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Sheng Keyi 盛可以

Présentation

par Brigitte Duzan, 31 juillet 2013, actualisé 29 janvier 2017

 

Née en 1973, Sheng Keyi (盛可以) est l’une de ces jeunes romancières chinoises qu’un premier roman a soudain portée au pinacle. C’était en 2004 : elle a alors été saluée comme l’un des auteurs (féminins) les plus prometteurs de sa génération. Le roman - « Filles du Nord » (《北妹》) -  a depuis lors été traduit en une demi-douzaine de langues.

 

« Filles du Nord » traitait, il est vrai, d’un sujet inédit, en grande partie autobiographique, dans un ton très libre traduisant une forte personnalité. C’est une première œuvre, écrite sous l’impulsion du sentiment très fort d’avoir à témoigner. Sheng Keyi a depuis lors beaucoup travaillé. Elle a écrit six autres romans, dont le dernier a été publié en janvier 2015, en même temps qu’une nouvelle moyenne très originale, tant par le sujet que la forme. Mais il ne faudrait pas pour autant négliger ses nouvelles courtes.

 

Mingong au féminin 

 

Sheng Keyi présentant

un nouveau livre en 2016

 

Sheng Keyi est née en 1973 à Lanxi (兰溪), district de Yiyang, dans la province du Hunan (湖南益阳). Son enfance au village, elle l’a décrite dans un article publié le 2 décembre 2011 dans le New York Times sous le titre  « A River’s Gift » (1) qui commence par cette confession :

« Quand j’étais plus jeune, j’avais honte d’admettre que je venais d’un village perdu, mais je n’avais pas non plus le courage de me vanter d’être de la ville ; en général, je disais donc simplement que j’étais banlieusarde. Mais, maintenant, il me faut avouer la vérité : je suis née dans un village isolé. »

 

Petite campagnarde du Hunan

 

Une vieille rue de Lanxi

 

Elle ne peut ni ne veut plus s’en cacher : ce misérable village au bord d’une rivière,  c’est son point de départ, là où elle serait encore, comme les autres, si elle n’avait eu l’ambition et le courage de s’en évader ; c’est aussi l’inspiration d’une partie de son œuvre : ses nouvelles sur des sujets ruraux, moins connues que ses romans ou ses nouvelles urbaines, où elle prend parfois un ton bucolique et nostalgique pour évoquer la beauté de la nature locale, préservée au moins dans les souvenirs de son enfance.

 

C’est là qu’elle a vécu la fin de la Révolution culturelle, la chute de la Bande des Quatre et le lancement de la politique d’ouverture, mais tout cela n’avait guère de résonance dans le village. Ce dont elle se souvient, c’est de la pauvreté au quotidien : sa mère luttant pour avoir du riz, ou vendant quelques œufs pour payer ses frais de scolarité, et le chemin pour aller à l’école, pieds nus dans la glaise dans le froid du matin ; et malgré tout, elle garde aussi des souvenirs joyeux, ceux des bons moments passés à se baigner, pêcher, attraper des crevettes, comme tout enfant vivant au bord d’une rivière …

 

La pauvreté, cependant, caractérisait aussi les conditions d’enseignement. Quand elle était en classe élémentaire, le bâtiment de l’école s’est effondré, et n’a pas été reconstruit tout de suite. Pendant trois ans, c’est la pièce principale de sa maison qui a tenu lieu de salle de classe provisoire, avec des piles de briques comme bureaux. Non seulement il n’était pas question de manuels ni de livres, mais même le papier blanc était une rareté. Elle avait beau être une élève studieuse, inutile de dire que, dans ces conditions, la littérature était un monde inaccessible.

 

Dans l’article du New York Times déjà cité, elle raconte ses premières découvertes du plaisir de la lecture, par hasard, et par effraction. A l’âge de six ou sept ans, alors qu’elle était allée à Yiyang avec sa mère rendre visite à sa grand-mère et qu’elle attendait le bateau pour revenir à Lanxi, elle feuilletait un livre illustré sur les Trois Royaumes quand le bateau arriva. Elle partit en volant le livre dont elle se délecta ensuite des images, connaissant encore trop peu de caractères pour pouvoir le lire.

 

Sa seconde expérience littéraire eut lieu quelques années plus tard, quand elle était au lycée. Son grand-père était un grand lecteur, mais enfermait jalousement ses livres sous clef. Or, un jour qu’il avait laissé sa porte ouverte, s’étant glissée dans sa chambre, la jeune Sheng Keyi ouvrit la « boîte aux trésors » et y trouva un livre de Louis Cha, ou Jin Yong (金庸), le grand maître de la littérature de wuxia. Elle sélectionna quelques passages de romance et de combats, les lut rapidement et remit le livre à sa place. Elle ressentit pour la première fois la joie de la lecture, accrue par le frisson de l’interdit.

 

On mesure l’isolement, le retard économique et intellectuel, et le désir de s’en sortir, désir qui l’a poussée, en 1994, à partir à Shenzhen pour tenter de se faire une place dans l’eldorado chinois.

 

« Fille du Nord » à Shenzhen

 

Filles du Nord

 

Son expérience de la ville, elle l’a décrite dans son premier roman, « Filles du Nord » (《北妹》), publié en 2004. Ces « filles venues du nord », ce sont toutes les filles comme elle, venues participer au boom économique au début des années 1990, et au formidable bouleversement social qui en est résulté, avec, parallèlement, un processus d’urbanisation accéléré.

 

Elle y décrit la lutte pour trouver des emplois, tous précaires, et l’inévitable écueil, au bout du compte, qui menace ces travailleuses mingong dont on parle beaucoup moins que de leurs confrères : le corps féminin comme ultime atout dans la course à la réussite économique et à l’ascension sociale, avec les dérives liées, les avortements à répétition en particulier (2).

 

Sheng Keyi a écrit son livre dans un état quasi extatique, comme un cheval fou, dit-elle, dans la joie de découvrir une

nouvelle liberté, celle d’écrire. Le roman traduit cet enthousiasme, avec une fraîcheur de ton qui a séduit. Cet enthousiasme même traduit cependant une spontanéité qui tient du cri primal, et derrière laquelle affleure une légère inexpérience. Elle dit elle-même en être consciente dans la postface du roman, mais c’est aussi ce qui le lui rend très cher, comme un premier né. La fin est ouvertement influencée par le fameux « réalisme magique » latino-américain qui a "sidéré" la littérature chinoise pendant plus de quinze ans (au sens littéral de méduser), mais elle tient plus de l’univers carnavalesque de Bakhtin que du monde de García Márquez et laisse un vague sentiment de malaise. 

 

Cependant, il est certain que « Filles du Nord » traitait de la condition féminine en Chine comme personne ne l’avait fait auparavant, et le style général annonçait une œuvre qui n’a fait ensuite que s’affiner en se diversifiant.

 

A découvrir : romans et nouvelles

 

Sheng Keyi a quitté Shenzhen en 2001 et vit aujourd’hui à Pékin, dans le quartier de Chaoyang. C’est à son arrivée à Pékin qu’elle a commencé à écrire, en débutant par quelques nouvelles, publiées dès 2002. C’est cependant presque exclusivement pour ses romans qu’elle est connue.

 

Six autres romans

 

« Filles du Nord » (《北妹》)  n’est pas le premier roman qu’elle a écrit. Son premier roman fut en fait ce qui pourrait être traduit par « Emulsion d’eau et de lait » (《水乳》), initialement publié dans le numéro d’automne-hiver 2002 de la revue littéraire Shouhuo (《收获》). Le sujet est représentatif des premiers écrits de Sheng Keyi : c’est l’histoire d’une femme partagée entre sa vie conjugale et une aventure extérieure, mais qui finit par concilier les deux, comme l’indique l’image du titre.

 

La condition féminine, dans ses romans comme dans ses premières nouvelles, passe nécessairement par des dilemmes sentimentaux ; les femmes sont conditionnées et définies par leur sexualité, dans une société machiste et patriarcale où la liberté sexuelle apparaît comme la précondition de la liberté tout court. C’est sans doute le

 

Emulsion de lait et d’eau

reflet de son expérience personnelle, traduite en termes durs, dans un style froid et acéré.

 

Demaotang

 

Ecrit dans le calme du village de Demaotang (道德颂), au pied des monts Huangshan, qui a déjà  inspiré son quatrième roman, publié en 2007, son sixième roman, « Death Fugue » (《死亡赋格》), paru en 2013, apparaît comme  une tentative d’élargir sa thématique narrative (3). Il s’agit d’une sorte de fable allégorique sur une quête illusoire de la liberté.

 

Le personnage principal est un poète, plus rêveur que radical. Au cours d’une manifestation, il rencontre une physicienne dont il tombe amoureux. Alors que le mouvement de protestation se développe, celle-ci en prend ensuite la tête et disparaît quand l’armée  intervient pour rétablir l’ordre, dans un bain de sang. Le poète perd ses idéaux et devient médecin, mais, tourmenté par le passé, finit par partir à la recherche de son amie.

 

Emporté par un cyclone, il se retrouve dans une vallée perdue où il découvre une brillante civilisation qui semble lui promettre liberté, ordre et beauté, et même l’amour, sous les traits d’une autre femme. Mais ce ne sont qu’apparences : il s’agit en fait d’une dictature pratiquant les mariages arrangés par ordinateur, la sélection génétique, l’élimination des bébés non conformes et des vieillards. Le poète fait plusieurs vaines tentatives de fuite avant de faire une découverte sidérante qui clôt le roman…

 

Sheng Keyi a affirmé qu’elle est plus influencée par ses lectures que par ses expériences personnelles. On sent ici l’influence directe des romans allégoriques de Georges Orwell et du monde absurde de Cortazar, de même qu’une analogie avec « La Source des pêchers en fleur » (《桃花源记》) de Tao Yuanming (陶淵明).

 

Death Fugue

 

Barbaric Growth

 

« Death Fugue » a été traduit en anglais, et la traduction publiée en septembre 2014. En revanche, le sujet a fait peur aux éditeurs chinois, y compris Penguin. Le roman est une claire dénonciation des événements de Tian’anmen, en juin 1989. Sheng Keyi n’en a longtemps connu que la version officielle, vue sur le petit écran de télévision, chez elle, au village. C’est un ami qui les avait vécus qui lui en a donné une autre version, quand elle était à Shenzhen. Elle s’était alors juré d’en témoigner (4). Le livre n’est paru qu’à Hong Kong et à Taiwan.

 

En janvier 2015, elle a publié un septième roman, « Barbaric Growth » (《野蛮生长》), découpé en chapitres très courts, dans une écriture beaucoup plus concise. Il est en outre illustré de ses propres dessins et poèmes.

 

Ces romans, cependant, ne doivent pas faire négliger les 

nouvelles de Sheng Keyi. Elle apparaît plus percutante dans la forme courte, ce qui tient peut-être tout simplement à la manière dont elle écrit : elle dit s’astreindre à écrire un minimum de 1 500 caractères tous les matins quand elle écrit un roman, alors qu’elle ne s’impose pas la même contrainte quand elle écrit des nouvelles – et des nouvelles courtes plus volontiers que des nouvelles "moyennes" : elle prend alors la plume en toute liberté, poussée par l’inspiration.

 

De nombreuses nouvelles

 

Les premiers écrits publiés par Sheng Keyi furent des nouvelles, en 2002. On suit ensuite l’évolution de sa thématique et de son style d’un recueil à l’autre.

 

1.       Sujets urbains

 

Il semble y avoir un tournant dans son œuvre en 2008, c’est-à-dire après le début de ses retraites à Demaotang. Comme noté plus haut, son style était au départ acéré et sans aménité, un peu dans le genre des nouvelles de Carver ou celles de Salinger, auquel elle voue d’ailleurs une grande admiration. Un style ciselé au scalpel, comme celui triturant les chairs pour éradiquer une tumeur dans sa nouvelle « Opération » (《手术》) .

 

Le recueil de 2006, « Mesures prises pour se réchauffer » (《取暖运动》), est encore une série de cinq « histoires d’amour peu ordinaires », qui est son thème de prédilection depuis ses débuts. Peu à peu, cependant,  les nouvelles changent de ton : elles ne sont plus aussi sombres et acerbes, les thèmes se diversifient, les narrations étant désormais bâties autour d’un élément de mystère qui n’est dévoilé qu’à la fin. Peu à peu, Sheng Keyi réussit à joindre l’intérêt narratif à la qualité stylistique.

 

Mesures pour se réchauffer

 

Un monde inexpérimenté

 

La nouvelle « Un monde inexpérimenté » (《缺乏经验的世界》), publiée en 2008, reste peu probante. Sheng Keyi y dépeint une romancière d’âge mûr soudain attirée par un jeune garçon qui se trouve être son voisin dans un train ; le style descriptif  tente de décrire sa psychologie, mais reste vaguement superficiel : la femme est réduite à sa qualité d’écrivain et à son attirance pour son voisin épisodique, l’une venant relayer l’autre, comme si une femme ne pouvait être décrite en profondeur que par ses pulsions physiques. C’est l’une des caractéristiques courantes des femmes de Sheng Keyi.

 

La nouvelle qui marque la transition a en fait été publiée début 2010 dans la revue littéraire Shouhuo (《收获》) et c’est aujourd’hui l’une des plus célèbres de l’auteur : « Les prairies blanches » (《白草地》). Sheng Keyi y relate l’histoire d’un homme, vendeur dans un grand magasin de

produits de luxe américains, qui a une double relation extra-conjugale, avec Maya (玛雅) et Duoli (多丽) qui a subi l’ablation d’un sein à la suite d’un cancer – thème que l’on trouvait déjà dans « Opération ». Malgré tout, sa femme prend soin de lui. Au moins en apparence, car la fin de la nouvelle révèle un plan démoniaque.

 

Sheng Keyi a délaissé le scalpel, ou du moins l’a enrobé d’humour et d’une certaine chaleur humaine qui est la marque de ses nouvelles récentes.

 

2.       Sujets ruraux

 

Ses nouvelles les plus connues – comme celles citées ci-dessus - ont des sujets urbains, mais il ne faudrait pas négliger pour autant celles qui ont la campagne pour thème. C’est dans ces récits que se révèle une Sheng Keyi plus humaine, plus profonde, sensible à la nature et surtout à celle qu’elle a connue enfant, dans son Lanxi natal. On y

 

 

Le livre de Keyi

 

ressent la beauté des paysages, du fleuve et de la végétation alentour.

 

Au moment des adieux

 

C’est le cas des nouvelles « Le saule jaune pâle » (《淡黄柳》), « L’incident du pont de la rivière Lanxi » (《兰溪河桥的一次事件》) ou « Le nid dans le jujubier amer » (《苦枣树上的巢》 (5), toutes incluses dans le recueil « Le livre de Keyi » (《可以书》), publié en avril 2011.

 

C’est aussi le sentiment que dégage l’une de ses dernières nouvelles, datée de mai 2012 : « Le dit du pêcheur » (捕鱼者说). Elle est écrite à la première personne, par une enfant de six ans, et l’on y devine en arrière-plan la jeune Sheng Keyi et la rivière Lanxi avec son petit peuple de pêcheurs. 

 

Loin des influences littéraires et bien plus que ses romans, c’est dans ces récits originaux que l’on perçoit la voix personnelle et chaleureuse d’une Sheng Keyi en pleine maturité, dix ans après ses premiers pas d’écrivains. 

 

3.       Sujets sur la condition féminine

 

Vers le milieu des années 2010, elle s’est orientée vers des sujets traitant plus particulièrement de la condition de la femme, de sa place dans la société chinoise moderne, des droits qu’elle y a, ou continue de ne pas y avoir.

 

2015 : Nouvelle courte

 

L’une de ses meilleures nouvelles, dans ce cadre, est celle, publiée dans Shouhuo début janvier 2015, qui figure dans plusieurs sélections de nouvelles de l’année, dont celle éditée par Lin Ting (2015年短篇小说选萃-林霆-主编) : Xiao shengming ou « Une infime existence » (《小生命》).

 

L’histoire est celle d’une jeune fille de seize ans qui rentre soudain chez elle enceinte de sept mois. Emoi dans la famille, qui convoque celle de l’impétrant qui clame son amour, tandis que la jeune fille, elle, reste silencieuse. Suit un huis-clos pesant entre le père du garçon, venu avec sa compagne avec laquelle il n’est pas marié, ce qui ne rend pas les négociations faciles. La famille du garçon rejette l’idée du mariage, mais on se rend compte peu à peu que c’est tout simplement parce qu’ils n’ont pas les moyens de le financer, et encore moins de participer à l’achat d’un logement pour le couple.

 

Shouhuo (Harvest), janvier 2005 (n° 1)

avec 《小生命》

 

Tout se termine d’une manière assez inattendue, mais qui trahit les pensées profondes de l’auteur. La nouvelle n’est pas un manifeste féministe, mais une étude satirique de la société chinoise actuelle, et des rouages psychologiques tout autant que des conditions matérielles qui font que la situation des femmes n’évolue guère.

 

Comme toujours chez Sheng Keyi, le style détermine le ton, avec des descriptions vivantes et originales ; les personnages n’ont pas de nom ni de prénom, ils sont désignés par des termes généraux qui les typifient et les transforment en symboles : le jeune garçon est « ce jeune » (“那小子”) ; le récit est conté à la première personne par la sœur de la « grande sœur » (姐姐) qui est enceinte, et chacun des parents est désigné par son statut parental.

 

2016 : Nouvelle moyenne

 

Un an plus tard, Sheng Keyi termine une nouvelle moyenne,

 

Le Paradis sur terre

qui est publiée dans le numéro de mars 2016 de Shouhuo ; c’est une autre satire de la société vue à travers le prisme féminin : « Le Paradis sur terre » (福地).  

 

Notes

(1) Titre original : 《从一条卑微的河流说起》

Article publié sur son blog : http://blog.sina.com.cn/s/blog_670c01470100vqpw.html

(2) Voir la présentation du roman par Eric Abrahamsen pour sa traduction en anglais :

http://paper-republic.org/ericabrahamsen/northern-girls-extract/

Un extrait de la traduction : http://media.paper-republic.org/files/samples/northern.pdf

Une interview en anglais de l’auteur sur son roman :

http://www.danwei.com/northern-girls-interview-with-author-sheng-keyi/

(3) Le terme  赋格曲 fùgéqǔ  désigne une fugue en théorie musicale. « Death Fugue » est une référence au poème éponyme du poète roumain Paul Celan, datant de 1948 dans sa version originale en allemand, qui est construit selon des règles de répétition analogues à celles d’une fugue musicale. Enigmatique, le poème évoque la « Todesmusik », ou musique de mort, que les prisonniers des camps de concentration devaient jouer pour leurs camarades qui allaient être gazés.

(4) Voir l’excellent article du New York Times sur le roman et ses problèmes de publication :

http://www.nytimes.com/2014/10/11/world/asia/sheng-keyi-death-fugue-tiananmen-chinese-writer.html

(5) Fructus toosenden ; un arbre utilisé pour ses propriétés médicinales.

 


  

Principales œuvres publiées

 

Romans

 

《水乳》────《收获》2002年秋冬卷──2003年春风文艺出版社)

         Emulsion d’eau et de lait, 1ère publication : Shouhuo, automne/hiver 2002

《北妹》──《钟山》2003年春夏卷──2004年长江文艺出版社)

         Filles du Nord, 1ère publication : Zhonshan, printemps/été 2003

《无爱一身轻》──《收获》2006年秋冬卷──2006年作家出版社)

         Soulagé d’être sans amour * : 1ère publication : Shouhuo, automne/hiver 2006

《道德颂》《收获》2007年第1──2007年上海文艺出版社)

         Ode à la vertu : 1ère publication : Shouhuo, janvier 2007

《时间少女》───20121月湖南文艺出版社)

         Une jeune fille, comme le temps**, janvier 2012

《死亡赋格》───20132月台湾印刻出版社

          Fugue de mort, publié à Taiwan, février 2013

《野蛮生长》───20151北京十月文艺出版

          Barbaric Growth, publié à Pékin, janvier 2015.

  

Nouvelle moyenne

 

Octobre 2016 Le Paradis sur terre » 福地

 

Recueils de nouvelles

 

2002      短篇小说《Turn On》───Nouvelle publiée

            dans “Shouhuo”《收获》

2002     短篇小说集《谁侵占了我》───时代文艺出版社

            Recueil de nouvelles courtes : “Qui m’a conquise ?”

2006      中篇小说集《取暖运动》───春风文艺出版社

             Recueil de cinq nouvelles "moyennes" :

             « Mesures pour se réchauffer »

Avril 2011 短篇小说集《可以书》───吉林出版集团

              Recueil de nouvelles courtes : « Le livre de

              Keyi » (ou : Le livre des possibles)

Octobre 2011短篇小说集《缺乏经验的世界》────海天出版社

              Recueil de nouvelles courtes : « Un monde inexpérimenté »

Juin 2011 中篇小说集《在告别式上》────21世纪出版社

              Recueil denouvelles "moyennes" : « Au moment des adieux »

Décembre 2012 十年精选《留一个房间给你用》──北京燕山出版社 Recueil des meilleures nouvelles de

              la décennie :« Il reste une pièce pour toi »

 

* jeu de mots sur le chengyu 无官一身轻 wúguān yìshēnqīng : se sentir soulagé de ne plus avoir de poste officiel.

** une fille, c’est comme le temps : une fois sa chasteté envolée, elle ne revient pas.

                    

Traductions en anglais :

 

Northern Girls, traduit du chinois par Shelly Bryant, Penguin China/Australia, mai 2012.

Death Fugue, traduit du chinois par Shelly Bryant, Giramondo Publishing, septembre 2014.

   

Traductions en français 

 

« Le Dit du pêcheur » (《捕鱼者说》), nouvelle traduite par Brigitte Duzan/Zhang Xiaoqiu,

Publiée dans Books magazine, n° 49 décembre 2013.

http://www.books.fr/litterature-et-arts/paroles-de-pecheur/

 

« A l’article de la mort » (《弥留之际》), nouvelle traduite par Brigitte Duzan/Zhang Xiaoqiu

Dans l’anthologie : Les rubans du cerf-volant, Gallimard/ Bleu de Chine, mars 2014, pp 163-181.

 

« Le sieur de l’encens » (《香烛先生》), nouvelle traduite par Brigitte Duzan/Zhang Xiaoqiu

Publiée dans Promesses littéraires, Editions en langues étrangères, Pékin 2014, p. 52-67.

 

« Un prétexte au laisser-aller » (放纵的藉口) texte traduit par Sylvie Gentil.

(A paraître dans un nouveau Bouquins sur la culture chinoise, en 2018)

 


 

Sheng Keyi est également peintre et poète.

L’une de ses peintures récentes est une vision du conteur, celui qui se déplaçait autrefois dans les villages, se plaçait sous un arbre, entouré des villageois accourus avec leur tabouret pour l’écouter, et racontait ses histoires en s’accompagnant souvent, comme ici, au pipa (ou autre instrument de musique). On imagine la petite Keyi comme l’enfant en rouge au centre.
    

 

 

    
Peintures de Sheng Keyi exposées à Pékin lors de sa première exposition, en janvier 2015 :
http://mp.weixin.qq.com/s?__biz=MzA4NTE1NDIxMA==&mid=203314008&idx=5&sn=b997f5973e27

7a5339ad88672f3f42f9&scene=2&from=timeline&isappinstalled=0#rd

 

Quant à ses poèmes, en voici un récent, publié sur sa page Facebook le 6 août 2013 :
    
有时候                              Parfois
热情是一种恐吓                   la passion est menace
令爱情受惊                         dont l’amour est effrayé
仿佛兔子                            tel un lièvre apeuré
躲进草从                            tapi dans l’herbe haute
寻找失踪的声音                   cherchant trace d’une voix en allée
怀疑                                 doutant
它是否真的                         de sa réalité
曾经光顾耳朵的客厅              dans le salon où jadis les oreilles bruissaient
沙发上留下凹印与体温           le sofa garde en creux un reste de chaleur
在隐匿的警界线上                 à un signal d’alarme caché
你收起了行李和触角              tu as plié antenne et valise
我顿时双目失明                    et m’a un temps laissée dans l’ombre
顿看见你写下的单词              à contempler les mots que tu avais écrits
东方/错误                         orient / erreur
疾速的列车撞上山崖              un train fou a heurté la falaise
事故中无人伤亡                   ni morts ni blessés dans l’accident
只有心的碎裂-----               un cœur déchiré seulement……………
(即日即刻。打字睡觉)        (écrit ce jour cette heure, endormie sitôt fini)
    
(traduction Brigitte Duzan, 9 août 2013)

    


    

A lire en complément :

    

« Paroles de pêcheur »《捕鱼者说》

    

« Le Sieur de l’encens » 《香烛先生》 

 

Sheng Keyi priée d’expurger son roman « Filles du Nord » en vue de sa réédition

 

« Le Paradis sur terre » 福地 (présentation et extraits de traduction)

   

   

 

 

 

 

 

 

     

 

 

 

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