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Jin Yong 金庸

Présentation

par Brigitte Duzan, 09 avril 2014

    

Egalement connu sous le nom de Louis Cha, nom anglicisé à partir de son nom chinois Zha Liangyong (查良镛), Jin Yong est l’un des grands romanciers modernes de wuxia, et certainement l’un des plus connus. C’est aussi celui, avec Gu Long (古龙), dont les œuvres ont donné lieu au plus grand nombre d’adaptations, tant au cinéma qu’à la télévision.   

     

Il n’a pourtant écrit "que" quatorze romans et une nouvelle, écrits entre 1955 et 1972, mais ils sont d’une telle richesse et d’une telle complexité qu’ils sont suscité tout un corpus d’études, analyses, critiques et débats désignés sous le terme générique de Jinologie. Au-delà de cet aspect littéraire, Jin Yong est un phénomène d’édition, soigneusement géré.

     

Du Zhejiang à Hong Kong

    

 

Jin Yong

Jin Yong est né en 1924 dans la petite bourgade de Yuanhua (袁花) du district de Haining, au nord du Zhejiang (浙江海宁).

    

Il était le second de sept enfants d’une grande famille de lettrés, originaire du Jiangxi, qui lui a inculqué très tôt l’amour des lettres. Le jeune Liangyong était – dit-on - un lecteur fervent, mais pas seulement de grands classiques. Certaines de ses biographies rapportent que, à l’âge de huit ans, il tomba par hasard sur un roman de wuxia de Gu Mingdao (明道) intitulé « L’héroïne de Huangjiang » (《荒江女侠》)(1), et qu’il en garda une passion pour ce genre de littérature.

     

Etudes pendant la guerre

      

En mai 1929, il entre à l’école primaire de Yuanhua, puis, en 1936, quitte le nid familial pour entrer au collège à Jiaxing (嘉兴). Mais la région est occupée l’année suivante par les troupes japonaises. Le jeune Liangyong suit son collège qui, pour fuir l’avancée de l’armée nippone, gagne le sud-ouest

 

L’héroïne de Huangjiang

de la province, endéménageant successivement à Yuhang (余杭), Lin’an (临安), Lishui (丽水)…. En 1938, finalement, il entre au lycée de Hangzhou, où avait également étudié son cousin, le poète Xu Zhimo (徐志摩), originaire lui aussi de Haining.

     

En 1939, en troisième année (l’équivalent de la quatrième), il participe à un ouvrage écrit avec quelques  camarades pour donner des conseils aux aspirants collégiens : « Note à l’intention des candidats à l’entrée en sixième » (《给投考初中者》). Le petit fascicule est publié. Il a quinze ans.

     

En 1941, cependant, pour avoir écrit,et placardé sur le journal mural du lycée, un article critiquant le régime nationaliste et le « capitulationnisme » du surveillant général, il est exclu du lycée et transféré à celui de Quzhou (衢州中学), dans le sud-ouest de la province, où il achève ses études secondaires l’année suivante, en 1942.

     

En 1944, il est admis dans le département des affaires étrangères de l’Université centrale de sciences politiques de Chongqing (重庆中央政治大学外交系). Mais il est à nouveau exclu après une violente altercation avec l’un des responsablesde l’université – et représentant du Guomingdang – qu’il accusait d’enrôler des étudiants pour espionner leurs camarades. Il obtient néanmoins un poste temporaire à la bibliothèque, sinécure qui lui permet de lire énormément.

              

Juriste, aspirant diplomate et journaliste

      

Dès la fin de la guerre, en 1945, il revient dans sa province, et décroche un poste de reporter au quotidien Sud-Est (《东南日报》) à Hangzhou. Mais, l’année suivante, il reprend ses études : il entre à la faculté de droit de l’université Dongwu à Shanghai (上海东吴大学法学院), pour étudier le droit international et devenir diplomate. Il obtient son diplôme en 1948.

    

Juedai jiaren

 

Mais, en 1947, il est engagé comme traducteur de dépêches étrangères dans la succursale shanghaïenne du journal hongkongais Ta Kong Pao (上海《大公报》) d’où il est envoyé à la maison mère à Hong Kong en 1948. En 1950, cependant, il part à Pékin où il a obtenu le poste de diplomate dont il rêvait, mais, mécontent de la politique du gouvernement chinois, il revient travailler au Ta Kong Pao à Hong Kong,où il s’installe définitivement.

         

Il commence alors à écrire des scénarios de cinéma, pour le studio de la Grande Muraille (长城电影制片公司), dont celui du film « Juedai Jiaren » ou « La plus belle femme de son temps » (《绝代佳人》) réalisé par Li Pingqian (李萍倩) et sorti en 1953…(2) Il va continuer à écrire des scénarios et des articles de cinéma pour la revue illustrée du studio (《长城画报》) jusqu’en 1958.

     

Mais, en 1952, il entre comme rédacteur adjoint au Xin Wanbao ou New Evening Post (《新晚报》), et là, fait la connaissance de l’écrivain Chen Wentong (陈文统), qui, en 1954, publie son premier roman de wuxia, sous le pseudonyme de Liang Yusheng (梁羽生).

     

C’est le début d’un mouvement de renouvellement du wuxia littéraire à Hong Kong que l’on a appelé xinpai ou "nouvelle école" (新派), dont Jin Yong va vite devenir l’un des chefs de file ; il va, en retour, entraîner une vague de nouveaux films, d’abord dans le cinéma cantonais à partir de la fin des années 1950, puis dans le cinéma en mandarin, sous l’égide de la Shaw Brothers, à partir de 1965.

        

Un phénomène nommé Jin Yong

 

Le jeune Liang Yusheng

  

Etonnamment, ce mouvement littéraire est né de l’intérêt renouvelé pour le wuxia suscité par un événement catalyseur, un combat très médiatisé organisé à Macau le 17 janvier 1954, dont les éditeurs voulurent profiter.

     

Le combat de Macau et ses conséquences

     

Dès le 3 janvier 1954, la presse de Hong Kong publia des annonces tapageuses d’un combat qui devait opposer deux célébrités du monde des arts martiaux : Wu Gongyi (吴公仪) et Chen Kefu (陈克夫). Le premier, âgé à l’époque de 53 ans,  était à la tête de la Société de taijiquan de Jianquan (鉴泉太极拳分社) qu’avait fondéeson père, natif du Hebei arrivé à Hong Kong en 1937. Le second, originaire du Guangdong, était, lui, un expert d’une trentaine d’années de l’école de « la grue blanche » (白鹤派), mais avait aussi une formation en judo et en boxe occidentale.

    

Le combat Wu Gongyi /Chen Kefu de 1953

     

La rencontre fut organisée et médiatisée comme un match de boxe, avec même des paris organisés, mais à des fins caritatives. Le combat fut cependant arrêté avant qu’un vainqueur ait pu être proclamé ; aucun des deux n’ayant perdu la face, la manifestation se termina par des festivités autour d’un grand banquet, témoignant de la noblesse d’esprit du wuxia.

     

L’événement avait d’autant plus de signification qu’il était le premier de ce genre depuis l’interdiction décrétée par le gouvernement nationaliste en Chine et qu’il prenait un sens particulier dans la colonie britannique. Flattant l’ego nationaliste à Hong Kong et Macau, il déclencha un enthousiasme passionné pour l’étude des arts martiaux, mais aussi, et peut-être surtout, pour la littérature de wuxia, l’imaginaire prenant le pas sur la pratique.

                  

C’est dans ce contexte que l’enthousiasme fut habilement créé par la presse en capitalisant sur ses retombées littéraires, soigneusement cultivées ensuite par les éditeurs.

          

La naissance d’un écrivain nommé Jin Yong

            

Parmi les journaux, ce fut le Xin Wanbao qui, deux jours après l’événement, offrit le rapport le plus détaillé du combat, louant l’esprit dans lequel il s’était déroulé et annonçant sans plus attendre la publication en feuilleton, dans le supplément du journal, d’un nouveau roman au titre d’actualité : « Combat du tigre et du dragon dans la capitale » (《龙虎斗京华》), signé Liang Yusheng.

         

Dans la grande tradition chinoise, le premier épisode fut introduit par un poème, en réponse à celui écrit par le maître de Chen Kefu à la veille du combat… La référence était claire. En ce sens, l’émergence de la nouvelle école de littérature dewuxia en 1954 à Hong Kong est un exemple typique du processus de mythification de la réalité qui a présidé à la formation de cette littérature depuis ses origines.

 

Publication du premier roman

de Jin Yong dans le Xin Wan Bao

(The Book and the Sword, 1955)

 

The Return of the Eagle-Shooting Heroes

 

C’est ensuite sous l’égide de son ami Liang Yusheng et à l’initiative du rédacteur en chef Luo Fu (罗孚), que Zha Liangyong se mit lui aussi à écrire un roman de wuxia, prenant pour le signer le nom de plume de Jin Yong (金庸). Ce premier roman, « The Book and the Sword » (书剑恩仇录), eut un immense succès. Il marque les débuts d’un écrivain doté en outre d’un formidable sens des affaires.

               

L’aventure de l’édition

     

Jin Yong ne s’est pas contenté, en effet, de publier les romans de wuxia parmi les plus populaires de son époque, publiés en feuilleton dans différents journaux entre 1955 et 1972.

                     

En 1957, il quitte le Xin Wanbao pour entrer au studio de la

Grande Muraille comme scénariste. Mais il veut capitaliser lui-même sur le succès des romans publiés dans la presse. Alors, en 1959, avec l’un de ses anciens camarades de lycée, Shen Baoxin (沈宝新), il fonde un nouveau journal, le Ming Pao (明报》), dont il devient le rédacteur en chef, écrivant à la fois des éditoriaux et des romans publiés en feuilleton, soit quelque dix mille caractères par jour.     

     

Les révisions et publications

          

Après la publication de son dernier roman, en 1972, il cesse d’écrire pour se consacrer à la révision et à l’édition de son œuvre littéraire. Il a en effet révisé tous ses écrits dans les années 1970, ce qui a donné la « nouvelle édition » (新版) ou édition révisée (修订版), opposée à la « vieille édition » (旧版) qui désigne l’édition originale en feuilleton dans la presse. Dans cette nouvelle version, il a corrigé les défauts lié à une rédaction rapide, pour les besoins du journal. Il a réécrit certains passages, en supprimant des personnages jugés

 

          

Heavenly Sword and Dragon Sabre

superflus, et des éléments mythiques alourdissant inutilement le texte. La première édition complète et définitive est parue en 1979, années également d’une première édition à Taiwan.

               

A Deadly Secret

 

Jin Yong s’est aussi impliqué dans les multiples adaptations qui en furent réalisées, au cinéma, à la télévision et à la radio. En 1993, il annonça sa retraite des affaires en vendant ses parts dans le Ming Pao.

    

Mais il a procédé à une nouvelle révision complète de son œuvre de 1999 à 2006. Les romans ont alors été édités dans l’ordre de leur parution originale. Dans cette nouvelle édition, « nouvelle édition révisée » (新修版) ou « nouvelle nouvelle édition » (新新版),  il a ajouté des notes pour répondre aux critiques concernant l’exactitude de certains détails historiques, et il a changé certains noms de lieux et d’arts martiaux, ou même le caractère de certains personnages. Cette édition révisée est contestée, et certains préfèrent en revenir à l’édition révisée antérieure.

 

En 2004, les Editions de l’éducation du peuple (人民教育出版社), qui publient les manuels scolaires en Chine continentale, ont édité un manuel pour le second cycle des lycées qui comporte un extrait du onzième roman, « Demi-Gods and Semi-Devils » (天龙八部), initiative évidemment très controversée, mais reprise peu de temps après par le ministère de l’éducation de Singapour. La littérature de wuxia a acquis ses lettres de noblesse.    

          

L’homme politique

    

Témoignant d’un engagement politique datant de son

adolescence, Jin Yong a poursuivi à Hong Kong des activités politiques commencées dès la fin des années 1990. Il a été membre du comité de rédaction de la Loi fondamentale de Hong Kong, constitué après la déclaration commune sino-britannique de 1984 annonçant la rétrocession du territoire à la Chine populaire, mais en a démissionné en juin 1989 pour protester contre les événements de Tian’anmen.

    

En 1996, ensuite, il a participé au Comité préparatoire mis sur pied pour superviser la période transitoire menant à la rétrocession, le 1er juillet 1997. 

     

Cet engagement politique n’est pas sans importance dans l’appréciation de l’écrivain et de son œuvre : il montre à quel point le développement de la littérature de wuxia à Hong Kong, à partir du milieu des années 1950, était lié à un

 

Way of the Heroes

 

phénomène de résurgence nationaliste et de quête identitaire complexe dans le contexte de l’immigration, puis de la

préparation à la rétrocession du territoire à la Chine populaire. On en retrouve indirectement les thèmes dans toute l’œuvre de Jin Yong. Et cette caractéristique n’est pas sans rapport avec les récentes initiatives visant à intégrer des extraits de ces romans dans le programme scolaire de Chine continentale, après des années d’interdiction.

    

L’œuvre littéraire

          

L’œuvre de Jin Yong ne comporte que quinze titres, mais chaque livre est d’une extrême complexité, tant par l’intrigue que par le contexte historique qui fait partie de l’histoire elle-même.

     

Quatorze romans et une nouvelle

 

The Smiling, Proud Wanderer

    

Les titres sont donnés dans leur ordre de parution, chacun avec sa traduction anglaise courante, et sa première date de publication en feuilleton dans la presse :

     

1. The Book and the Sword 书剑恩仇录(New Evening Post 1955)

2. The Sword Stained with Royal Blood碧血剑(Hong Kong Commercial Daily 1956)

3. The Legend of the Eagle-Shooting Heroes射雕英雄传(Hong Kong Commercial Daily 1957)  (3)

4. Flying Fox of Snowy Mountain 雪山飞狐(Ming Pao, 1er numéro, 1959)

5. The Return of the Eagle-Shooting Heroes神雕侠侣(Ming Pao 1959)

6. Other Tales of the Flying Fox 飞狐外传 (Ming Pao1960)

7. Swordswoman Riding West on a White Horse 白马啸西风(Ming Pao in 1961)

8. Blade-Dance of the Two Lovers鸳鸯刀(Ming Pao 1961)

9. Heavenly Sword and Dragon Sabre倚天屠龙记(Ming Pao 1961)

10. A Deadly Secret 连城诀(Southeast Asia Weekly 1963)

11. Demi-Gods and Semi-Devils天龙八部(1963)

12. Way of the Heroes侠客行(1965)

13. The Smiling, Proud Wanderer 笑傲江湖(Ming Pao in 1967)

14. The Deer and the Cauldron鹿鼎记 (1969-1972)

+   Sword of the Yue Maiden越女剑(1970) – nouvelle.

                  

Demi-Gods and Semi-Devils

 

Ces romans ne sont pas totalement déconnectés, même s’ils ne forment pas une histoire suivie et peuvent être lus dans n’importe quel ordre.

     

Il est admis que les romans 3, 5 et 9 forment une trilogie, à lire plutôt dans cet ordre. Le roman 11 (Demi-Gods and Semi-Devils) peut être considéré comme le précurseur de cette trilogie. Quant aux deux romans de la série Flying Fox (4 et 6), ils sont également liés, ayant le même personnage principal et des personnages repris du premier roman, The Book and the Sword. Par ailleurs, certains personnages du deuxième roman réapparaissent dans le dernier. La nouvelle est un cas à part (4).

     

Ce qui est caractéristique chez Jin Yong, c’est l’art avec lequel il trame une intrigue sur un fond historique très

documenté, mais en captant l’intérêt du lecteur par les rebondissements d’une ou plusieurs histoires d’amour.

    

Importance du cadre historique

     

Si le cadre historique de certains romans reste imprécis, ils sont pour la plupart situés à une époque spécifique ; ils ont même parfois des personnages historiques comme protagonistes.

     

Les périodes historiques sont très diverses, contrairement à beaucoup de romans de wuxia qui sont souvent situés sous les Ming.

    

6ème siècle av.JC (Printemps & Automnes)  Sword of the Yue Maiden

11ème siècle (Song du Nord)              Demi-Gods and Semi-Devils

13ème siècle (Song du Sud)                Legend / Return of the Eagle-Shooting Heroes

14ème siècle (début des Ming)           Heavenly Sword

16ème siècle (Ming)                    (Way of the Heroes ? Smiling, Proud Wanderer ?)

17ème siècle (fin Ming/début Qing)  Swordswoman / Sword Stained / Deer and Cauldron 

18ème siècle (Qing)                     Book and Sword / Blade Dance / Flying Fox 1/2/Deadly Secret

    

Le cadre historique de l’avant-dernier roman – « The Smiling, Proud Wanderer » - est imprécis, et Jin Yong a expliqué que ce flou est volontaire car le roman est de nature allégorique. Le plus probable est cependant la période Ming, car les sectes des monts Wudang (武当山) et Emei (峨嵋山) ont une place importante dans le roman, et elles ont été créées sous les Yuan ; en outre, les Mandchous ne sont pas mentionnés : le roman se situe bien entre les Yuan et les Qing, mais à une période indéterminée entre les deux.

    

Le même problème se pose pour le roman précédent, « Way of the Heroes ». Là encore on ne peut que noter quelques clés semblant pointer vers la période Ming : la description des coupes de cheveux, et la mention de la mort de Zhang Sanfeng (张三丰), prêtre taoïste légendaire auquel est attribuée la fondation de la secte du Mont Wudang et qui serait mort au début des Ming.

 

The Deer and the Cauldron

    

Pour « A Deadly Secret », le cadre était ambigu dans l’édition originale, et la première édition révisée. Lors de sa seconde révision, Jin Yong a expliqué que l’histoire était inspirée de celle d’un fidèle serviteur de son grand-père, ce qui tendrait à suggérer qu’elle se situe à la fin des Qing ; d’ailleurs les descriptions des coupes de cheveux renvoient bien à celle de rigueur sous les Mandchous.

    

Evolution des thèmes

     

Ce qu’il est intéressant de noter, c’est que beaucoup des romans sont situés dans des périodes pendant lesquelles la Chine était occupée, ou sous la menace des peuples du nord, que ce soit les Khitans, les Jurchens, les Mongols ou les Mandchous. Le thème du nationalisme est donc omniprésent dans l’œuvre de Jin Yong, avec un accent particulier sur la capacité de résistance du peuple Han.

     

Sword of the Yue Maiden

 

Mais cette idée nationaliste a évolué au fil du temps pour y inclure les minorités non-Han actuelles, en exprimant même une profonde admiration pour les valeurs martiales des Mongols et des Mandchous. Ainsi, dès « The Legend of the Eagle-Shooting Heroes » (射雕英雄传), Gengis Khan et ses enfants sont dépeints comme des chefs militaires intelligents et compétents, opposés à des bureaucrates inefficaces, voire corrompus, côté chinois, au service de l’empereur des Song.

     

Les personnages historiques sont souvent mêlés aux personnages de fiction sans qu’il soit toujours facile de discerner la fiction du réel, ce qui atteste aussi de la véracité et de l’authenticité des caractères.

           

Par ailleurs, chaque période est rendue avec précision jusque dans les moindres détails du contexte culturel, les références

de Jing Yong allant de la médecine chinoise traditionnelle à la musique et la calligraphie, en passant par l’histoire de la pensée, et bien sûr celle des arts martiaux, et en particulier des luttes entre écoles rivales. Sous le pinceau de Jin Yong, l’histoire chinoise prend vie.

      

Mais c’est une histoire contée pour rendre compte avec respect et admiration des grandes valeurs traditionnelles chinoises, à commencer par les valeurs confucéennes, avec un accent particulier sur les relations entre maître et disciple au cœur de la tradition du wuxia. Ce qui n’empêche pas Jin Yong, aussi, de mettre en question leur validité dans le monde moderne – comme c’est le cas, par exemple, dans « The Return of the Eagle-Shooting Heroes », où il met en doute le bien-fondé de l’ostracisme infligé à ses deux personnages, l’un tombé amoureux de son maître d’armes, ce qui est contraire aux règles élémentaires et fondamentales du wuxia.

     

Finalement, il crée même un anti-héros comme personnage principal au centre de son dernier roman : ce Wei Xiaobao, enfant bâtard d’une prostituée, paresseux et filou, qui ne possède aucune des valeurs ni aucun du savoir traditionnellement associés à un héros de wuxia. Le dernier roman de Jin Yong apparaît ainsi comme une satire désopilante du reste de son œuvre.

     

Deux exemples …

     

On ne peut pas rendre la richesse du contenu de chaque roman en une synthèse rapide. On ne peut que prendre des exemples, parmi ceux les plus connus.

    

1. The Book and the Sword (书剑恩仇录), publié en vingt épisodes dans le New Evening Post entre le 8 février 1955 et le 5 septembre 1956.

     

L’histoire se situe pendant le règne de l’empereur Qianlong (乾隆) qui apparaît lui-même dans le récit. Elle raconte les efforts déployés par une société secrète, la Société des Fleurs rouges (红花会), pour renverser la dynastie des Qing, s’alliant pour ce faire avec une tribu islamiste du nord-ouest de la Chine.

     

Le livre dont il est question dans le titre est un Coran qui a été volé à cette tribu, et l’épée une épée qui a été offerte au protagoniste Chen Jialuo (陈家洛) par son premier amour, une jeune fille de cette tribu, Huo Qingtong (霍青桐). Plusieurs personnages historiques sont évoqués, aux côtés de l’empereur, et l’un des personnages importants dans

 

The Book and the Sword

l’histoire est la princesse Kasili, sœur de Huoqingtong, calquée sur une célèbre concubine de l’empereur Qianlong, Xiangfei (香妃).

       

Le nœud de l’intrigue est constitué par la révélation de la véritable identité de Qianlong, non point un Mandchou, mais un Han, et frère aîné de Chen Jialuo…  L’histoire se déroule ensuite entre idéaux, promesses, pactes et trahisons, et sur fond d’amour impossible entre Qianlong et la princesse qui finira par se suicider

     

Adaptations cinématographiques :

     

1960 The Book and the Sword 书剑恩仇录, réal.  Lee Sun-fung, Emei Film Company

En deux parties : 1ère partie mai / 2ème partie juin  (film en cantonais)

1981 The Emperor and his Brother 书剑恩仇录, réal. Chor Yuen (楚原), Shaw Brothers Studio,

avec Ti Lung 狄龙 dans le rôle de Chen Jialuo   (film en mandarin)

1986 The Romance of the Book and Sword书剑恩仇录, réal. Ann Hui (许鞍华), suivi de :

1987 Princess Fragrance香香公主(films en mandarin)

    

Par leur structure, leur style et leurs thèmes, ce premier roman et le second annoncent et préfigurent le troisième « The Legend of the Eagle-Shooting Heroes », tandis que le quatrième, « Flying Fox of Snowy Mountain », représente une innovation dans la forme narrative qui n’aura cependant pas de suite.

    

2. The Legend of the Eagle-Shooting Heroes (射雕英雄传), en 40 chapitres ayant chacun un titre de quatre caractères, est sans aucun doute l’un plus populaires des romans de Jin Yong, l’un des plus complexes, aussi, et celui qui dégage le sentiment patriotique le plus fort. C’est aussi l’un des meilleurs exemples de la manière dont Jin Yong mêle à une trame historique de base diversthèmes typiques de la littérature de wuxia, liés à la pensée taoïste, mais aussi des histoires d’amour qui font partie de l’imaginaire développé autour de cette littérature.

     

a)       Trame historique

     

L’histoire se situe sous la dynastie des Song du Sud, après l’invasion de la Chine septentrionale par les « barbares du nord ». La première partie du roman dépeint l’amitié entre deux hommes, Yang Tiexin (楊铁心) et Guo Xiaotian (郭啸天),

 

Legend of the Eagle-Shooting Heroes

en lutte contre les envahisseurs (5). Ils se jurent que leurs enfants seront frères ou sœurs jurés s’ils sont de même sexe, ou époux et femme s’ils sont de sexe différent.          

    

Ils ont deux fils, et le reste de l’histoire décrit les tribulations de ces deux enfants après la mort de l’un des pères et la disparition de l’autre. Le fils de Guo Xiaotian, Guo Jing (郭靖), grandit en Mongolie, sous la protection de Genghis Khan, tandis que le fils de Yang Tiexin, Yang Kang (楊康), est élevé comme un prince Jürchen (6). Tous les deux apprennent des arts martiaux différents, chacun selon son caractère propre : Guo Jing honnête, mais lent, Yang Kang habile, mais retors et ambitieux, et tentant par tous les moyens d’acquérir la gloire et la fortune, au prix de la traîtrise (7).

     

Assistée de Guo Jing et sa fiancée Huang Rong (黃蓉), l’armée mongole détruit la dynastie Jürchen des Jin. Mais les Mongols se tournent alors contre les Song, sur quoi Guo Jing repart dans son pays pour aider ses compatriotes à lutter contre l’envahisseur. L’invasion est stoppée par la mort inattendue de Gengis Khan, mais aura fait d’innombrables morts.

     

b)       Thèmes de wuxia

     

1/ Sur cette trame historique, Jin Yong déroule une histoire de wuxia typique, avec des thèmes usuels. C’est celui de la vengeance qui ouvre le récit, avec en complément la lutte entre sectes et pratiques rivales d’arts martiaux. Les deux amis disparus avaient pour ami un prêtre taoïste nommé Qiu Chuji (丘处机), membre de la secte Quan Zhen (全真) et adepte d’un style spécifique d’art martial propre à la secte. Après la disparition des deux pères, les deux épouses ayant été emmenées avec leurs fils l’une en Mongolie, l’autre chez les Jürchen, il se jure de retrouver les deux enfants pour les former en arts martiaux afin qu’ils puissent venger leurs parents.

     

Parti à leur recherche, il rencontre le groupe des Sept excentriques du Jiangnan (江南七怪) qui acceptent de l’aider dans sa quête, mais à une condition : que chacun prenne un enfant comme disciple et que, à l’âge de 18 ans, ils soient confrontés en un combat permettant de montrer la suprématie d’un art, ou d’une technique, sur l’autre.

     

C’est alors que la date du duel approche que Guo Jing rencontre Huang Rong, ce qui permet à Jin Yong d’introduire des thèmes supplémentaires et d’enrichir son récit avec un superbe personnage de nüxia, fille du maître de l’île des Fleurs de Pêchers, Huang Yaoshi (黄药师).

     

Par ailleurs, Yang Tiexin n’est pas mort, mais voyage sous le nom de Mu Yi (穆易), avec sa fille adoptive Mu Nianci (黄药师), autre figure de nüxia venant faire le pendant de celui de Huang Rong. Son père adoptif désirant la donner en mariage à celui qui réussira à la vaincre, Yang Kang y parviendra, mais refusera de l’épouser, ce qui incitera Guo Jing à le provoquer au combat pour venger la jeune femme de cette insulte, première rencontre explosive entre les deux.

     

Qiu Chuji, qui avait pris en charge la formation de Yang Kang, finira par avouer sa défaite, non parce que son protégé est inférieur au combat, mais parce qu’il est traître à sa patrie, et n’a pas les valeurs martiales de Guo Jing : ce qui prime, c’est la noblesse d’âme.

     

2/ Le reste du roman suit Guo Jing et Huang Rong dans leur périple à travers le pays pour aller voir le père de Huang Rong et tenter d’obtenir son accord à leur mariage. Ils rencontrent en chemin le mendiant du nord Hong Qigong (洪七公), membre de la secte des mendiants, qui nous introduit à une autre trame narrative, autour des « cinq grands maîtres » (天下五绝) dont il fait partie, ainsi que le père de Huang Rong qui est, lui, « l’Hérétique de l’Est » (东邪) : cinq éminents personnages symbolisant, selon la théorie taoïste des cinq éléments, les cinq directions, donc la totalité de l’univers, et gravitant autour du Maître du Centre.

     

Celui-ci, Zhong Shentong (中神通), introduit un autre thème très courant dans la littérature de wuxia : le livre sacré contenant un enseignement ésotérique que divers personnages tentent de s’approprier pour acquérir le pouvoir qu’il peut conférer. Zhong Shentong est en effet détenteurd’un livre de ce genre, « Le vrai livre des Neuf Yin » (九阴真经), qu’il a scindé en deux volumes au moment de mourir, en confiant à l’un de ses disciples la mission de les cacher en deux endroits différents.

     

Ce livre, comme toujours, est l’objet de multiples convoitises et source de drames. Ainsi l’épouse de Huang Yaoshi, qui a réussi à en lire le second volume et l’a transcrit une première fois, est morte en coucheen donnant naissance à Huang Rong (黃蓉) pour avoir tenté une seconde fois de le transcrire de mémoire pour son mari après le vol de la première transcription.…

     

3/ L’histoire de Guo Jing et Huang Rong est par ailleurs compliquée par une histoire de rivalité amoureuse tout aussi courante : Huang Rong a été promise en mariage par son père au neveu d’un autre des « cinq grands maîtres », Ouyang Feng (陽锋), dit « le Poison de l’Ouest » (西毒) pour ses dons en toxicologie qu’il utilise pour venir à bout de ses adversaires. Guo Jing doit donc affronter le neveu pour obtenir la main de Huang Rong. Il le défait, révélant ainsi qu’il connaît le « Le vrai livre des Neuf Yin » en entier…

     

Mais ce n’est que le début de ses problèmes, car Ouyang Feng veut alors qu’il lui en transcrive une copie. La fin du roman est une course-poursuite des plus complexes, en mer, avant que Guo Jing et Huang Rong parviennent à s’échapper sur un rafiot de fortune et que Guo Jing, ayant enfin obtenu la main de Huang Rong, puisse repartir se battre contre les Mongols, en héros de la patrie…

     

c)       Thème de l’amour

     

La littérature de wuxia a évolué au fil du temps en incorporant des éléments romantiques sous l’influence d’autres formes de fiction romanesque. Jin Yong reprend cette thématique en faisant de la quête de l’amour un élément moteur de son histoire, intimement lié à la quête du livre.

      

Le « chasseur d’aigle » (射雕) du titre fait référence à un épisode du début du roman dont la double symbolique sous-tend ensuite l’histoire centrale de Guo Jing et Huang Rong : symbole à la fois martial et romantique.

      

Alors que Gengis Khan a offert l’une de ses filles à Guo Jing en témoignage de sa haute estime, celui-ci l’implore de ne pas imposer à la jeune fille un mariage qu’aucun d’entre eux ne désire. Guo Jing et la princesse sont ensuite témoins de l’attaque d’un aigle blanc par des aigles noirs ; la femelle se suicide quand l’aigle blanc est tué, en laissant deux aiglons blancs que Guo Jing et la princesse sauvent et élèvent ensemble. Quand Guo Jing quitte la cour mongole, il reçoit en présent les deux aiglons qui vont devenir les compagnons de route ducouple qu’il va former avec Huang Rong, symbole à la fois de leur héroïsme et de leur amour.

     

Les deux aigles réapparaissent dans le roman suivant où le thème de l’amour qu’ils symbolisent est repris et développé, devenant le fil narratif central du récit.

     

Mais, dans « The Legend of the Eagle-Shooting Heroes », ce thème de l’amour prend une force symbolique profonde, car intimement liée à la quête du livre et la complétant. En effet, Huang Rong est née des efforts réalisés par sa mère pour tenter de retranscrire une nouvelle fois de mémoire le deuxième tome du Livre des Neuf Yin. Elle en est donc en quelque sorte l’émanation.

     

De son côté, en arrivant sur l’île des Fleurs de Pêchers, Guo Jing s’est lié d’amitié avec Zhou Botong (周伯通), héritier du second tome du livre qu’il garde farouchement, mais qu’il apprend à Guo Jing sans lui dire ce que c’est. C’est cette connaissance du livre qui permettra ensuite à Guo Jing de vaincre Ouyang Ke et de gagner Huang Rong. Guo Jingest devenu le livre incarné tandis que Huang Rong en est l’essence féminine : ils forment le couple parfait.

     

Jin Yong parvient ainsi à tisser avec une maîtrise suprême une trame narrative formée des symboles les plus profonds de la culture historique et de la tradition littéraire (élargie) du wuxia, tout en rendant hommage, indirectement, d’ailleurs, à sa tradition orale.

     

Il n’est pas étonnant qu’une histoire aussi riche et aussi complexe ait suscité de nombreuses adaptations, de la plus réaliste, par Chang Cheh, à la plus brillante et la plus personnelle, par Wong Kar-wai….

     

Adaptations cinématographiques :

     

1958-59  Story of the Vulture Conqueror 《射雕英雄传》, réal. Wu Pang (胡鹏), Emei Film Company, en deux parties, 1ère partie 23 octobre 1958 / 2ème partie 3 juin 1959.   En cantonais.

1977-78-81  Trilogie The Brave Archer 1 /2 /3 《射雕英雄传》, réal. Chang Cheh (张彻), Shaw Brothers

Suites non officielles (adaptations plutôt du roman suivant, « the Return ot the Eagle-Shooting heroes ») :

Février 1982  The Brave Archer and his Mate 神雕侠侣réal. Chang Cheh (张彻) (8)

Décembre 1983  Little Dragon Maiden杨过与小龙女réal. Hua Shan (华山), avec Leslie Cheung 

1993  Eagle Shooting Heroes射雕英雄传之东成西就 parodie du roman par Jeffrey Lau  (comédie de fin d’année pour couvrir les dépassements budgétaires du film de Wong Kar-wai et permettre de le terminer)

1994  Les cendres du temps东邪西毒, de Wong Kar-wai (9)

            

3. The Return of the Eagle-Shooting Heroes (《神雕侠侣》)
(en préparation)

       

               

Notes

(1) Roman datant de 1930 et adapté au cinéma en 1950

(2) Sur Li Pingqian et ce film, voir : http://www.chinesemovies.com.fr/cineastes_Li_Pingqian.htm

(3) On trouve également la traduction « The Legend of the Condor Heroes », le caractère diāo du titre étant un terme générique désignant toutes sortes de rapaces, mais c’est une erreur, le condor étant inconnu en Chine.

(4) On peut ajouter, pour la petite histoire, que, en prenant les premiers caractères des quatorze titres des romans, on peut créer deux sentences parallèles de sept caractères chacune, qui donnent cependant un sens un peu forcé :

飞雪连天射白鹿    la neige virevolte dans le ciel, le cerf est abattu
笑书神侠倚碧鸳    en souriant est contée l’histoire fantastique du héros et de l’oiseau bleu

Jin Yong a bien dit qu’il n’avait même pas pensé, au départ, écrire quatorze romans, et que ces deux vers sont l’effet du hasard. Cela ajoute juste à la légende…

(5) Les romans de Jin Yong sont truffés de symboles et de références. A commencer par les noms des personnages. Ainsi, d’abord, Guo Xiaotian (郭啸天) et Yang Tiexin (楊铁心): le premier est présenté comme un descendant de Guo Sheng (郭盛), l’un des 108 héros du classique « Au bord de l’eau » (水浒传) qui est l’une des grandes références en matière de littérature de wuxia et se passe aussi sous la dynastie des Song ; après avoir été amnistié par l’empereur, il va combattre les envahisseurs Liao. Quant au second, Yang Tiexin, il est dépeint comme le descendant d’un général qui a combattu aux côtés de Yue Fei (岳飞), le valeureux général des Song du Sud qui a tenté de mener campagne pour repousser les Jürchen et leur reprendre le nord du pays ; exécuté pour cela, devenu héros national, il fut réhabilité… par l’empereur Ningzong (宋宁宗), sous lequel, justement, se passe le début de la narration du roman de Jin Yong. 

(6) Les noms choisis pour les deux enfants sont tout aussi symboliques que ceux de leurs parents. C’est le prêtre taoïste Qiu Chuji qui les a choisis avant leur naissance (alors qu’il revient d’assassiner un ministre de la cour des Song agent des Jürchen) : les deux caractères de chacun des prénoms - Jing () et Kang () – font référence à ce que les historiens ont appelé « l’humiliation de Jingkang » (靖康之耻), ou plus sobrement « l’incident de Jingkang » (靖康事变), du nom de règne de l’empereur Qinzong (宋钦宗), désignant la prise de Kaifeng par les Jürchen et la chute des Song du Nord. Les deux enfants étaient ainsi marqués du signe de l’humiliation nationale, et implicitement chargés de la mission de la venger.

(7) Autre allusion symbolique : les deux enfants reproduisent les qualités et défauts symboliquement attribués aux peuples respectifs où ils ont été élevés, en fonction de leurs rapports avec l’empire chinois. La dynastie Jin des Jürchen est dépeinte comme traître, cruelle et corrompue, alors que les Mongols sont décrits comme des barbares sanguinaires, certes, mais d’une bravoure et d’une grandeur d’âme admirables – jusqu’à ce, ayant vaincu les Jin, ils se retournent contre les Song. Ce qui recoupe les valeurs des xia : les défauts irrémédiables de Yang Kang viennent de l’erreur initiale d’avoir accepté pour père un bandit (任贼做父).

(8) Sur Chang Cheh, voir www.chinesemovies.com.fr/cineastes_Chang_Cheh.htm

(9) Sur les personnages et thèmes du roman « The Legend of the Eagle-Shooting Heroes » repris dans « Les cendres du temps », voir www.chinesemovies.com.fr/films_Wong_Kar_wai_Cendres_du_temps.htm

               


    
Traductions en anglais

     

The Book and the Sword, a Martial Arts Novel by Louis Cha, transl. by Graham Earnshaw, edited by Rachel May et John Minford, Oxford University Press, décembre 2002.

The Deer and the Cauldron, transl. by John Minford*, Oxford University Press, 1998.

(tome 1 février 1998, tome 2 décembre 1998)

Fox Volant of the Snowy Mountain, transl. by Olivia Mok, Chinese University Press, 2ème édition mai 1996.

*traducteur du Rêve dans le Pavillon rouge

     

Traductions en français

La légende du héros chasseur d’aigles, traduit du chinois par Wang Jiann-Yuh, éditions You Feng

(tome 1 : octobre 2004 – tome 2 : octobre 2005)

Le justicier et l’aigle mythique, tome 1, éditions You Feng, décembre 2012.

     


     

Bibliographie

    

Paper Swordsmen : Jin Yong And the Modern Chinese Martial Arts Novel, John Christopher Hamm, University of Hawai‘i Press, 2005
    


    

A lire en complément

     

La nouvelle : Sword of the Yue Maiden越女剑

     

 

 

 

     

    

 

 

 

     

 

 

 

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