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« Ecrire, ce n’est pas transmettre, c’est appeler. » Pascal Quignard

 
 
 
                 

 

 

Lao She 老舍  

Présentation 介绍

par Brigitte Duzan, 17 mai 2010, actualisé 30 décembre 2016

      

Lao She (老舍), de son vrai nom Shu Qingchun (舒庆春), est né à Pékin en 1899 dans une famille

d’origine mandchoue, appartenant à la ‘bannière rouge’ (正紅旗 zhènghóngqí), l’une des huit ‘bannières’ (滿州八旗) créées par Nurhachi, au début du dix septième siècle, pour structurer la société Jürchen selon un système militaire à même de transcender les frontières de clans.

       

Cette origine mandchoue eut de telles conséquences sur la formation de sa personnalité et, partant, de son œuvre, qu’on ne peut vraiment les comprendre sans en saisir les implications profondes.

       

1899-1918 : Mandchou dans un monde qui cesse de l’être

 

Lao She (老舍)

       

Lao She est né un an après la dernière tentative de réforme du système impérial : la réforme dite « des Cent Jours » (百日维新) (1) initiée par le théoricien réformateur Kang Youwei (康有为), avec le soutien de l’empereur Guangxu, mais écrasée en septembre 1898. L’empereur fut écarté du trône ; six des principaux réformateurs furent exécutés.

        

bannière rouge (正紅旗 zhènghóngqí)

 

Les partisans du modernisme furent désormais convaincus que le système impérial ne pouvait être sauvé. Les idées de réforme se transformèrent alors en idéal révolutionnaire sur fond de haine des Mandchous au pouvoir, avivée par la répression des soulèvements qui se multiplièrent. Celui de Wuchang (武昌起义), le 10 octobre 1911, fut le prélude à la révolution dite Xinhai (辛亥革命) qui mit fin à l’Empire.

             

De manière significative, elle avait pour objectif de mettre fin à un régime qui avait mis les Han au ban de la société. Au terme d’une véritable chasse à l’homme, quelque vingt à trente mille

Mandchous furent tués en une semaine. Dans la capitale, les membres survivants des bannières se préparaient à la revanche ; Yuan Shikai sut éviter une autre tuerie.

       

Lao She avait douze ans ; il survécut, sa mère aussi, mais il n’oublia ni ne pardonna jamais. Son existence en fut bouleversée : la famille n’était déjà pas riche car son père, un soldat de la garde impériale, était mort en 1901 au cours d’une bataille de rue, lors de l’entrée des troupes étrangères dans la capitale après la rébellion des Boxers. Ils tuèrent le chien avant de mettre la maison à sac. Lao She dira plus tard qu’il n’avait jamais entendu sa mère, dans son enfance, lui conter des histoires d’ogres et de monstres ; les « diables étrangers » dont elle parlait étaient bien plus effrayants car ils étaient réels, et avaient affecté toute la famille.

      

Abdication de l’empereur Puyi, 12 février 1912

      

Il fut élevé par sa mère, au prix de grands sacrifices. Les conditions matérielles étaient difficiles, mais, bien pire, ils étaient victimes de l’ostracisme et de l’arrogance des Han redevenus maîtres du pays. Cette situation de paria a profondément marqué Lao She : il eut peu d’amis pendant ses études, et, par la suite, considéra toujours avec méfiance et réticence toute implication dans un mouvement de nature politique.

       

1918-1924 : Enseignant par nécessité

       

A l’issue de l’école primaire, il aurait dû apprendre un métier, les parents et amis étaient prêts à aider sa mère dans ce but ; il aurait ainsi pu contribuer à alléger les soucis maternels :

« 当我在小学毕了业的时候,亲友一致的愿意我去学手艺,好帮助母亲。我晓得我应当去找饭吃,以减轻母亲的勤劳困苦。 » (2)

       

Mais Lao She voulait continuer ses études : il passa en secret l’examen d’entrée à l’école normale de Pékin où il serait nourri, logé, habillé et où les livres lui seraient fournis. Mais il fallait quand même

verser dix yuans de droits d’entrée. C’était une somme énorme pour eux, et sa mère travailla deux semaines d’arrache pied pour les gagner.

       

En 1918, à sa sortie de l’école, il fut nommé inspecteur au Bureau de l’Education et chargé d’une

mission d’inspection dans les provinces du Jiangsu et du Zhejiang, après quoi il fut promu, l’année suivante, contrôleur des affaires éducatives de la Section Nord. Mais il était jeune, et renâclait à dépendre de supérieurs corrompus pour son avancement. Il démissionna en 1921 pour devenir

secrétaire d’une école privée, à Pékin ; en plus du travail de secrétariat, il donnait deux heures de cours de chinois par jour, et il gagnait le tiers du salaire de son précédent poste. C’était assez dur étant donné qu’il avait sa mère à sa charge : cet hiver-là, il vendit son manteau de fourrure pour lui acheter des vêtements chauds.

       

Il n’avait pas participé au mouvement du 4 mai 1919 (3) : pour lui, il s’agissait de luttes entre factions Han, lui, Mandchou, n’y avait pas sa place. Par la suite, il écrivit nombre de nouvelles dépeignant des étudiants superficiellement occidentalisés, provoquant grèves et manifestations de manière irresponsable, et finalement manquant de caractère et de compréhension véritable des grands problèmes que le pays avait à affronter.

       

Cependant, il a déclaré avoir été énormément influencé par les idées novatrices nées à

l’époque : « [Le mouvement du 4 mai] m’a insufflé un esprit nouveau et m’a offert un nouveau langage littéraire. Je lui suis reconnaissant de m’avoir permis de devenir un écrivain. » En attendant, il était enseignant, et n’avait guère de temps pour autre chose.

      

Pourtant, il commence alors à écrire, et publie en mai 1921 un

 

collège Nankai (南开中学)

premier très court récit, en baihua, mais un baihua encore expérimental ; en même temps, c’est une mini-nouvelle reflétant les idées de l’époque en faveur de l’émancipation des femmes et comportant une recherche formelle : « L’échec d’une femme » (《她的失败》).

 

A l’automne 1922, il obtint un poste de professeur de chinois à Tianjin, au collège Nankai (南开中学). Il écrivit là sa première véritable nouvelle, « La petite cloche » (《小铃儿》), qui parut dans le journal du collège, mais il a dit par la suite qu’elle n’avait aucune valeur, que c’était juste pour remplir quelques colonnes…

       

Au bout de six mois, il revint à Pékin. Il semble avoir été déprimé, à cette époque, et se serait alors converti au christianisme, pour la lueur d’espoir qu’il offrait. C’est du moins ce que l’on peut déduire par analogie avec l’un des personnages de son premier roman, « La philosophie de Lao Zhang » (《老张的哲学》: « Il était foncièrement honnête et candide, mais avait connu des jours accablants si bien qu’il avait perdu de sa confiance en lui-même ; il n’avait plus aucune foi dans la société, c’est pour cela que la religion l’avait attiré. »

      

Devenu membre d’une association chrétienne, Lao She commença à apprendre l’anglais. Il obtint alors un poste d’enseignant de chinois dans ce qui n’était encore que l’école des Etudes orientales, à

l’université de Londres. L’enseignement était plus que jamais sa planche de salut autant que son gagne-pain.

       

1924-1929 : Séjour en Angleterre et premiers romans

       

Il part pour Londres en 1924, à un moment où les sociétés littéraires s’étaient multipliées, publiant une centaine de journaux diffusant idées et traductions. Il trouve à Londres une atmosphère plus calme, plus policée, et une littérature nouvelle pour lui ; il découvre Dickens qui influence les romans qu’il écrit alors, et qui sont parmi ses œuvres les plus populaires en Chine, constamment rééditées depuis 1949 : « La philosophie de Lao Zhang » (《老张的哲学》), « Zhao Ziyue » (《赵子曰》) et « les deux Ma » (《二马》). Si le premier roman est écrit à moitié en langue classique à moitié en chinois ‘vernaculaire’ baihua, la part de baihua augmente d’œuvre en œuvre. On peut les considérer, du point de vue formel tout au moins, comme des œuvres encore expérimentales.

      

1. « La philosophie de Lao Zhang » est directement inspiré de la lecture  de  « The Pickwick Papers » et « Nicholas Nickleby » (4), respectivement premier et troisième romans de Dickens  : le premier

 

« Nicholas Nickleby »

fut rédigé sous forme de chapitres plus ou moins bien reliés entre eux, de façon à être publié sous forme de feuilleton ; par ailleurs, les personnages sont dépeints de façon humoristique, donnant au livre un ton de satire sociale pleine d’humour ; ces caractéristiques, qui contribuèrent à l’immense succès de l’œuvre, furent ensuite reprises dans « Nicholas Nickleby », qui relate les aventures d’un jeune garçon qui doit subvenir aux besoins de sa mère et de sa sœur après la mort de son père, situation très « chinoise » s’il en est, mais également dépeinte sur un ton humoristique.

       

«La philosophie de Lao Zhang» 《老张的哲学》

 

Lao She a repris le même ton et la même structure : trente neuf chapitres comme autant de tableaux. Quant au ton, détaché et ironique, s’il est dû en partie à l’influence de Dickens, c’est aussi une marque de la distanciation de Lao She, sa situation d’outsider jetant un regard satirique sur son pays. Il n’est en Angleterre que depuis quelques mois quand il écrit « La philosophie de Lao Zhang », mais il y apprécie l’ordre, les valeurs morales et la conscience sociale qui lui paraissent faire d’autant plus défaut chez lui.

       

Lao Zhang (老张) est un maître d’école et boutiquier avare et sans scrupule dont la « philosophie » de l’existence est trinitaire en tout sauf pour l’argent (钱本位而三位一体”): il a même transformé l’invitation rituelle « je vous invite à déjeuner » (请吃饭”) en « je vous invite à prendre le thé » (请吃茶”). Préoccupé également par son statut social et pensant qu’une concubine l’améliorerait, il jette son dévolu sur la sœur d’un de ses élèves, tentant de la prendre  comme concubine en échange de l’annulation

d’une dette. Celle-ci, cependant, est amoureuse d’un autre élève ; Lao She développe alors une histoire d’amours contrariées très classique, où les femmes, bien sûr, finissent victimes. Mais là n’est

pas l’important : ce canevas sentimental n’est que le prétexte à une satire d’un humour dévastateur

qui s’attaque à tous les travers de la société chinoise : les conditions d’éducation, l’hypocrisie sociale et la sujétion des femmes, la corruption des gouvernements locaux et de la police, le manque d’indépendance de la presse, l’inefficience de la loi.

       

Comme beaucoup de ses contemporains, Lao She était indigné et affligé par l’échec des nouvelles institutions nées avec la République, comme si la modernisation du pays était impossible vu le poids de

l’éthique confucéenne et de la bureaucratie ; mais les valeurs traditionnelles ne pouvaient inspirer les jeunes : la tentative d’assassinat de Lao Zhang par son ancien élève, vers la fin du roman, est le symptôme et le symbole des frustrations de toute une génération.

      

2. L’histoire de « Zhao Ziyue », le roman suivant, se passe également à Pékin, dans les années 1920, c’est-à-dire aux lendemains du mouvement du 4 mai. Si, dans le roman précédent, les étudiants sont présentés comme des victimes, ils sont dépeints ici comme des êtres velléitaires, dont la mentalité nationaliste exacerbée et occidentalisée est condamnée comme superficielle.

       

Zhao Ziyue (赵子曰) est le leader d’un groupe d’étudiants révolutionnaires dont la principale activité est d’organiser des grèves et de débiter des slogans. Divisés en d’innombrables groupuscules, ils sont incapables de s’unir, sauf - propension universelle - pour ne pas passer les examens, et leur principal souci, in fine, est d’obtenir un bon poste une fois diplômés. La passion révolutionnaire une fois retombée, ne reste qu’un songe creux.

      

3. Commencé en 1928 et terminé l’année suivante, juste avant de quitter Londres,

 

« Zhao Ziyue » 《赵子曰》

« Les deux Ma » (《二马》), traduit en français « Messieurs  Ma père et fils », décrit le mépris, sur fond de racisme, auxquels sont confrontés les Chinois en Angleterre, comme si la situation décrite dans les romans précédents ne pouvait faire d’eux, partout, que des citoyens de second ordre.

       

Le vieux Ma se rend à Londres avec son fils parce que son frère lui a légué un magasin d’antiquités, mais, dès leur arrivée, ils sont confrontés aux préjugés tenaces qui les font apparaître, aux yeux des Anglais, comme des fumeurs d’opium, trafiquants d’armes et assassins violeurs de femmes, comme tous leurs congénères. C’est grâce à un missionnaire qu’ils trouvent finalement à se loger, et réussissent à se faire accepter. Mais, en dépit de l’humour qui nous vaut quelques scènes très drôles, le ton est amer :

l’incompréhension est totale, même pour les missionnaires, les Chinois ne sont que des âmes à sauver de l’enfer qui les guette (5).

        

Transition : Singapour

       

C’est donc, semble-t-il, un Lao She sans illusion qui, en juin 1929, son contrat achevé, reprend le chemin de la mère patrie, mais par le chemin des écoliers. Il passe d’abord par Paris où il reste trois mois, mais sans réussir à trouver un travail. Il repart donc, cette fois pour Singapour, poussé par son admiration pour Joseph Conrad. 

       

Toutefois, là où Conrad n’avait vu qu’un enfer pour l’homme blanc, Lao She veut montrer que l’archipel a connu un développement économique dû pour l’essentiel… aux Chinois. Mais il lui faut enseigner pour survivre, il n’a donc pas le temps de voyager à loisir pour rassembler les éléments de nature à étayer sa thèse.

       

Au lieu de cela, après avoir remisé un roman d’amour à moitié terminé qu’il avait commencé à griffonner sur le bateau, il se met à écrire un roman dont le personnage principal est un enfant, d’origine chinoise vivant à Singapour : « L’anniversaire de Xiao Po » (《小坡的生日》). Xiao Po est un enfant adorable, pas encore assez grand pour avoir des préjugés, qui voit le monde comme une immense famille, pleine de chaleur et de tendresse, ce qui lui pose des problèmes pour arriver à y intégrer l’ennemi japonais ; il trouve quand même une raison pour ne pas les aimer, les Japonais : la forme de leurs îles…

       

Le livre reflète l’amour de Lao She pour les enfants : « Ce genre de livre me fait sentir jeune et heureux, a-t-il dit ; j’aime les enfants, il sont la lumière, une nouvelle page de l’histoire… l’espoir est là. » Cela ne suffit pas pour en faire un bon roman, ce sont juste quelques pages écrites le temps d’une escale, avec suffisamment de bons sentiments pour que ce ne soit pas de la bonne littérature. Le livre n’est pas terminé lorsque Lao She reprend le bateau, au début de 1930, il l’achève à Shanghai et repart pour ce qui est alors Peiping.

       

1930-1937 : Retour en Chine et tâtonnements à Jinan

       

En Angleterre, Lao She était devenu nationaliste, mais le pays qu’il retrouve est, à ses yeux, pire que celui qu’il avait quitté (6). Il est maintenant polarisé en deux clans ennemis qui se livrent une lutte à mort, et la confrontation entraîne à son tour la polarisation du monde littéraire ; le 2 mars 1930 est

      

Ce qui reste de Cheeloo University à Jinan

 

créée à Shanghai, sous l’égide de Lu Xun, la « Ligue chinoise des écrivains de gauche » (中国左翼作家联盟) à laquelle adhèrent bientôt quelque trois cents écrivains. Lu Xun déclare : « C’est la politique qui est la priorité, et l’art doit s’adapter en fonction d’elle. »

      

Dans ce climat, il n’y a pas place pour un penseur ou un écrivain libéral. Pourtant, fidèle à sa ligne de conduite, Lao She évite les polémiques,

et ne prend pas parti. Outsider résolu, il part au Shandong, enseigner à l’université Qilu (齐鲁大学), à Jinan (济南) (7).

      

Jinan, en 1930, portait encore les stigmates de « l’incident » qui porte son nom (済南事件), encore appelé « le massacre du 3 mai (五三惨案) car, à cette date, en 1928, l’armée japonaise, alliée aux

seigneurs de guerre du Nord, se heurta dans la ville aux unités de

l’Expédition du Nord lancée contre ces derniers par le Guomindang. Lao She se rend compte que les combats, qui continuèrent pendant plusieurs jours, sont encore présents dans les esprits ; il décide donc d’en faire la toile de fond d’un roman intitulé « Daming Hu », ou ‘le lac de la grande clarté’ (大明湖), du nom d’un lac célèbre, au nord de Jinan, et l’envoie une fois terminé à Shanghai, au Xiaoshuo Yuebao (小说月报) qui avait jusqu’ici publié tous ses romans, sous forme de

 

       

le lac de la grande clarté 大明湖

feuilleton ; or, justement, le journal n’avait pas encore terminé la publication de « L’anniversaire de Xiao Po » ; « Daming Hu » est donc mis en attente.

      

Or, sur ces entrefaites, le 8 janvier 1932, les Japonais bombardent Shanghai ; le bâtiment du Xiaoshuo Yuebao est touché et incendié, les presses sont détruites, et le manuscrit de Lao She disparaît dans les flammes. Il en tirera plus tard une nouvelle, intitulée « Croissant de lune » (《月牙儿》), qui fait partie de ses nouvelles dénonçant les injustices sociales, et en particulier celles que doivent subir les femmes : c’est l’histoire des souffrances d’une jeune fille qui, comme sa mère, est poussée à se prostituer par la pauvreté et qui, en dépit de ses efforts pour s’en sortir, finit en prison.

      

« La cité des chats » 《猫城记》

 

En 1932, cependant, c’est un autre roman qui

l’occupe : « La cité des chats » (《猫城记》), satire où affleure le désespoir autant que

l’indignation devant la situation désespérée où se trouve la Chine et les lâchetés et compromissions politiques qui l’empêchent d’y faire face. Le livre commence comme un roman de science fiction : il décrit les aventures d’un astronaute chinois dont

l’avion s’échoue en arrivant sur Mars et se retrouve devant une société bizarre d’hommes-chats qui ont tous les défauts de la société chinoise, soigneusement passés en revue. C’est

d’ailleurs cet étalage de maux exhaustif qui constitue la principale faiblesse du livre, sans parler des longues discussions politiques : la narration en est affaiblie. Le livre reste une curiosité.

      

Ce roman constitue cependant une transition dans l’œuvre de Lao She : à partir de là, il va se

concentrer sur l’étude des caractères et le développement de thèmes originaux dans ses histoires. En même temps, il va privilégier la forme courte au roman, forme qu’il considère plus aboutie et plus pure stylistiquement (voir la note sur les nouvelles ci-dessous).

       

En attendant, dans la chaleur suffocante de l’été 1933 à Jinan, regrettant la fraîcheur londonienne, il écrit encore un roman, très vite, en soixante dix jours ; il y pensait depuis longtemps, il faut croire que le sujet était mûr : c’est « Le divorce » (《离婚》), pour lequel il renoue avec le style humoristique de ses débuts, et avec Peiping. 

       

Le personnage principal, Lao Li (老李), est un jeune fonctionnaire du Bureau des Finances du gouvernement local ; né au tournant du vingtième siècle, c’est un jeune lettré partagé entre l’ancien et le moderne, qui mène une vie tristement introvertie ; c’est aussi un jeune homme frais émoulu de la campagne où il a laissé sa femme et ses enfants. Cependant, son ami Zhang (张大哥) le persuade de les faire venir à la capitale avec lui. Ce Zhang est tout l’opposé de Lao Li : gai, sociable, il sert

d’entremetteur pour arranger des mariages ; sa théorie est qu’il n’y aurait pas la chienlit communiste si les gens étaient heureux chez eux avec leur épouse :

假如人人有个满意的妻子,世界上决不会闹共产。张大哥深信此理。

 

Evidemment, les choses ne sont pas si simples : la femme de Lao Li est une paysanne inculte qui a eu les pieds bandés et qu’il tente honteusement de cacher à ses collègues de bureau. La vie de Lao Li devient un enfer. Pris entre sa haine du bureau et celle de sa famille, et ne pouvant échapper ni à l’un ni à l’autre, il est comme pris entre deux murs. Après bien des aventures malheureuses, il finira par retourner vivre au village, mais sa femme aura beaucoup appris, pendant son séjour à la ville, et aura en particulier été gagnée par les idées de libération de la femme….

      

« Le divorce » est une œuvre d’un humour contrôlé où l’accent est mis avant tout sur la psychologie des personnages, préfigurant les grandes œuvres qui ont fait la renommée de Lao She, dont « Le pousse pousse ». En 1936, il est enfin à même de renoncer à ses émoluments de professeur : il démissionne pour se consacrer

totalement à l’écriture, et c’est alors qu’il écrit cette nouvelle, intitulée en chinois ‘Xiangzi le chameau’ (骆驼祥子) qui est l’une de ses œuvres les plus connues et les plus populaires, mais qui reprend les ingrédients du roman précédent, en les intégrant dans une histoire beaucoup plus dramatique, celle d’une inéluctable descente aux enfers : le personnage principal est un jeune tireur de pousse qui économise pour pouvoir acheter son propre pousse, mais qui, régulièrement détroussé et victime des pires

 

‘Xiangzi le chameau’ 《骆驼祥子》

injustices, finit par perdre son optimisme et ses valeurs morales dans un monde pourri.

      

Le pessimisme de Lao She semble ici sans issue, reflet d’un pays à la dérive qui va bientôt se retrouver en guerre et envahi.

       

1937-1945 : Années de guerre et littérature militante

       

Début juillet 1937 éclate la seconde guerre sino-japonaise, ou, comme disent les Chinois, la guerre de Résistance (抗战 ). Pékin et Tianjin tombent en l’espace d’un mois, Nankin en décembre, le gouvernement nationaliste se replie à Wuhan qui fait office de capitale pendant un an, jusqu’en décembre 1938 ; à cette date, la capitale est transférée à Chongqing, jusqu’à la fin de la guerre, en 1945.

       

Lao She suit le mouvement, comme beaucoup de ses confrères. De nombreux écrivains de gauche, en particulier, refluent à Wuhan après la chute de Shanghai en novembre 1937, et y fondent, le 27 mars 1938, la ‘Fédération nationale anti-japonaise des Ecrivains et Artistes de toute la Chine’ (中华全国文艺界抗敌协会), qui se substitue, en quelque sorte, à la Ligue des écrivains de gauche, dissoute en 1936.

       

La fédération est dotée d’un comité exécutif impressionnant de quarante cinq membres, dont Guo Moruo (郭沫若), Mao Dun (茅盾), Ba Jin (巴金), Yu Dafu (郁达夫) et autres célébrités. Lao She est l’un des rares écrivains célèbres, parmi ceux repliés à Wuhan, qui n’ait jamais eu aucune affiliation politique, ni côté communiste ni côté nationaliste. C’est pour cette raison même qu’il est alors choisi comme président.

       

Il devient aussi éditeur du journal que publie la fédération, « Littérature et arts de la résistance » (《抗战文艺》), le seul magazine littéraire qui paraîtra pendant toute la guerre, de mai 1938 jusqu’en juin 1946, et exercera donc une influence déterminante sur le monde littéraire et artistique. En outre, la fédération fait de la propagande pour l’effort de guerre par le biais d’une dizaine de troupes de théâtre, originellement créées à Shanghai en août 1937, et envoyées dans les zones encore contrôlées par les Chinois avec pour mot d’ordre : « diffuser la littérature dans les villages, diffuser la littérature dans

l’armée » (“文章下乡,文章入伍”).

       

Lao She participe à ces activités de propagande anti-japonaise en écrivant pièces de théâtre, poèmes et essais. Mais, des quatre pièces de théâtre écrites durant ces années de guerre, aucune ne survécut au conflit qui les avait fait naître.

       

Transition : 1946-1949 aux Etats-Unis

       

En 1946, Lao She est invité, avec le dramaturge Cao Yu (曹禺) (8) à donner une série de conférences aux Etats-Unis ; mais, à la fin de l’année, Cao Yu revient seul en Chine.

      

« Quatre générations sous un même toit »

《四世同堂》

 

Juste avant de partir, Lao She avait commencé ce qui deviendra son œuvre la plus ambitieuse, roman de la guerre et de la résistance chinoise : « Quatre générations sous un même toit » (《四世同堂》), véritable roman-fleuve

d’une centaine de chapitres regroupés initialement en trois tomes (« Effroi »《惶惑》

« Subsistance » 《偷生》, et « Famine »《饥荒》). C’est un foisonnement de descriptions et de digressions, à l’exact opposé de la concision et de l’humour du « pousse pousse », qui rejoint l’art romanesque chinois traditionnel. Il nous dépeint un monde clos, replié sur sa ruelle, dont la situation se détériore peu à peu au fur et à mesure que se prolongent les combats.

      

Mais c’est aussi un roman d’amour, l’amour de Lao She pour sa ville natale : c’est un exercice de mémoire, un hommage à la capitale avant la fondation de la République. Comme le dit si bien Le Clézio dans son introduction à la traduction

parue initialement dans le Mercure de France, « alors que la Chine de Mao est en train de naître, « Quatre générations sous un même toit » est un extraordinaire inventaire de la vie à Pékin… les goûts, les odeurs, les couleurs de la rue avec ses rituels quotidiens, ses musiques, ses espoirs, ses illusions… Et puis, ces instants merveilleux, à la fin de l’été, quand le ciel est d’un bleu pur au-dessus de la ville… »

       

C’est cela qui émeut et retient dans ce livre, plus que l’évocation de l’horreur de la guerre et de la résistance héroïque à l’envahisseur. C’est cette vie de Pékin qui va tellement manquer maintenant que disparaissent peu à peu les hutongs qui l’abritaient, cette vie, comme l’a dit Lao She, « où l’on pouvait très facilement, et par habitude, passer son temps à le gaspiller. »

       

1949-1966 : Ecrivain officiel, victime de la Révolution culturelle

       

C’est à l’invitation personnelle de Zhou Enlai que Lao She revient en Chine après la fondation de la République populaire, en décembre 1949. Membre du comité éducatif et culturel du gouvernement, député au Congrès national populaire, il est un personnage influent dans le domaine des arts et des lettres, défendant le système anti-impérialiste et luttant contre l’injustice sociale, celle qu’il a fustigée toute sa vie dans son œuvre, lui qui se sentait si proche des petites gens « premières victimes des massacres, des pillages et des viols ».

       

Il continue à écrire, de nombreuses pièces de théâtre pour ‘éduquer le peuple’, dont on ne peut guère retenir que la « Maison de thé » (《茶馆》), mais aussi romans et nouvelles, dont les dernières, autobiographiques et moins connues, que sont  « Histoire de ma vie » (《我这一辈子》) et « Sous la bannière rouge » (《正红旗下》), cette dernière écrite en 1961-62, restée inachevée, et publiée seulement en 1979.

       

Et puis, survient la Révolution culturelle. Dès le début, il en est inquiet, et exprime son angoisse à un couple d’amis étrangers venus lui rendre visite à Pékin : «  Je peux comprendre que Mao Zedong cherche à détruire le vieux monde bourgeois, mais je ne peux écrire sur ce combat parce que je ne suis pas marxiste, et que je ne peux penser et sentir comme un étudiant de Pékin en 1966... Nous autres, les vieux, nous n'avons pas à demander pardon pour ce que nous sommes. Nous pouvons seulement expliquer pourquoi nous sommes ainsi et encourager les jeunes à trouver leur voie vers le futur… » (9)

        

Quelques semaines plus tard, accusé d’être traître et réactionnaire ("反派"), l’écrivain était arrêté, interrogé, paradé dans la rue et battu en public par des Gardes rouges. Humilié et renvoyé chez lui, il trouva sa maison pillée et saccagée, ses livres et documents, en particulier, jetés à terre. Trois jours plus tard, le 24 août, sa famille fut informée que l’on avait trouvé son corps dans un lac de la capitale, le lac Taiping (太平湖), et que la police avait conclu au suicide (10).

       

Il fut réhabilité en 1978.

      

Post Scriptum

      

Selon certaines rumeurs, en 1968, des cinq candidats en lice, Lao She aurait été choisi pour le Prix Nobel de Littérature. Cependant, la nouvelle de sa mort était parvenue en Suède sans qu’on sût exactement ce qu’il en était. L’ambassadeur de Suède en Chine fut chargé de se renseigner, les autorités suédoises écrivirent au gouvernement chinois sans obtenir de réponse. Finalement, pour couper court, c’est l’un des quatre autres candidats, le Japonais Kawabata Yasunari, qui remporta le Prix.

        

      

Notes

(1) 维新wéixīn signifiant ‘modernisation’ ; la réforme est aussi désignée par le terme 戊戌变法wùxū biànfǎ, ou réforme de l’ère wuxu.

(2) « Ma mère » (我的母亲), article paru en janvier 1943 dans le Shishi Xinbao ou ‘Nouveau journal de l’actualité’  (時事新报) édité à Shanghai ; il fait partie des textes traduits dans le recueil « Ecrits de la maison des rats », éditions Philippe Picquier, mai 2010.

(3) Voir « Repères historiques, II »

(4) Comme il l’a lui-même expliqué dans un texte écrit en 1935, « Comment j’ai écrit "La philosophie de Lao Zhang" » (《我怎样写〈老张的哲学〉》) : http://wenku.baidu.com/view/a7154bd97f1922791688e80a.html

(5) Sur Lao She à Londres, voir l’ouvrage :

« Lao She in London », par Anne Witchard, Hong Kong University Press, août 2012, 188 p.

http://www.hkupress.org/Common/Reader/Products/ShowProduct.jsp?Pid=1&Version=0&Cid=16&Charset=iso-8859-1&page=-1&key=9789888139606 

Signalons par ailleurs la publicationen 2013 chez Penguin China, dans la série Modern Classics,  des traductions en anglais des deux ouvrages écrits par Lao She à Londres : « Cat Country » en septembre et « Mr Ma and Son » en août.

(6) Voir « Repères historiques, III »

(7) Ou ‘Cheeloo university’, fondée, au tout début du vingtième siècle, par des missionnaires presbytériens et anglicans. C’était une université d’obédience protestante, qui fut dissoute en 1952. On retrouve donc là un nouveau témoignage des liens de Lao She avec le christianisme.

(8) Promoteur du « théâtre parlé » (话剧)  sur le modèle occidental.

(9) Cité par Le Clézio dans sa préface à « Quatre générations sous un même toit », p. 24.

(10) Voir la pièce de Liu Xinwu (刘心武) « La mort de Lao She » (《老舍之死》) qui est en fait un scénario d’opéra. Traduit par Françoise Naour et publié chez Bleu de Chine.

      


      

Principales œuvres de Lao She en chinois : http://www.hxqw.com/wxxsgl/zgwxmz/200605/3239.html

      

Principales traductions en français :

       

« L’enfant du Nouvel An », Gallimard 1986, Folio, mai 2003. Traduction Paul Bady et Li Tche-houa

《离婚》« La Cage entrebâillée », Gallimard 1986, Folio 2002. Traduction Paul Bady et Li Tche-houa

 « Gens de Pékin », Folio Gallimard, 1993 – recueil de nouvelles, dont « Histoire de ma vie », préface Paul Bady. Traduit du chinois par Paul Bady, Li Tche-houa, François Moreux, Alain Peyraube et Martine Vallette-Hémery.

《我这一辈子》« Histoire de ma vie », Folio Gallimard, janvier 2002.

《四世同堂》 « Quatre générations sous un même toit », Mercure de France 1996 , Folio Gallimard, 1998.

《猫城记》  « La cité des chats », Presses pocket, 1997  

小坡的生日« L'Anniversaire de Xiaopo », éditions You Feng, 1999. Traduction Claude Payen.

《骆驼祥子》 « Le pousse-pousse » , Picquier poche, 1998. Traduction François Cheng et Anne Cheng.

《鼓书艺人》 « Les Tambours », Philippe Picquier, 2001. Traduit de l'anglais par Claude Payen. (1)

《二马》 « Messieurs Ma, père et fils », Picquier poche, 2003. Traduction Claude Payen, préface Paul Bady.

不说谎的人« L'homme qui ne mentait jamais », Picquier poche, janvier 2006. Traduction Claude Payen.

《老张的哲学》« La philosophie de Lao Zhang », Philippe Picquier, 2009. Traduction Claude Payen

 

(1) le livre est traduit de l’anglais car la première traduction a été réalisée en 1949, alors que Lao She était encore aux Etats-Unis, et c’est le texte le plus proche de l’original que nous possédions : le texte original a en effet disparu, et le texte chinois dont nous disposons a été traduit en 1980 sur la base de cette première traduction anglaise.

      


      

* Note sur les nouvelles :

       

Lao She a rédigé au début de 1944 un texte intitulé « comment j’ai écrit mes nouvelles » dans lequel il classe celles-ci en fonction de l’importance qu’il leur accorde, et surtout, explique leur rapport au roman.

       

Il élimine ses premières nouvelles, comme ne présentant pas grand intérêt : elles sont fondées sur des faits réels et cela ne suffit pas pour faire une bonne histoire, dit-il. Celles du deuxième groupe sont déjà mieux car elles sont basées sur des histoires qu’on lui a racontées, c’est-à-dire sur le bouche à oreille, il y a donc déjà là du matériau fabulé. Mais ce sont celles du troisième groupe qui sont les meilleures : « Croissant de lune » (《月牙儿》), « Vieille tragédie ancienne pour temps modernes » (《新时代的旧悲剧》), « L’épée meurtrière » (《断魂枪》), « La lumière du soleil » (《阳光》), etc… En effet, dans ces dernières nouvelles, les faits sont totalement imaginaires, et l’histoire est très souvent construite sur la base d’une idée abstraite (comme dans « Li le noir et Li le blanc » (《黑白李》) ou « Buffle de fer et Canard malade » (《铁牛和病鸭》)qui dépeignent des personnages représentant des caractères ou des défauts opposés).

       

En dehors du fait que les nouvelles étaient plus faciles à publier que des romans entiers pendant la période de la guerre, il explique qu’il a d’abord écrit des romans parce que les lecteurs sont plus indulgents à leur égard et que le monde en général est prêt à accepter des romans imparfaits, ce qui

n’est pas le cas pour la nouvelle courte. Le roman lui a donc servi d’exercice préparatoire, en quelque sorte.

       

La nouvelle demande beaucoup plus d’habileté et de technique. En outre, chacune des intrigues secondaires d’un roman pouvant servir de base à une nouvelle, on sélectionne forcément les passages les plus intéressants, ou les plus réussis. « Il vaut mieux croquer un morceau d’une pêche de

l’immortalité plutôt que de manger tout un panier d’abricots pourris », dit-il en paraphrasant un dicton.

       

C’est ce qui s’est passé pour « Croissant de lune » (《月牙儿》), qui n’était au départ qu’un épisode du roman « Daming Hu » (大明湖), disparu dans le bombardement de Shanghai, ou « L’épée meurtrière » (《断魂枪》) qui devait être au départ un roman de wuxia …

       

Ceci dit, ajoute-t-il, cela demande une certaine abnégation, car un roman de quelque 100 000 caractères se vendra dans les 300 à 500 dollars, tandis que qu’on ne pourra même pas en tirer

20 d’une nouvelle de 5 000 caractères. C’est d’ailleurs, dit-il avec son humour habituel, la raison

pour laquelle je ne m’en suis pas toujours tenu aux exigences artistiques les plus pures : se sacrifier

pour l’art est une noble cause, mais on ne peut pas demander à l’écrivain de montrer l’exemple en mourant de faim.

       


       

Principales adaptations au cinéma et à la télévision :

      

Cinéma :

1950《我这一辈子》« Ma vie », de Shi Hui (石挥)

Sur cette adaptation, voir :

www.chinese-shortstories.com/Adaptations cinematographiques_LaoShe_Ma_vie.htm

1952《龙须沟》« Dragon’s Beard ditch », de Xian Qun (洗群)

1982《茶馆》« La maison de thé », de Xie Tian (谢添)

1982《骆驼祥子》« Le pousse pousse », de Ling Zifeng (凌子风)  

Film en entier : www.56.com/u18/v_NDcyMTM2Nzk.html

(ou http://6.cn/profile/playlist.php?p=80493)

1986《月牙儿》 « Crescent moon », de Huo Zhuang (霍庄)

1987《鼓书艺人》« The drum singers » (ou « The street players »), de Tian Zhuangzhuang (田壮壮) tourné en grande partie au Sichuan. Premier film du réalisateur produit par le Beijing Film Studio.

 

《骆驼祥子》 « Rickshaw boy »

      

Télévision :

《四世同堂》« Quatre générations sous un même toit » : Feuilleton en 28 épisodes, diffusé sur CCTV du 16 août au 9 septembre 1985.

 

 

《四世同堂》

« Quatre générations sous un même toit »

      


      

A lire en complément :

      

Son article : « Qu’est-ce que l’humour ? » 《什么是幽默

   

Le dernier jour de Lao She (page 1)

Le dernier jour de Lao She (page 2)
(article paru dans Le Monde daté jeudi 28 juillet 2016, troisième volet de la série « Il était une fois la Révolution culturelle »)

 

La mini-nouvelle : « Acheter un billet de loterie »《买彩票》

 

La mini-nouvelle : « L’échec d’une femme »《她的失败》

   


      

Actualités :

      

Les derniers chapitres de « Quatre générations sous un même toit » retrouvés… en anglais

 

« Ecrits de la maison des rats » : quelques pages douces-amères pour mieux connaître Lao She

      

« Ma vie », adaptation de la nouvelle de Lao She, ce vendredi 17 décembre à Paris Diderot

      


      

Adaptations cinématographiques :

      

« Ma vie » (《我这一辈子》), la nouvelle de Lao She (老舍) et le film de Shi Hui (石挥)

      

« Dragon Beard Ditch » (《龙须沟》), pièce de Lao She et film de Xian Qun

      

      

 

 

 

 

  

 

 

     

 

 

 

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