Auteurs de a à z

 
 
 
        

 

 

Chan Koonchung 陈冠中

Présentation

par Brigitte Duzan, 31 mai 2014, actualisé 11 avril 2025

 

 

Chan Koonchung

 

 

Né à Shanghai, dans une famille originaire de Ningbo, Chan Koonchung a grandi à Hong Kong, puis est venu vivre à Pékin après un détour par Taiwan. Il est donc difficile à classer selon les nomenclatures ordinaires. Il pourrait être défini comme écrivain « des deux rives et trois territoires » (兩岸三地). Disons tout simplement : écrivain de langue chinoise.

 

On le dit auteur de science-fiction ; il l’est autant que George Orwell écrivant « 1984 ». Disons qu’il est l’auteur d’un roman d’anticipation, ou de politique-fiction, qui, publié à Hong Kong et Taiwan en 2009, et aussitôt traduit en anglais et en français, lui a valu une soudaine célébrité. Celle-ci a été accrue récemment avec la publication d’un nouveau roman qui est une satire féroce de l’évolution de la société et de la mentalité chinoises, vue par un Candide tibétain. Tous les ingrédients étaient réunis pour en faire un succès de librairie. Sauf bien sûr en Chine.

 

Mais on finit par en oublier ce que Chan Koonchung avait fait et écrit auparavant...

 

Citoyen et écrivain de Hong Kong d’abord

 

Chan Koonchung est né en 1952 à Shanghai, mais ses parents ont déménagé à Hong Kong quand il avait quatre ans. C’est donc à Hong Kong qu’il a grandi.

 

Journaliste et éditeur de presse

 

Il a commencé ses études universitaires à l’Université de Hong Kong, puis, après un BA, a continué à l’Université de Boston.

 

De retour à Hong Kong, il débute comme reporter pour un tabloïde local. Puis, en 1976, avec trois autres écrivains, Qiu Shiwen (丘世文), Deng Xiaoyu (邓小宇) et Hu Junyi (胡君毅), il fonde le City Magazine, ou "Numéro spécial" (Haowai号外), qui devient l’un des magazines culturels les plus branchés de Hong Kong.  

 

 

Haowai, une histoire de la culture de Hong Kong

 

 

Puis Chan Koonchung s’intéresse au cinéma ; il passe quelques années à écrire des scénarios et investir dans la production cinématographique. Il joue même en 1991 dans le film « King of Chess » (《棋王》)  adapté de la nouvelle éponyme d’A Cheng, commencé par Yim Ho et terminé par Tsui Hark : c’est lui qui interprète le rôle du professeur Liu Yuebai.

 

Au début des années 1990, il travaille comme éditeur, à Hong Kong, pour la revue littéraire du continent Dushu (读书), puis part à Taiwan en 1994, pour six ans. Il y lance l’une des premières chaînes de télévision par satellite de la République de Chine, super TV, vendue à Sony Entertainment à la fin de la décennie. Chan Koonchung a accumulé une richesse suffisante pour ne pas se préoccuper des ventes de ses livres et se permettre d’écrire des romans bannis sur le continent, dont il alimente lui-même la diffusion piratée sur internet.  

 

Ecrivain de Hong Kong

 

Il commence à écrire en 1978, des réflexions sur Hong Kong, son histoire, sa culture, la politique et la société. Son premier texte publié s’intitule « Un rêve de crème solaire » (太阳膏的梦) ; il est publié en 1986 sur internet, sur le site booyee (博益) ; il témoigne d’une période où la crème solaire était devenue la grande mode à Hong Kong, symbole d’une vie saine, naturelle, au soleil.

 

 

La Chine bohême

 

 

Ce texte court formera la première partie de « La trilogie de Hong Kong » (香港三部曲), publiée en 2004, qui retrace vingt-cinq années d’histoire de la ville. De la vie naturelle en plein air, on est passé à un réquisitoire contre la pollution et les dérives de la croissance urbaine. Chan Koonchung est membre de Greenpeace.

 

 

La trilogie de Hong kong

 

 

En 2005, il revient sur son expérience personnelle, et, en 2007, publie un recueil d’essais sur la culture hongkongaise des années 1970. En 2008, avec « Neuf chapitres sur la ville » (《城市九章》), il livre une série d’essais sur plusieurs métropoles qu’il met en parallèle : Hong Kong, Taipei, Shanghai, Pékin…

 

 

Neuf chapitres sur la ville

 

 

Mais, entre-temps, il s’est installé à Pékin et son observation s’est tournée vers la Chine continentale.

 

La trilogie de Pékin

 

C’est à la fin des années 1990 qu’il a tourné son attention vers la Chine populaire. Il fait partie des élites taïwano-hongkongaises venues investir dans les « industries culturelles » du continent. Il lance une société internet, des magazines et produit des séries télévisées. Il s’installe à Pékin en 2000.

 

Ce sont alors les changements socio-politiques, et surtout l’évolution des mentalités qu’il constate à partir de 2004-2005 qui l’incitent à prendre la plume pour témoigner de ses inquiétudes. Le premier livre qu’il publie sur ce sujet sort en 2009, il marque un tournant dans son écriture.

 

Les Années fastes

 

Ce livre est le roman traduit en français « Les Années fastes » (《盛世》), avec dans le titre chinois une précision : « la Chine en 2013 » (《中国2013年》). C’est en effet un roman d’anticipation, mais de très peu puisque le livre a été écrit en 2008. C’était dans la foulée de la grande mutation qu’a connue la Chine à partir des Jeux olympiques, mais qui s’amorçait déjà depuis plusieurs années.

 

 

Les années fastes

 

 

Ce qui est frappant, c’est que le pouvoir totalitaire et la société euphorique que décrit et analyse Chan Koonchung s’appliquent tout aussi bien à la situation de 2025 qu’à celle de 2013. Son roman est une réflexion sur les mécanismes du pouvoir totalitaire, et tout particulièrement du régime chinois, en s’interrogeant sur ce qui paraît une énigme autant qu’un défi : comment un régime qui a affronté crise sur crise, lancé campagne sur campagne, provoqué catastrophe sur catastrophe, a pu non seulement se perpétuer mais encore réussir à se forger une image de sauveur et de bienfaiteur du peuple, en en recueillant le soutien. C’est faute de mieux, certes, et la discussion inaboutie sur la démocratie à la fin du roman le montre bien, mais on en est d’autant plus sidéré, au sens propre.

 

Dans « La mauvaise herbe » (《野草》), Lu Xun (魯迅), déjà, avait critiqué la tendance nationale à se nourrir de nostalgie collective pour un passé glorifié, et à préférer se réfugier dans ce passé en oubliant l’enfer qu’il avait pu être, « le bon enfer perdu » (失掉的好地狱), plutôt que d’avoir à affronter un présent dont l’enfer est bien réel. Chan Koonchung poursuit la réflexion de Lu Xun en montrant que la nostalgie du passé s’est muée en sentiment euphorique tout aussi fallacieux, car fondé sur un paradis artificiel. 

 

L’histoire de Champa

 

Chan Koonchung a aussitôt récidivé dans la satire sociale corrosive avec son roman suivant, au titre ésotérique : Luoming (《裸命》)[1]. A travers l’histoire et le regard du jeune Tibétain Champa, il dresse un constat sévère des travers inquiétants de la société chinoise actuelle, entre xénophobie et matérialisme triomphant. Nous ne sommes plus dans une politique-fiction de façade, mais dans le réalisme le plus direct.

 

 

Luoming《裸命》

 

 

Chan Koonchung a choisi son sujet en connaissance de cause. Il a commencé à s’intéresser au Tibet en 1992 car il a alors réalisé des recherches pour un film que voulait réaliser Francis Ford Coppola. Depuis lors, il a vu la proportion de Han dans la population de Lhassa augmenter régulièrement, les touristes chinois se multiplier tandis que les touristes occidentaux se faisaient plus rares, faute de visas. A l’origine, il voulait conter l’histoire d’un jeune Tibétain tel que le Nyima qui croise la route de Champa dans son roman. Mais il a finalement opté pour une autre optique : faire jouer à son personnage un rôle d’observateur à la Candide.

 

 

The Second Year of Jianfeng

 

 

Champa est le chauffeur, à Lhassa, d’une femme d’affaires chinoise aisée dont il est également l’amant – ce qui nous vaut d’entrée quelques scènes très chaudes. Il est content de sa vie, Champa, car il pense pouvoir réaliser son rêve : aller vivre à Pékin. Il parle chinois, il est civilisé, ou le croit. Le problème, c’est que sa maîtresse n’a rien à faire de lui, à Pékin, et que, au passage, il perd sa virilité et toute ardeur au lit, devenant un objet inutile et encombrant. Même la fille de sa patronne, de visite à Lhassa, le traite avec mépris.

 

En l’absence des deux femmes, il vole la voiture et part seul pour Pékin, le trajet faisant figure de voyage initiatique qui commence à éroder sa vision éthérée de la Chine, formée auprès des touristes à Lhassa. A Pékin, Champa doit vite déchanter. La première à lui offrir un job est la fille de la patronne,  une bisexuelle qui milite pour le sauvetage des chiens volés pour être vendus comme chair à pâté. Champa transporte un temps des chiens « libérés » jusqu’au centre où ils sont recueillis, mais l’affaire est de courte durée.

 

Il se met en quête d’un travail, pour réaliser que personne ne veut employer un Tibétain comme lui : le seul job qu’il trouve est gardien de prison, mais même pas une prison ordinaire - une de ces prisons illégales où sont détenus les braves paysans victimes de la corruption ambiante et montés à la capitale pour « faire pétition » et tenter d’obtenir justice, aussitôt poursuivis par les sbires des autorités provinciales. Han ou non han : les damnés de la terre en Chine, la face cachée d’une société peu amène envers les trublions dangereux pour l’ « harmonie » nationale.

 

Chan Koonchung force le trait à plaisir. Mais il est indéniable que son constat a du vrai. Le roman n’a été publié qu’à Hong Kong et à Taiwan, mais il a circulé sur internet en Chine, dans une version en caractères simplifiés, et y a suscité des débats animés avant d’être effacé. Il est d’autant plus féroce qu’il ne s’adresse pas seulement aux rapports entre Han et Tibétains, la satire est bien plus profonde : elle aborde le problème de la montée en Chine d’une inquiétante mentalité xénophobe, non seulement à l’égard des étrangers, mais aussi à l’égard des éléments considérés comme allogènes au sein de la population.

 

The Second Year of Jianfeng: An Alternative History of New China 

 

Dans ce troisième volet de la « trilogie de Pékin », Chan Koonchung a imaginé une Chine qui n’aurait pas été communiste, sous forme d’un roman qui construit un monde « alternatif »[2], une uchronie mêlant personnages fictifs et personnages authentiques, en reprenant leurs déclarations réellement prononcées, mais en les replaçant dans un contexte différent. Le modèle est ouvertement Taiwan : c’est l’évolution du système politique et économique taiwanais – et même ce qu’on peut bien appeler les succès d’un système devenu démocratique - qui constitue le critère de base pour imaginer ce qu’aurait pu être la Chine si elle n’avait pas été « libérée » en 1949.

 

Nous sommes le 10 décembre 1979. Soit la Deuxième année de Jianfeng (建丰二年) parce que c’est la seconde année du « règne » de Chiang Ching-kuo, fils de Chiang Kai-chek – Jianfeng était son nom « de courtoisie »[3]. Chan Koonchung implique donc dès le départ une continuité avec le système impérial, il n’y a pas de rupture.

 

La Chine est une alliée des Etats-Unis depuis que les forces nationalistes ont vaincu les communistes à la fin de la guerre civile, en 1949. La capitale chinoise est toujours Nankin, le Dalaï Lama toujours à Lhassa, et Hong Kong toujours colonie britannique. La Chine est répressive, certes, mais prospère car il n’y a eu ni lutte des classes, ni purge de propriétaires fonciers[4], ni collectivisation, ni campagne anti-droitiers, ni Grand Bond en Avant, ni famine, ni Révolution culturelle.

 

 

Chan Koonchung présentant son livre

 

 

Ce que Chan Koonchung a voulu montrer, dans cette histoire uchronique, c’est que, même si tout n’aurait pas été rose si les nationalistes avaient été victorieux et pris le pouvoir, en particulier à cause de leurs tendances dictatoriales et leur corruption endémique, la Chine serait devenue prospère bien plus tôt sans régime communiste ; sa thèse est que les trente années de régime maoïste, avant les réformes de Deng Xiaoping, ont été une dramatique perte de temps, d’énergies et de ressources, un détour historique sans nécessité et d’un énorme coût humain.

 

Le roman est une construction très subtile, qui repose sur un double niveau narratif. Parmi les nombreux personnages réels repris par Chan Koonchung, l’un des plus importants est Zhang Dongsun (ou Chang Tung-sun  张东荪), un philosophe démocrate qui a refusé de prendre parti pour les communistes ou les nationalistes et est mort en prison à Pékin en 1973. Dans le roman, il choisit de s’exiler à Hong Kong, où la liberté relative qui règne dans la colonie britannique lui permet d’écrire un livre intitulé « Toutes les fleurs vont se faner quand je m’épanouirai : que se serait-il passé si les Communistes avaient pris le pouvoir en Chine ». C’est donc le monde réel qui devient la fiction opposée au monde uchronique posé en monde réel.

 

 

Zhang Dongsun (1886-1973)

 

 

Parmi les réussites de la Chine de 1979 imaginée par Chan Koonchung figure … la littérature. Des écrivains comme Zhang Ailing (张爱玲) n’ont pas été poussés à l’exil et ont poursuivi leur œuvre. Comme il n’y a pas eu de Révolution culturelle, Lao She (老舍) ne s’est pas suicidé – ou disons : n’est pas mort dans des circonstances inexpliquées - et il a continué à écrire. Il a terminé son ouvrage « Sous la bannière rouge » (《正红旗下》), en réalité laissé inachevé en 1966 ; il est devenu le premier prix Nobel chinois, dans les années 1960 !

 

Après l’élection récente à la présidence de Taiwan, qui marque l’un des grands succès de cette démocratie, « The Second Year of Jianfeng » fait réfléchir. Il est tentant de se laisser convaincre.

 

2020 : Pékin kilomètre zéro

 

En mai 2020, alors que la vie reprend peu à peu après le pire du confinement, dans le monde entier, on apprend la publication prochaine, début juin, d’un nouveau roman de Chan Koonchung qui pourrait bien être un volet supplémentaire de sa trilogie de Pékin, désormais donc quadrilogie : « Pékin kilomètre zéro » (《北京零公). Il s’agit du point symbolique d’où partent toutes les routes et tous les trains, marqué sur le sol au centre de la capitale, qui renforce donc le symbolisme de Pékin comme centre du pouvoir.

 

 

Pékin kilomètre zéro

(Oxford University Press)
sur la couverture : la marque

du km zéro sur le sol de Pékin

 

 

C’est de là que le narrateur du roman raconte son histoire. Ce narrateur est un jeune étudiant de 14 ans qui a été tué sur la place Tian’anmen le 4 juin 1989. Son crâne a volé en éclat, et il s’est retrouve dans l’au-delà, d’où il tente de reconstituer les huit cents ans d’histoire de Pékin, pour essayer de comprendre.

 

Le roman est en trois parties, présent, passé et histoire secrète, les deux dernières venant en complément de la première. Le jeune narrateur reconstitue l’histoire de la capitale, avec toutes les injustices, cruautés et absurdités qui s’y sont déroulées au cours de ces huit cents ans ; il tient comme un registre de tous les disparus célèbres, morts pour avoir défendu une cause en laquelle ils croyaient, ou exécutés pour avoir refusé de se soumettre :

- Li Dazhao (李大钊), cofondateur du Parti communiste en 1921, participant en 1924 à l’établissement du Front uni entre les Nationalistes et les Communistes, puis arrêté pendant l’Expédition du nord par le seigneur de la guerre Zhang Zuolin (张作霖) et exécuté par pendaison dans le district de Xicheng en avril 1927;

- le réformateur Tan Sitong (谭嗣同), l’un des « six gentilhommes de la réforme des Cent Jours » (戊戌六君子), arrêté au Guildhall de Liuyang (浏阳会馆) le 24 septembre 1898 après avoir refusé de fuir au Japon, et décapité sans procès sur ordre de Cixi le 28 septembre à l’âge de 33 ans, sur la place d’exécution de Caishikou (菜市口刑场), à l’extérieur de la porte Xuanwu (宣武门) ;

- ou encore Wen Tianxiang (文天祥), dernier premier ministre des Song du sud, capturé et emprisonné par Kubilai Khan pour finalement, au bout de trois ans de refus de se rallier à la dynastie des Yuan, être décapité dans le district de Dongcheng en 1283, à l’âge de 46 ans….

 

Tous ces morts planent comme des ombres, ou des fantômes, sur l’histoire de Pékin. Le jeune narrateur leur rend hommage tout en essayant de comprendre où est la vérité historique, si cela a encore un sens. Il passe ses jours et ses nuits à lire et dépiauter les journaux, les manuels d’histoire, la littérature historique, mais finalement se demande quel est le sens de telles recherches puisque de toute façon il ne pourra pas communiquer ce qu’il aura trouvé, à cause de la censure de plus en plus draconienne, mais aussi tout simplement parce que plus personne ne s’intéresse à l’histoire, plus personne ne veut savoir.

 

 

Chan Koonchung présentant son livre

 

 

Malgré tout, Chan Koonchung rejoint le petit groupe d’auteurs chinois qui se préoccupent de revenir à la source pour tenter de retrouver la vérité historique, aussi élusive soit-elle. Il s’agit, dit-il, de rétablir les faits pour sauver l’histoire de l’emprise de l’idéologie. En ce sens, « Pékin kilomètre zéro » vient bien compléter le roman précédent portant le sous-titre wūyǒushǐ  (乌有史 ), histoire inexistante, dont qu’il s’agit, justement, de reconstituer le récit alternatif.

 


 

Principales œuvres publiées  

 

2020 Pékin kilomètre zéro / Zero Point Beijing    《北京零公里》  

2015 The Second Year of Jianfeng: An Alternative History of New China 

           建豐二年: 新中國烏有史/ 建丰二年: 新中国乌有史

2013 Luoming《裸命》ou The Unbearable Dreamworld of Champa the Driver” 

2012  Hong Kong et le concept chinois de Royaume céleste《中国天朝主义与香港》

2009 Les Années fastes / The Fat Years《盛世:中国2013年》 

2010 Il ne s’est rien passé 什么都没有发生 

2008 Neuf chapitres sur la ville《城市九章》

2007 Et après : annales de culture locale事后:本土文化志

2005 Moi, Hongkongais d’aujourd’hui : succès et fiascos我这一代香港人: 成就与失误》

2004   La trilogie de Hong Kong香港三部曲

2003 Liao Weitang, Yan Jun, la bohême chinoise廖伟棠、颜峻. 波希米亚中国

2001  Hong Kong, expérience inachevée香港未完成的实验

2000 Notes d’une ville métisse半唐番城市笔记

1996 L’histoire du président总统的故事

1986 Un rêve de crème solaire太阳膏的梦 (publié sur internet, sur le site booyee 博益)

 


 

Traduction en français

 

Les Années fastes (《盛世》), traduit du chinois par Denis Bénéjam, éditions Grasset, janvier 2012, 415p.

 


 

Traductions en anglais

 

The Fat Years (《盛世》), traduit du chinois par Michael S. Duke, préface de Julia Lovell, Doubleday Books, juillet 2011, 320 p.

The Unbearable Dreamworld of Champa the Driver (《裸命》), traduit du chinois par Nicky Harman, Doubleday, mai 2014, 192 p.


 


[1] Note sur le titre : Le titre est difficile à traduire, mais mérite une tentative d’explication ; en deux caractères, il synthétise de façon subliminale le message du roman par les significations qu’il suggère.

-   luǒ  signifie nu, mais a pris depuis quelques années un sens dérivé suggérant la corruption, comme dans luǒ guān 裸官 qui désigne les fonctionnaires qui transfèrent leur argent à l’étranger et y envoient femmes et enfants, restant donc nus dans la capitale. 

- Quant au second caractère mìng, il désigne la vie, et les deux caractères 裸命 luǒ mìng sont homophones de l’expression cantonaise 攞命, elle-même synonyme de 要命 yào mìng, qui signifie littéralement ‘qui en veut à la vie’, donc dangereux.

Le titre pourrait donc être traduit : Nu et vulnérable (à Pékin).

Merci à Bruce Humes pour cette explication. Son analyse du roman est d’ailleurs tout aussi

intéressante : http://bruce-humes.com/archives/558

[2] Le terme utilisé par Chan Koonchung est wūyǒushǐ  乌有史 : l’histoire non-existante, qui n’a jamais existé. Ce n’est cependant pas un pur fruit de l’imagination car cette reconstruction de l’histoire repose sur un modèle réel.

[3] Il a succédé à son père à la tête du KMT à la mort de celui-ci en 1975, mais n’a été élu président qu’en 1978.

[4] Il y a eu une réforme agraire à Taiwan, mais sans lutte des classes : les propriétaires fonciers sont devenus actionnaires de sociétés d’Etat et ont formé les premiers éléments moteurs du développement industriel.

 

 

     

 

 

 

 

     

 

 

 

© chinese-shortstories.com. Tous droits réservés.