Sinologues

 
 
 
     

 

 

Nicolas Chapuis

Diplomate, sinologue et traducteur

Présentation

par Brigitte Duzan, 20 avril 2026

 

 

Nicolas Chapuis en 2025 (photo Le nouvel Economiste)

 

  

Né en 1957 à Neuilly-sur-Seine, Nicolas Chapuis a été l’élève du lycée Condorcet à Paris, puis de la St Paul's School à Concord dans le New Hampshire, aux États-Unis. Après son baccalauréat, il a suivi des études de langue et civilisation chinoises et mongoles à l’INALCO ainsi que d’histoire à l’Université Paris VII.

 

En 1980, à Hong Kong, il est recruté localement par l’ambassade de France en Chine, et il y passe deux ans comme attaché de presse. En novembre 1982, après avoir passé le concours du Quai d’Orsay (le concours d’Orient), il entre au ministère des Affaires étrangères et il est aussitôt envoyé à l’ambassade de Pékin, comme attaché de presse. Il a ensuite été successivement en poste à Pékin, Boston et Singapour, à Shanghai comme consul général, à Londres comme conseiller culturel à l’ambassade et directeur de l'Institut français du Royaume-Uni. De 2003 à 2005, il est en poste à l’ambassade de France à Oulan Bator, en Mongolie.

 

En 2009-2010, il est détaché comme préfet des Hautes-Alpes. De retour au Quai d'Orsay en décembre 2010, il coordonne la mission WikiLeaks à la direction de la Prospective, puis, le 1er juillet 2011, est nommé directeur des systèmes d'information (DSI). De 2015 à 2017, il est ambassadeur de France au Canada, puis de 2018 à 2022 ambassadeur de l'Union européenne en Chine. Il est à Pékin pendant toute la crise du coronavirus, et se trouve impliqué dans la controverse sur les origines du virus, au moment où les diplomates chinois au sein de l’Organisation mondiale de la santé (WHO) font rejeter l’idée d’une mission d’enquête à Wuhan.

 

Il a fait valoir ses droits à la retraite en 2022, après quoi il s’est retiré dans la campagne bourguignonne pour se consacrer à la traduction des poèmes de Du Fu (杜甫). Si on lui demande quel est son poème chinois favori, il répond : « Scène de printemps » (Chun wang 春望) [1].

 

Tout au long de sa carrière, Nicolas Chapuis n’a cessé de s’intéresser à la poésie chinoise et à sa traduction, sous l’influence du grand sinologue américain Stephen Owen dont il a suivi les cours pendant son séjour d’un an à Harvard en 1987.

 


 

Essais

 

- Tristes automnes : poétique de l'identité dans la Chine ancienne, éd. You Feng, 2001.

- « Shanghai et la France : une rencontre », in Shanghai, ouvrage collectif sous la direction de Nicolas Idier, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2010.

- Morale collective et éthique privée dans la poésie chinoise, revue Commentaire, n° 97, 2002/1, pp. 117-126

 


 

Traductions

 

- Le Jardin du repos (《憩园》), de Ba Jin (巴金), trad. avec Roger Darrobers, rév. Bai Yuegui et Robert Ruhlmann, Robert Laffont, coll. « Pavillon/Langues'O », 1979 /2e éd. coll. poche « Classiques Pavillons », 1984/ 3e éd. coll. « Bibliothèque Pavillons », 2005 / 4e éd. 2019. *

- Cinq essais de poétique (《谈艺录》) de Qian Zhongshu (钱钟书), Christian Bourgois, 1987.

- Le Bain (《洗澡》), de Yang Jiang (杨绛), Christian Bourgois, 1992

 

Traduction de l’œuvre poétique de Du Fu (杜甫)

Les Belles Lettres, coll.  « Bibliothèque chinoise ».

- I : Poèmes de jeunesse, 2015

- II : La guerre civile (755-759). 2018

- III : Au bout du monde (759). 2021

- IV : Chengdu (760), 2025

- V : Reclus (761-762), 2026

(sur les 15 volumes prévus, pour couvrir les quelque 1500 poèmes, à raison d’une centaine par volume)

 

* Note complémentaire sur « Le Jardin du repos » [2]

 

La traduction par Nicolas Chapuis et Roger Darrobers remonte aux années de maîtrise des deux cotraducteurs qui faisaient là leurs premières armes. Parue dans sa première édition début 1979, dans la collection éphémère « Pavillons/Langues O » de Robert Laffont confiée à Robert Ruhlmann [3], elle avait fait l’objet d’une critique élogieuse de Pierre-Jean Remy (Jean-Pierre Angremy) dans Le Monde, critique qui avait été reprise dans la 4e de couverture de la deuxième édition de la traduction, dans la collection « Classiques Pavillons » de Laffont, en 1984.

 

Cette édition, comme celles qui ont suivi, avait supprimé la mention indiquant que la traduction avait été révisée par Robert Ruhlmann et Mme Bai Yuegui.

 

 

Le Jardin du repos, trad. N. Chapuis/R. Darrobers,

coll. « Pavillons/Langues O » 1979

 

  

 

Le Jardin du repos, trad. N. Chapuis/R. Darrobers,

coll. « Classiques Pavillons » 1984

 

 

 

Le Jardin du repos, trad. N. Chapuis/R. Darrobers,

coll. « Pavillons Poche » juin 2019

 

 

Or, le manuscrit remis à Robert Laffont et accepté par le directeur de la collection Charles Belmont n’était « pas au point » en français. Robert Ruhlmann l’a donc soigneusement révisé, avec l’aide de Bruno Loussouarn (non crédité) et de Mme Bai qui était son assistante à Langues’O et qui travaillait alors à la Bibliothèque de l’INALCO, rue de Lille.  Le travail de révision était d’autant plus nécessaire qu’en 1978, aussitôt après avoir remis leur manuscrit, les deux novices étaient partis chacun de leur côté, comme étudiants boursiers, Nicolas Chapuis en Mongolie, à Oulan Bator, et Roger Darrobers en Chine, laissant à d’autres le soin de la relecture.

 

À la demande de Mme Bai Yuegui, Ba Jin a en outre rédigé en mai 1978 une courte postface qui figure dans les diverses éditions de la traduction.

 

Une deuxième traduction du « Jardin du repos » est ensuite parue chez Gallimard, par Marie-Josée Lalitte qui avait fait paraître auparavant – en 1978 –  sa traduction de « Nuit glacée » (《寒夜》) du même auteur chez le même éditeur, dans la collection « Du monde entier ». Les trois se connaissaient, ayant suivi les mêmes cours à Jussieu. La traduction du « Jardin du repos » de Marie-Josée Lalitte a très vite été rééditée en Folio.

 

 

Le Jardin du repos, trad. M. J. Lalitte,

Gallimard/Folio, 1981

 

 

Chez l’un et l’autre éditeur, le nom de l’auteur est resté inchangé jusqu’à ce jour : Pa Kin [4].

               


 

[1] Nicolas Chapuis sur la pensée chinoise… et son poème favori 

 

 

 

[2] D’après les souvenirs de Roger Darrobers.

[3] Décédé en mai 1984 dans un terrible accident de voiture.

[4] Et comme les noms chinois défient la nomenclature des libraires, on trouve parfois le livre classé à Kin…

 

 

 

 

 

 

 

 

     

 

 

 

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