Nicolas Chapuis en 2025 (photo Le nouvel Economiste)
Né en 1957 à
Neuilly-sur-Seine, Nicolas Chapuis a été l’élève du lycée
Condorcet à Paris, puis de la St Paul's School à Concord dans le
New Hampshire, aux États-Unis. Après son baccalauréat, il a
suivi des études de langue et civilisation chinoises et mongoles
à l’INALCO ainsi que d’histoire à l’Université Paris VII.
En 1980, à
Hong Kong, il est recruté localement par l’ambassade de France
en Chine, et il y passe deux ans comme attaché de presse. En
novembre 1982, après avoir passé le concours du Quai d’Orsay (le
concours d’Orient), il entre au ministère des Affaires
étrangères et il est aussitôt envoyé à l’ambassade de Pékin,
comme attaché de presse. Il a ensuite été successivement en
poste à Pékin, Boston et Singapour, à Shanghai comme consul
général, à Londres comme conseiller culturel à l’ambassade et
directeur de l'Institut français du Royaume-Uni. De 2003 à 2005,
il est en poste à l’ambassade de France à Oulan Bator, en
Mongolie.
En 2009-2010,
il est détaché comme préfet des Hautes-Alpes. De retour au Quai
d'Orsay en décembre 2010, il coordonne la mission WikiLeaks à
la direction de la Prospective, puis, le 1er juillet
2011, est nommé directeur des systèmes d'information (DSI). De
2015 à 2017, il est ambassadeur de France au Canada, puis de
2018 à 2022 ambassadeur de l'Union européenne en Chine. Il est à
Pékin pendant toute la crise du coronavirus, et se trouve
impliqué dans la controverse sur les origines du virus, au
moment où les diplomates chinois au sein de l’Organisation
mondiale de la santé (WHO) font rejeter l’idée d’une mission
d’enquête à Wuhan.
Il a fait
valoir ses droits à la retraite en 2022, après quoi il s’est
retiré dans la campagne bourguignonne pour se consacrer à la
traduction des poèmes de Du Fu (杜甫).
Si on
lui demande quel est son poème chinois favori, il répond : « Scène
de printemps » (Chun wang
春望)
[1].
Tout au long
de sa carrière, Nicolas Chapuis n’a cessé de s’intéresser à la
poésie chinoise et à sa traduction, sous l’influence du grand
sinologue américain Stephen Owendont il a suivi les cours pendant son séjour d’un an à
Harvard en 1987.
Essais
- Tristes
automnes :poétique de l'identité dans la Chine ancienne,
éd. You Feng, 2001.
- « Shanghai
et la France : une rencontre », in Shanghai, ouvrage
collectif sous la direction de Nicolas Idier, Robert Laffont,
coll. « Bouquins », 2010.
- Le Jardin du
repos (《憩园》),
de
Ba Jin (巴金),
trad. avec
Roger
Darrobers,
rév. Bai Yuegui et Robert Ruhlmann, Robert Laffont, coll.
« Pavillon/Langues'O », 1979 /2e éd. coll. poche
« Classiques Pavillons », 1984/ 3e éd. coll.
« Bibliothèque Pavillons », 2005 / 4e éd. 2019. *
- Cinq essais
de poétique (《谈艺录》)
de
Qian Zhongshu (钱钟书),
Christian Bourgois, 1987.
Les Belles
Lettres, coll. « Bibliothèque chinoise ».
- I : Poèmes
de jeunesse, 2015
- II : La
guerre civile (755-759).2018
- III : Au
bout du monde (759). 2021
- IV : Chengdu
(760), 2025
- V : Reclus
(761-762),2026
(sur les 15
volumes prévus, pour couvrir les quelque 1500 poèmes, à raison
d’une centaine par volume)
* Note
complémentaire sur « Le Jardin du repos »
[2]
La traduction
par Nicolas Chapuis et
Roger
Darrobersremonte aux années de maîtrise des deux
cotraducteurs qui faisaient là leurs premières armes. Parue dans
sa première édition début 1979, dans la collection éphémère
« Pavillons/Langues O » de Robert Laffont confiée à Robert
Ruhlmann
[3],
elle avait fait l’objet d’une critique élogieuse de Pierre-Jean
Remy (Jean-Pierre Angremy) dans Le Monde, critique qui avait été
reprise dans la 4e de couverture de la deuxième
édition de la traduction, dans la collection « Classiques
Pavillons » de Laffont, en 1984.
Cette édition,
comme celles qui ont suivi, avait supprimé la mention indiquant
que la traduction avait été révisée par Robert Ruhlmann et Mme
Bai Yuegui.
Le
Jardin du repos, trad. N. Chapuis/R. Darrobers,
coll. « Pavillons/Langues O » 1979
Le
Jardin du repos, trad. N. Chapuis/R. Darrobers,
coll. « Classiques Pavillons » 1984
Le
Jardin du repos, trad. N. Chapuis/R. Darrobers,
coll. « Pavillons Poche » juin 2019
Or, le
manuscrit remis à Robert Laffont et accepté par le directeur de
la collection Charles Belmont n’était « pas au point » en
français. Robert Ruhlmann l’a donc soigneusement révisé, avec
l’aide de Bruno Loussouarn (non crédité) et de Mme Bai qui était
son assistante à Langues’O et qui travaillait alors à la
Bibliothèque de l’INALCO, rue de Lille. Le travail de révision
était d’autant plus nécessaire qu’en 1978, aussitôt après avoir
remis leur manuscrit, les deux novices étaient partis chacun de
leur côté, comme étudiants boursiers, Nicolas Chapuis en
Mongolie, à Oulan Bator, et Roger Darrobers en Chine, laissant à
d’autres le soin de la relecture.
À la demande
de Mme Bai Yuegui, Ba Jin a en outre rédigé en mai 1978 une
courte postface qui figure dans les diverses éditions de la
traduction.
Une deuxième
traduction du « Jardin du repos » est ensuite parue chez
Gallimard, par Marie-Josée Lalitte qui avait fait paraître
auparavant – en 1978 – sa traduction de « Nuit glacée » (《寒夜》)
du même auteur chez le même éditeur, dans la collection « Du
monde entier ». Les trois se connaissaient, ayant suivi les
mêmes cours à Jussieu. La traduction du « Jardin du repos » de
Marie-Josée Lalitte a très vite été rééditée en Folio.
Le
Jardin du repos, trad.
M. J. Lalitte,
Gallimard/Folio, 1981
Chez l’un et
l’autre éditeur, le nom de l’auteur est resté inchangé jusqu’à
ce jour : Pa Kin
[4].
[1]
Nicolas Chapuis sur la pensée chinoise… et son poème
favori