-bas, ceux qui vivent au bord de l’eau comme ceux qui en sont loin, et j’ai le sentiment qu’il est impossible de m’en séparer. .. Parmi mes récits, ceux que je préfère sont ceux qui racontent les tristes histoires des riverains du fleuve. C’est pourquoi on m’a appelé écrivain du terroir. »

            

Shanghai et la ville frontalière

            

En 1927, il quitte Pékin pour Shanghai avec Hu Yepin et Ding Ling, en même temps que Xu Zhimo y transfère sa société. Hu Yepin, Ding Ling et lui lancent la maison d’édition Rouge Noir (《红黑》) et deux revues, mais le projet est sans lendemain. L’année suivante, malgré son manque de formation académique, Shen Congwen parvient à obtenir un poste de professeur dans une école de Shanghai,

grâce à l’appui de Xu Zhimo puis de Hu Shi qui devient président de l’école en septembre 1929. L’établissement

s’appelait « Ecole publique de Chine » et avait été créé en avril 1906 par des étudiants revenus du Japon. Shen Congwen, qui connaissait déjà un début de célébrité, fut chargé des cours de littérature moderne.

            

Il publie alors son premier roman, toujours dans une revue littéraire : « Le Journal de voyage d’Alice en Chine » (《阿丽思中国游记》), annoncé ironiquement comme la suite en Chine du livre de Lewis Caroll « Les Aventures d’Alice au pays des merveilles » (6) ; c’est une œuvre satirique qui ridiculise le goût de certains Chinois pour l’étranger, mais qui dépeint aussi le pays comme pauvre, arriéré et au bord de la famine, et sa population ignorante et en proie aux superstitions. C’est une œuvre originale qui marque une rupture dans la suite de ses nouvelles jusque là consacrées au Xiangxi.

 

           

Alice en Chine《阿丽思中国游记》

            

En 1929, Ding Ling et Hu Yepin vont s’installer à Jinan. Shen Congwen, lui, tombe amoureux d’une de 

           

Shen Congwen et son épouse Zhang Zhaohe

 

ses élèves, Zhang Zhaohe (兆和), troisième des quatre filles d’une famille en vue de Suzhou. Zhaohe était surnommé « pivoine noire » (黑牡丹) à cause de son teint sombre ; il la rebaptise « phénix noir » (黑凰) et lui envoie des lettres d’amour, dont la plupart ont été perdues.

             

En mai 1930, cependant, Hu Shi démissionne de son poste de président de l’Ecole publique de Chine, et Shen Congwen ne peut y rester. Il obtient alors un poste à Qingdao, puis à l’université de Wuhan. En 1933, il finit par épouser Zhaohe, quand il ose enfin demander sa main à son père.

           

En 1934, il publie son œuvre la plus célèbre, « La ville frontalière » (边城), qui raconte l’éveil sexuel d’une adolescente dans la campagne du Xiangxi, avec tout un substrat de chants et coutumes miao. Cette même année, il devient rédacteur du supplément « Lettres et arts » du  « Dagongbao », ou « L’impartial », (《大公报》副刊《文艺》), journal créé en 1902 à Tianjin et devenu l’un des quotidiens les plus influents de Chine, se voulant non partisan, bien que de tendance plutôt nationaliste.

           

Kunming et le grand fleuve

           

En 1937, il quitte Shanghai pour Kunming (昆明) où il réside durant la guerre sino-japonaise, enseignant à l’université unie du Sud-Ouest (西南联合大学). C’est là, en 1943, qu’il publie une autre de ses œuvres célèbres, « Le grand fleuve » (《长河》). Il y rapporte ce qu’il a vu et entendu pendant quatre mois passés dans une petite ville du

 

La ville frontalière 边城 (édition originale)

Xiangxi, décrivant un monde idyllique aux prises avec les changements rapides entraînés par la guerre et la modernisation. Après un aperçu général, le récit s’attache au propriétaire d’une orangeraie et sa

           

Le grand fleuve 长河

 

fille, dont l’existence paisible est menacée par le capitaine des forces de sécurité locales qui méprise la population mais convoite la jeune fille. Shen Congwen en fait le symbole des menaces venues de l’extérieur qui pèsent sur la vie rurale, simple et pure, et donc d’autant plus vulnérable. Il atteint là un sommet de son art, empreint d’un pastoralisme nostalgique, et toujours farouchement apolitique.

           

En 1945, il obtient un poste à l’université de Pékin tout en continuant son travail de rédacteur au « Dagongbao », mais aussi aux suppléments littéraires de quelques autres journaux. Il continue aussi d’écrire des nouvelles, pleines de personnages du petit peuple aux prises avec les difficultés de la vie, qu’il décrit avec une tendresse qui n’avait guère

d’égal en son temps. Mais il est de plus en plus critiqués par les écrivains de gauche pour son désintérêt de la vie politique et son refus de s’engager dans les luttes idéologiques, de quelque côté que ce soit.

           

En 1948, il est violemment attaqué par les écrivains de gauche qui l’accusent de tiédeur idéologique, et en particulier par Guo Moruo (郭沫若) qui le dénonce comme réactionnaire, agissant consciemment contre la révolution ("一直是有意识的作为反动派而活动着").

            

Silence et résurrection

            

Après l’arrivée au pouvoir des communistes, il comprend qu’il n’y a plus place pour un écrivain comme lui en Chine. Il fait deux tentatives de suicide, mais finalement reste à Pékin. Le régime communiste condamne ses œuvres comme pornographiques. Il décide alors de cesser d’écrire des œuvres de fiction, ce qui était en soi une autre forme de suicide.

            

Historiographe par nécessité

           

A partir de 1950, il travaille au musée national d’histoire de la Chine et se consacre avec passion à ses recherches, passant jusqu’à quatorze heures par jour à étudier les trésors du musée, enveloppé, l’hiver, dans un manteau matelassé pour se protéger du froid, le musée n’étant pas chauffé. Wang Zengqi a dit de lui qu’il avait mis la même passion à faire ces recherches que celle dont il brûlait pour son Xiangxi natal, ces objets comme le Xiangxi étant dépositaires d’une beauté reflétant la culture et l’histoire profondes de la nation.

           

Il a travaillé jusqu’à la veille de sa mort. En quarante ans, il a examiné des millions d’objets anciens, et écrit des monographies sur les sujets les plus divers : après « Le dragon et le phénix dans l’art », publié dès 1960, cinquante trois chapitres en forme d’essais sur diverses formes d’art populaire  (《龙凤艺术》), il a affiné ses recherches

 

Histoire des vêtements chinois 中国服饰史

sur des sujets précis - les miroirs de bronze de la période Tang-Song (《唐宋铜镜》) ou les objets de laque de la période des Royaumes combattants (《战国漆器》), son « Histoire des anciens vêtements chinois » (《中国古代服饰》), publié en 1981, étant son ouvrage le plus connu dans ce domaine.

           

D’après ses amis, à l’époque, c’est toujours avec enthousiasme et émotion qu’il parlait de la beauté de

l’art ancien chinois. « La vie est si belle », disait-il, et les photos prises alors de lui le montrent souriant. C’est sans doute cette passion qui lui fit supporter les épreuves, avec une grande indifférence aux problèmes matériels et personnels.

            

Chen Yun : affiche de 1983

(collection Stefan Landsberger)

 

En 1967, pendant la Révolution culturelle, il est envoyé à la campagne et assigné au nettoyage des latrines ; ses biens sont confisqués et brûlés. Comme de nombreux autres écrivains, il est réhabilité en 1978, après l’arrivée au pouvoir de Deng Xiaoping. Mais il reste longtemps méconnu, ses œuvres étant interdites en Chine, censurées comme réactionnaires et bourgeoises, et même à Taiwan, Shen Congwen étant considéré là comme communiste !

            

Ecrivain médiatisé

           

Ce sont ses pairs qui l’aident à sortir de son exil intérieur au début des années 1980 : des auteurs comme A Cheng, Jia Pingwa, reconnaissent son influence, ainsi, bien sûr, que ses compatriotes du Hunan. Cependant, il est encore attaqué en 1983, par Chen Yun (陈云), l’un des “huit immortels” du Parti, alors passé dans une opposition ouverte à Deng Xiaoping (6). Chen Yun est de ceux qui commencèrent à dénoncer la « pollution spirituelle », menant à la campagne lancée en octobre 1983, d’où l’attaque contre Shen Congwen.

           

Du coup, certaines nouvelles n’apparaissent pas dans le recueil révisé publié à l’époque. D’autres ont été corrigées pour enlever certains passages ‘politiquement incorrects’, ou pour en ajouter d’autres, souvent pour rendre le texte plus explicite et supprimer les ambiguïtés. Cela traduit le climat de l’époque.

           

Shen Congwen a continué tranquillement à travailler à l’Académie des Sciences sociales, avant de mourir à Pékin en 1988. Une partie de ses cendres a été dispersée dans la

rivière à Fenghuang, une autre partie enterrée dans une tombe solitaire, dans la forêt d’une montagne proche de la petite ville. Elle est marquée par une simple pierre sur laquelle sont gravés quelques caractères extraits d’une œuvre éditée à titre posthume par sa veuve (Sentiments exprimés de manière abstraite : 《抽象的抒情》:

 

Photo de la pierre gravée à côté de la tombe

照我思索,能理解;  
照我思索,可认识  

Pénétrer ma pensée peut aider à ‘me’ comprendre,                      

pénétrer ma pensée peut aussi faire comprendre ce

qu’est ‘l’homme’.

             

Shen Congwen est aujourd’hui passé de l’obscurité aux feux d’une notoriété très médiatisée. En 1987, l’interdiction de ses œuvres a été levée à Taiwan, entraînant là une « fièvre Shen Congwen », avec en particulier la publication en 1998 des « Lettres de famille » (沈從文家書: 1930-1966 從文、兆和書信選), celles échangées entre lui et son épouse entre 1930 et 1966, triées et éditées par Zhang Zhaohe après la mort de l’écrivain. 

           

Sur le continent,  il est devenu à la mode, écrivain dans l’air du temps, qualifié dans ses biographies officielles d’ « écrivain miao », ce qui vient soutenir une politique affichée de soutien aux cultures dites minoritaires, et promu « père de la littérature du terroir » (乡土文学之父”) – ce qui est excessif dans un cas et réducteur dans l’autre.

           

Contentons-nous de revenir à la lecture de ses

 

Lettres de famille 沈从文家书

œuvres, en tentant de « pénétrer sa pensée », ou simplement en se laissant aller au simple plaisir de lire …

            

Une œuvre foisonnante et fascinante

            

La majorité des œuvres de Shen Congwen sont des nouvelles, il y en a plus de deux cents, certaines très courtes, écrites en pesant chaque mot, et révisées parfois des dizaines de fois. Elles n’ont pas toutes pour thème le Xiangxi et ses souvenirs, mais, même quand il parle de la ville, c’est toujours, d’une manière ou d’une autre, en référence à la vie rurale.

             

On peut les classer en plusieurs catégories en fonction des sujets traités, qui ont évolué dans le temps :

            

1. Les nouvelles sur le Xiangxi, les premières écrites, celles qui correspondent à ses “racines”, mais dont il a repris le thème régulièrement au cours des années ; elles décrivent les coutumes locales, les récits traditionnels, des histoires fantastiques, des réminiscences familiales et périfamiliales, et une foule de personnages originaux.

            

a) Parmi les légendes et contes populaires, on peut citer « Meijin, Baozi et l’agneau blanc » (《媚金·豹子·与那羊》), légende miao publiée dans le recueil «Longzhu » (龙朱) avec quatre autres nouvelles écrites pendant l’automne/hiver 1928. C’est une sorte de « Roméo et Juliette » à la chinoise : les deux jeunes Meijin et Baozi tombent amoureux et se donnent rendez-vous dans une grotte pour partager leur première nuit, Baozi promettant d’apporter un agneau blanc en cadeau ; il passe cependant une bonne partie de la nuit à chercher l’agneau immaculé qu’il désire, et, quand il arrive enfin, il trouve Meijin mourante – désespérée par ce qu’elle prend pour une trahison, elle s’est plantée un couteau dans le cœur ; Baozi prend alors le couteau pour se tuer à son tour à ses côtés…

           

La jeune fille Xiaoxiao 湘女萧萧

 

Toutes ces histoires, au ton post-freudien voire nietszchéen, dépeignent un peuple aux mœurs libres et d’une vitalité dont il fait l’opposé d’une société confucéenne que la rigidité des codes éthiques a condamnée au déclin. Il revoit les idées reçues et les préjugés sur une société considérée comme arriérée, et certaines coutumes que les écrivains de gauche cataloguaient comme « féodales ».

           

b) C’est le cas en particulier dans « Xiaoxiao » (萧萧), nouvelle écrite en 1929 et révisée en 1935 : Shen Congwen y justifie le mariage des enfants qui était pratiqué dans le sud-ouest de la Chine en expliquant que cela permet à une famille pauvre de se dégager de la charge d’avoir à nourrir une fille tandis que l’autre famille y gagne une aide familiale, un compromis économique, en quelque sorte. C’est ainsi que la jeune orpheline Xiaoxiao est donnée en mariage à l’âge de douze ans à un petit garçon qui n’en a que trois. Elle semble tout à fait heureuse de se consacrer

à surveiller le gamin, jusqu’à ce que, deux ans plus tard, elle soit séduite par un garçon de ferme.

Le reste de la nouvelle décrit les réactions de la famille adoptive, et le sort final de Xiaoxiao, sauvée par la naissance d’un bébé garçon….

           

La nouvelle semble suggérer que l’éthique traditionnelle est appliquée et vécue dans les campagnes chinoises de manière bien plus ambiguë que beaucoup d’intellectuels le pensent et le présentent. Confrontés à des dilemmes moraux, les gens peuvent à l’occasion faire des choix à la fois pratiques et humains.

           

La nouvelle a fait l’objet en 1986 d’une adaptation cinématographique par Xie Fei (谢飞) : « La jeune fille Xiaoxiao » (湘女萧萧) qui est un des films les plus réussis de la quatrième génération de réalisateurs chinois et d’autant plus intéressants qu’il présente quelques divergences révélatrices par rapport à la nouvelle.

               

c) Le thème de la vie rurale a ensuite évolué, le sujet s’est

 

           

Xiaoxiao 萧萧 (Recueil)

enrichi avec le temps de réflexions qui se traduisent, dans les nouvelles ultérieures, dans des portraits servant souvent de prétextes à messages liminaires. C’est le cas, par exemple, du personnage principal d’une de ses nouvelles les plus célèbres,  « Le nouveau et l’ancien » (新与旧: il s’agit d’un de ses oncles, bourreau « pendant le règne de l’empereur Guangxu » [1885-1908], pratique généralement considérée, par Lu Xun entre autres, comme non civilisée et source d’opprobre pour la culture chinoise. Mais Shen Congwen le présente différemment :

- D’une part, dans son enfance, l’oncle en question était quelqu’un qu’il admirait ; il s’agit là d’un souvenir qui lui est cher et les décapitations dans le temple du dieu de la ville étaient une tradition. Shen Congwen considérait que la beauté était partout, même dans les choses les plus laides, voire les

           

La ville frontalière 边城 (recueil)

 

plus horribles ; une décapitation faite dans l’esprit qui convient pouvait donc, selon ce principe, être considérée comme relevant d’une morale transcendante et au-delà des concepts courants de beauté.

- En outre, la nouvelle a été écrite en 1935, et doit donc se lire dans le contexte de l’époque : comme une attaque contre le mouvement de la « Nouvelle Vie » de Chiang

Kai-shek, campagne de 1934-35 destinée à lutter contre

l’idéologie communiste en en revenant aux « vieux » préceptes moraux. La nouvelle critique cette tentative hypocrite de revenir à un faux traditionalisme, de restaurer un ordre ancien qui n’a en fait jamais existé. On est donc loin de la simple étiquette de « littérature du terroir ».

           

A ce thème se rattache le roman sans doute le plus célèbre de Shen Congwen : « La ville frontalière »  (《边城》), écrit en 1934, sorte de poème pastoral peignant l’innocence de l’éveil à la sexualité d’une jeune paysanne dans un village reculé (7).

            

2. Le second thème principal des nouvelles est celui des souvenirs de sa vie militaire. Ces nouvelles, là aussi, sont ambivalentes : Shen Congwen décrit la brutalité des soldats, voire des scènes horribles, et pourtant il flotte sur ces années le souvenir ému d’un idéalisme innocent, et de la première expérience de la liberté. Les plus représentatives de ces nouvelles sont celles du recueil « Après être entré dans

l’armée » (入伍后 : sept nouvelles écrites en 1926 dont la plus célèbre est « Mon éducation »

(我的小学教育), datée de novembre 1926, où il décrit ses débuts sous les drapeaux comme une scène d’opérette :

« 民国初年,我出了故乡,随到一群约有一千五百的同乡伯伯叔叔哥子弟兄们,扛了刀刀枪枪,向外就食。 » 

Dans les premières années de la République, j’ai quitté chez moi, et me suis retrouvé avec une troupe de quelque mille cinq cents camarades du même endroit, frères et oncles de sang, partis fusil en bandoulière chercher notre pitance sur les routes.

我们就是那么活下来,非常自然。

         Nous étions tellement pleins d’allant, … tellement libres.

            

La suite est moins légère :  le narrateur décrit comment ses camarades soldats exécutent des prétendus bandits ou extorquent de l’argent à des prisonniers pour compenser le fait que leur solde est souvent retenue par leurs supérieurs. Mais Shen Congwen décrit sans juger, sans s’engager ; sa réalité a la dualité de la pensée chinoise. Le moindre feu de camp ou voyage en bateau lui sert non seulement à noter des histoires, des souvenirs, qui vont ensuite enrichir son œuvre, mais aussi à se perfectionner dans l’art très ancien du récit.

            

3. Puis, avec les années 1930, viennent des nouvelles traitant de la ville, avec de véritables scènes de décadence sociale, encore qu’ il préfère situer ses drames dans des jardins, les campus ou le bord de mer. On peut rattacher à ce thème la nouvelle « Le mari » (丈夫), écrite à Wusong en avril 1930.

            

C’est un récit ambivalent, une sorte de conte pastoral à l’envers, décrivant la corruption des valeurs par le monde urbain, mais, là encore, sans le dénoncer ni le condamner. Il conte la vie dans le quartier des docks, le long de la rivière, qu’il a bien connus quand il était soldat. Le ‘mari’ du titre est un jeune paysan juste débarqué de son village, sa femme est partie travailler à la ville, mais en fait se prostitue. La prostitution, cependant, n’est qu’évoquée indirectement, jamais le mot n’est prononcé, et elle devient, sous la plume de l’auteur, un mode de vie comme un autre dans un monde très pauvre où les gens en sont réduits à manger des feuilles de patates douces mélangées à de la balle de riz trois mois sur douze. Quant à la fureur du mari, elle n’est pas la conséquence d’un jugement moral, mais de désirs et passions refoulés, d’un ressentiment qui ne peut plus être contenu, de frustrations et d’humiliations accumulées. Et finalement ils repartent ensemble au village qui apparaît ainsi comme un havre de pureté à l’écart du monde urbain.

            

4. Dans les années 1930 et 1940 apparaissent des nouvelles traitant des années de guerre ; ce sont les plus pessimistes, et souvent les plus émouvantes.

            

Voir le texte et l’analyse de la nouvelle « Calme » ()

            

5. Enfin, ses toutes dernières nouvelles reviennent aux thèmes idylliques des débuts, mais il ne les trouve plus que dans son imagination. Il semble n’y avoir d’autre solution pour lui qu’une échappée spirituelle (voire par le suicide).

            

Quand on admirait son talent, il répondait qu’il n’était pas un génie, qu’il était tout juste capable de tromper l’ennui, selon une expression locale qu’il a rendue célèbre : 我只能耐烦.

            

On ne peut s’empêcher de penser en le lisant que c’est merveilleux comme il nous permet de tromper le nôtre…

            

              

Notes

(1) « Imperfect paradise : 24 stories by Shen Congwen », édité et présenté par Jeffrey C. Kinkley, traductions de Jeffrey C. Kinkley & al., University of Hawai Press, 1995.

(2) La célébrité de Shen Congwen est en train d’y attirer les agences de tourisme, avec tours de la ville en bateaux et échoppes de souvenirs dans la rue principale. Cela reste cependant un site exceptionnel.

Visite guidée : http://www.hnphoenix.com/

(3) Il en reste encore quelques villages pittoresques, comme celui – dans le sud du Hunan –  qui sert de décor au film de 1986 de Xie Jin (谢晋),  « Un village nommé Hibiscus » (《芙蓉镇》), dont le scénario, de A Cheng, est basé sur une nouvelle d’un autre écrivain du Hunan, très influencé par Shen Congwen, Gu Hua.

(4) Zu Zhimo est mort brutalement dans un accident d’avion le 19 novembre 1931. Dans le recueil

d’essais  « Nouveaux paysages et vieilles amitiés » (新景与旧谊), publié en août 1981, Shen Congwen lui rend un hommage émouvant. Il raconte que, lors de son voyage aux Etats-Unis, en novembre 1980, invité par la Columbia University (son premier voyage à l’étranger), Shen Congwen rendit visite un vieil ami, le sinologue Wang Jizhen  (王际真) que Xu Zhimo lui avait présenté en 1928, à Shanghai ; le vieil homme, alors âgé de 85 ans, sortit au cours du dîner une liasse de vieux papiers, dont des nouvelles alors introuvables en Chine de Shen Congwen, et des lettres, écrites par l’écrivain entre 1928 et 1931, dont celle, très brève, annonçant la mort de leur ami commun. Shen Congwen continue son essai en évoquant des souvenirs émus du poète et terminant ainsi :

人的生命会忽然泯灭,而纯挚无私的友情却长远坚固永在,

且无疑能持久延续,能发展扩大。

         Un homme peut brusquement passer de vie à trépas,

         Son amitié pure et désincarnée survit, elle, éternellement en nos cœurs,

         Pour continuer sans relâche à y croître au fil des jours.

(5) Autre ironie, le film de Tim Burton « Alice in Wonderland » se termine par une scène qui semble annoncer le livre de Shen Congwen : Alice se prépare à un voyage en Chine…  

(6) Chen Yun fut l’un des premiers à critiquer la politique du Grand Bond en avant, et fit ensuite cause commune avec Zhou Enlai et Deng Xiaoping pour redresser l’économie chinoise ; c’est lui qui, après la mort de Mao, posa les bases de la politique de réforme et d’ouverture lancée par Deng Xiaoping (bases qui reprenaient des projets qu’il avait énoncés dès les années 1950). Mais il critiquait par ailleurs le “leadership” du Parti, préconisant un traitement plus modéré des dissidents, et, surtout, il avait une conception d’une "bird-cage economy" ne conférant au marché chinois qu’une liberté limitée. En 1981, il fut marginalisé par un groupe d’économistes sous la direction de Zhao Ziyang ; en 1982, à l’âge de 77 ans, il démissionna de ses fonctions au Politburo et au Comité central, mais continua à critiquer la direction que prenaient les réformes.

(7) Ce roman a également fait l’objet d’une adaptation cinématographique, par le réalisateur Ling Zifeng (凌子风), en 1984, sous le même titre (边城). On le trouve en entier, en deux parties, sur le site 56.com :

边城 http://www.56.com/u46/v_MTUzNDk2MTE.html

边城下集 http://www.56.com/u38/v_MTUzNTAyMTk.html

Voir : http://www.chinesemovies.com.fr/cineastes_Ling_Zifeng.htm

            


            

A voir et lire en complément :

            

1. Excellent documentaire réalisé par CCTV10 avec des photos d’archives rares, dont une de Shen Congwen adolescent avec ses frères et sœurs et sa mère, l’une des seules photos où elle apparaît.

http://www.tudou.com/programs/view/qZCaPST7CHw/

Note : l’étranger interviewé (qui parle un chinois remarquable) est le professeur américain Jeffrey C. Kinkley, traducteur et biographe de Shen Congwen. Outre sa traduction des vingt quatre nouvelles publiées sous le titre « Imperfect Paradise » citée plus haut, il est l’auteur d’une remarquable monographie sur Shen Congwen, « The odyssey of Shen Congwen » (Stanford University Press, 1987), dont certains détails de cette présentation sont extraits.

On ne trouve guère plus le livre que d’occasion, mais on peut en lire en ligne la version numérisée par google :

http://books.google.fr/books?id=ey2sAAAAIAAJ&printsec=frontcover&source=gbs_ge_summary_

r&cad=0#v=onepage&q&f=false

            

2. Traductions françaises :

- Un recueil de nouvelles :

Nouvelles, Collection Panda, Beijing, 1982

- Et trois livres traduits par Isabelle Rabut :

Le Passeur du Chadong (traduction de « La ville frontalière »边城), Albin Michel (1990), 10-18 (1995)

Le Petit Soldat du Hunan (traduction de l’autobiographie 《从文自传》), Albin Michel (1992)

L’eau et les nuages : comment je crée mes histoires et comment mes histoires me créent (水云), Bleu de Chine (1999)

            

3. A lire sur ce site :

La nouvelle « Calme » ()

L’adaptation cinématographique de Xie Fei (谢飞) : « La jeune fille Xiaoxiao » (湘女萧萧)

Dans les « Repères historiques », l’article sur le jingpai dont il considéré comme la figure de proue.

Gu Hua 古华

II. Gu Hua /Shen Congwen: similarités et différences

 

4. A lire sur le site Paper Republic :
Traduction en anglais par Canaan Morse : The Young Couple《夫妇》
Traduction : https://paper-republic.org/pubs/read/the-young-couple/
Texte original chinois : http://www.saohua.com/shuku/shencongwen/ff02.htm

           

           

           

           


 

 

 

 

     

 

 

 

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