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« Ma vie » (《我这一辈子》)
La nouvelle de Lao She
(老舍)
et le film de Shi Hui
(石挥)
par Brigitte Duzan, 16 décembre 2010, révisé 23
février 2012
Il est toujours délicat
de comparer une œuvre littéraire et un film qui en est
l’adaptation. C’est le plus souvent au détriment de l’une ou de
l’autre.
Dans le cas présent,
les deux œuvres ont une telle force, chacune dans leur genre
propre et leur ton particulier, que l’exercice est au contraire
salutaire et enrichissant.
La nouvelle de Lao She
Contexte : le
pendant du « Pousse-pousse »
« Ma vie » est
une nouvelle « de taille moyenne » (中篇小说)
que
Lao She a écrite
en 1937, à l’aube de la guerre de résistance contre le
Japon. C’est l’une des œuvres de ce qui est généralement
présenté comme sa « période d’or » (创作黄金时期)
et partage avec les autres nouvelles de la même période
une atmosphère tragique d’univers plongé dans le chaos,
où les individus peinent à survivre, et qui n’est autre
que le reflet du temps. On connaît surtout « Le pousse-pousse » (《骆驼祥子》),
« Ma vie » est l’autre volet de ce que l’on peut
considérer comme un diptyque ; elle le précède et l’annonce.
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Lao She |
Les deux nouvelles,
dont on a dit qu’elles étaient le premier sommet dans le
parcours littéraire de
Lao
She (老舍文学道路上“第一高峰”),
sont le récit des vicissitudes subies tout au long de leur
existence par
deux personnages issus des couches les plus humbles de la
société pékinoise au derniers jours de
« Le pousse pousse » et « Ma vie »
(《骆驼祥子》, 《我这一辈子》) |
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l’empire, et
de leur lente descente aux abîmes. C’est un témoignage
autant qu’un réquisitoire.
C’est en effet
le reflet de l’expérience personnelle de
Lao She, ses
souvenirs d’enfant pauvre, élevé au prix de sacrifices
quotidiens par sa mère, son père ayant été tué en 1901.
Les miséreux de ses nouvelles, ce sont ceux qu’il a
côtoyés, ceux des cours voisines, dans le hutong
de la capitale où ils habitaient ; ils forment un monde
foisonnant et coloré de petits artisans, commerçants,
tireurs de pousse, prostituées et policiers, plus vrais
que nature : un monde misérable, mais riche de chaleur
humaine et de culture ancestrale.
« Ma vie » se
distingue cependant par son ton satirique et mordant où
à tout moment percent l’ironie et l’humour face aux
situations les plus injustes, et ce jusqu’à la dernière
ligne. |
Construction : le
récit linéaire d’une mort annoncée
Le récit, linéaire, est à la
première personne : un vieux policier (Lao She utilise le terme
ancien de 巡警 xúnjǐng, leur rôle principal étant de
patrouiller les rues) se remémore sa vie, de l’adolescence à la
soixantaine passée, en seize épisodes comme autant d’étapes au
long d’une marche vers une misère croissante, physique et
morale.
Les deux premiers ont un
ton serein : il relate son adolescence et ses premiers
pas d’apprenti artisan ;
il avait un peu appris à lire, aurait pu entrer
dans l’administration, mais son métier de colleur de
papier lui valut finalement une place honorable dans la
société, et la considération de ses proches. Cela nous
vaut un superbe développement sur les us et coutumes du
métier, une tranche de vie au début du siècle.
C’était, il est vrai, une époque de grands changements,
qui ne laissa guère subsister beaucoup de ces petits
métiers. Mais, dans son cas, le changement fut brutal et
inattendu : |
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Le personnage principal de la nouvelle et
du film |
象逛庙会忽然遇上雨似的,年头一变,大家就得往四散里跑。
Le changement fut
brutal, on eût dit une foire soudain interrompue par la pluie,
forçant la foule à fuir en courant dans toutes les directions.
Et déjà est annoncée,
comme un pressentiment, non point tant la déchéance progressive,
comme dans « Le pousse pousse », que le lent pourrissement qui
va mener inexorablement ce « je » symbolique dans son anonymat à
une fin misérable :
在我这一辈子里,我仿佛是走着下坡路,收不住脚。心里越盼着天下太平,身子越往下出溜。
Tout au long de mon
existence, j’ai eu constamment l’impression de descendre un
chemin en pente, sans jamais pouvoir m’arrêter. Plus j’aspirais
à la paix, plus je me sentais m’enfoncer.
Le premier désastre
dans son existence est affectif : sa femme, qu’il avait épousée
à vingt ans et qu’il adorait, s’enfuit avec un de ses compagnons
d’apprentissage, un rustre mal dégrossi. Elle le laisse avec
deux enfants, mais un vide au cœur. C’est désormais ce vide
intérieur qui va guider sa vie et son regard sur le monde,
ironique et désabusé.
我原是个活泼的人,好吧,我要打算活下去,就得别丢了我的活泼劲儿。
J’étais par nature
un homme plein d’entrain, alors soit, je décidai de continuer et
de ne pas me laisser abattre.
现在,我已快饿死了,我还是笑着,连我自己也说不清这是真的还是假的笑,反正我笑,多喒死了多嗜我并上嘴。从那件事发生了以后,直到如今,我始终还是个有用的人,热心的人,可是我心中有了个空儿。这个空儿是那件不幸的事给我留下的,象墙上中了枪弹,老有个小窟窿似的。
Maintenant, alors
même que je suis sur le point de mourir de faim, je ris encore,
sans bien savoir si ce rire est faux ou non, je ris de toute
façon, et continuerai jusqu’à ce que la
mort m’emporte. Après cet
accident dans ma vie, et jusqu’à maintenant, j’ai toujours été
quelqu’un de serviable, de chaleureux, mais, au fond de moi, il
est resté un vide. Comme si cet événement malheureux avait
laissé un petit trou en moi, tel celui laissé par une balle dans
un mur.
Dès lors, sa vie n’est
plus qu’une lutte banale pour survivre : il entre dans la police
parce qu’il
n’a guère d’autre solution (巡警和洋车是大城里头给苦人们安好的两条火车道 :
pour les miséreux
des grandes villes, la police et le pousse
sont les deux voies les plus sures), assiste impuissant à un
soulèvement de soldats qui mettent un quartier à feu et à sang,
et à la répression aveugle qui suit,
par les mêmes soldats que
les pillards précédents, étrange comédie, dit-il. L’histoire vue
partiellement
au ras du sol a un aspect absurde, et l’avènement
de la République est un non événement à ses yeux, on prend les
mêmes et on recommence : il se retrouve planton devant la
résidence de l’un des riches mandarins de l’heure et le suivra
dans ses hauts et ses bas, démis un jour, promu le lendemain,
jusqu’à ce qu’il soit licencié, pour port non réglementaire de
la moustache, dernière absurdité.
Son fils étant mort
entre temps, il se retrouve avec la charge de son fils et de son
épouse, à trimer sans fin de petit boulot en petit boulot, sa
vie, en fait, ayant suivi un cours cyclique, et revenant au
dénuement total de ses débuts. Mais, si la nouvelle serre le
cœur, ce n’est pas tellement par le caractère désespéré du
destin qu’elle dépeint, mais par le ton satirique avec lequel
elle le fait.
Le ton : ironique et
mordant
Le « je » qui raconte
« Ma vie » ressemble tellement à « l’Homme qui rit » de Victor
Hugo que l’on peut se demander s’il ne l’a pas quelque peu
inspiré :
« Je représente
l'humanité telle que ses maîtres l'ont faite. L'homme est un
mutilé.
Ce qu'on m'a fait, on l'a
fait au genre humain. On lui a déformé le droit, la justice, la
vérité, la raison, l'intelligence,
comme à moi les yeux, les narines et les oreilles; comme
à moi,
on lui a mis au cœur un cloaque de colère et de douleur, et sur
la face un masque
de contentement. »
Le ton de Lao She,
cependant, est différent : c’est un ton d’ironie amère, de
satire acerbe de la
société à bout de souffle qui est celle des
années 1920-30 en Chine. Et cette description
pleine d’humour du
milieu pourri de la police, avec toute sa charge emblématique,
porte d’autant
plus qu’elle a des accents très modernes. Le
pauvre « je » choisit la police, à défaut d’un poste
dans
l’administration, pour se redonner « de la face », mais se rend
vite compte que ce n’est pas ce
qui lui rendra la considération qu’il a perdue.
Policier, c’est un cran
au-dessus de tireur de pousse pour celui qui n’a que peu
d’éducation, mais cela ne permet de gagner qu’un salaire de
misère, six yuans par mois, juste de quoi survivre. De ce point
de vue là, il eût mieux valu être soldat :
当兵比当巡警有起色,即使熬不上军官,至少能有抢劫些东西的机会。可是,我不能去当兵,我家中还有俩没娘的小孩呀。当兵要野,当巡警要文明;换句话说,当兵有发邪财的机会,当巡警是穷而文明一辈子;穷得要命,文明得稀松!
Il eût mieux valu
être soldat que policier : à défaut de gagner des galons, on
peut au moins profiter des pillages. Mais je ne pouvais pas
entrer dans l’armée à cause de mes deux enfants, sans mère, à la
maison. En outre, les soldats sont des brutes, les policiers
sont plus civilisés ; en d’autres termes, les soldats ont tout
loisir de s’en mettre plein les poches, tandis que les policiers
restent pauvres mais civilisés toute leur vie ; terriblement
pauvres et marginalement civilisés.
L’ironie ici joue sur
ce terme de
文明
wénmíng,
la civilisation, qui
est, depuis l’aube de la nuit des temps, le propre et la force
des Chinois face aux sauvages, ou barbares (野yě),
des
frontières. Cela devient un leitmotiv dans le restant de la
nouvelle.
Mais le regard ironique
porté sur la société ne peut que se reporter sur soi-même ;
désormais cet homme qui rit se moque également de lui-même, des
travers de la police qui ne font que refléter ceux de la société
en général, et qu’il finit par s’approprier lui-même, sous le
prétexte que cela ne vaut pas le coup de risquer sa vie pour six
yuans par mois.
Au bout du compte,
alors qu’il en est réduit à trimer pour nourrir son petit-fils
après la mort de son fils, il regarde d’un œil froid le chaos de
l’époque, et le gâchis de tant de vies et de talents, laissant
seulement dans les dernières lignes percer une infime lueur
d’espoir pour la postérité :
我的眼前时常发黑,我仿佛已摸到了死,哼!我还笑,笑我这一辈的聪明本事,笑这出奇不公平的世界,希望等我笑到末一声,这世界就换个样儿吧!
J’ai souvent des
ténèbres devant les yeux, et l’impression de toucher déjà la
mort. Mais je continue quand même de rire, de voir tant
d’intelligence et de talent gâchés en une vie,
tant d’injustice en ce
bas monde, en espérant que, lorsque j’aurai émis mon dernier
éclat de rire, ce monde aura un peu changé !
C’est cette lueur
d’espoir qui va devenir le thème du film de Shi Hui, et sa
concrétisation en sera la conclusion. Parce que le film a été
tourné douze ans plus tard et reflète donc un monde différent.
Le film de Shi Hui
Le film éponyme
adapté par Shi Hui (石挥)
et
tourné en 1949 reprend la trame de la nouvelle de Lao
She tout en lui donnant une perspective et une tonalité
différentes (1).
Les
similarités
Shi Hui (石挥)
était un
homme de théâtre et excellent acteur. Né, comme Lao She,
dans une famille pauvre, il fut lui aussi obligé de
cesser tôt ses études et de devenir apprenti, comme le
personnage de la nouvelle. On peut penser qu’il se
sentit en symbiose avec le sujet de celle-ci.
Il commence
donc son film par un générique écrit sur les pages
d’un livre à
l’effigie de l’écrivain, dont une main tourne lentement |
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Shi Hui
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les pages. Puis la
première séquence nous montre le vieux policier errant sous la
neige, au bord
de l’épuisement, et
s’arrêtant un instant pour penser à sa vie passée. L’histoire se
déroule ensuite en flash back, ce qui est une manière logique et
classique au cinéma de rendre le monologue intérieur d’un
personnage se remémorant le passé.
Le film : affiche |
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On est frappé
par la grande similarité entre le personnage du policier
du film et celui de la nouvelle. Il est vrai que le ton
est différent, et que Shi Hui a remplacé l’ironie de la
nouvelle par un ton beaucoup plus dramatique, en ligne
avec la tradition des films tournés à Shanghai dans les
années 1930. Mais on retrouve dans le personnage du
policier le caractère un peu naïf du personnage de la
nouvelle, désorienté par l’injustice, la
corruption et la cruauté du monde dans lequel il vit ;
la subtilité du caractère est magnifiée par le jeu très
fin du grand acteur qu’était Shi Hui, qui met l’accent
sur le désarroi du personnage dans une société où il
peine à trouver sa place, thème majeur de la nouvelle.
C’est grâce à
la force de ce personnage central que le film garde la
magie de la nouvelle. Les différences entre les |
deux œuvres
sont cependant, très grandes, tant dans la forme et le ton que
dans l’histoire elle-même.
Les différences
1. Elles tiennent
d’abord dans la forme et le ton. Lao She ne fait dans sa
nouvelle que des allusions très vagues aux événements
historiques qui interviennent pendant la vie de son personnage :
c’est logique, car la nouvelle est à la première personne, et le
narrateur-policier n’a pas une idée très claire de ce qui se
passe, les événements, de toutes façons, n’ayant finalement
guère d’effets sur son existence, comme il le dit lui-même :
这次兵变过后,又有一次大的变动:大清国改为中华民国了。改朝换代是不容易遇上的,我可是并没觉得这有什么意思。[…]据说,一改民国,凡事就由人民主管了;可是我没看见。我还是巡警,饷银没有增加,[…]不因为改朝换代有什么改变。[…]牌九押宝慢慢的也少起来,贫富人家都玩“麻将”了,我们还是照样的不敢去抄赌,可是赌具不能不算改了良,文明了一些。
Après ce soulèvement
dans l’armée, il y eut à nouveau un grand chambardement :
l’empire des Qing fut remplacé par la République de Chine. On
n’est pas souvent témoin d’un changement de dynastie ou de
régime, mais moi, je n’y ai pas vu grand intérêt. … D’après ce
qu’on disait, avec la République, le peuple aurait tout le
pouvoir ; mais moi je n’ai rien vu de tel. J’ai continué à être
policier, et mon solde n’a pas augmenté pour autant […] Ce n’est
pas parce qu’on avait changé de dynastie ou de régime que les
choses avaient changé.[…] Peu à peu, on joua moins aux dominos
et aux dés, et tout le monde, pauvres et riches, se mit au
mahjong, nous n’osions pas plus nous en prendre aux joueurs,
mais il faut bien reconnaître que
les règles du nouveau jeu représentaient une nette amélioration, cela faisait
bien plus civilisé.
La satire est
d’une ironie cinglante. Dans le film,
en revanche, les
événements historiques structurent la trame narrative,
ils sont même explicitement indiqués par des
intertitres, comme dans les films muets, et c’est chaque
événement qui entraîne un nouvel épisode du récit.
Parallèlement,
là où, dans la nouvelle, ils ne parvenaient au lecteur
que filtrés par
l’incompréhension du narrateur, dans le film, ils sont
au contraire magnifiés, et il s’ensuit une
dramatisation de la narration, les personnages étant
soumis au flux de l’histoire. |
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Le film : photo N°1 |
2. L’histoire
elle-même a été adaptée en en modifiant certains éléments. C’est
ainsi que le point le plus important du début de la nouvelle est
totalement transformé : la femme du policier ne s’enfuit pas
avec un autre, elle meurt. C’est donc une autre blessure que le
policier subit, mais elle est moins grave, car il ne s’agit pas
d’une trahison, et le vide laissé n’est pas le même. En
conséquence, ce n’est pas volontairement qu’il veut changer de
travail : il se retrouve au chômage. C’est certainement plus en
ligne avec l’époque où le film fut tourné, et peut-être plus
logique.
Le film : photo N°2 |
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Shi Hui a, par
ailleurs, introduit un personnage
qui n’existe pas
dans la nouvelle et représente un élément
révolutionnaire, entraînant de facto une autre déviation
du ton de la nouvelle qui n’avait, lui, rien de
politique : c’est le leader étudiant Shen Yuan (申远),
que le policier rencontre une première fois lors de
l’épisode des protestations estudiantines suivant les 21
demandes du Japon, en 1915, et qu’il protègera par la
suite, gagné par sa rhétorique. Shen Yuan prend, au fil
du film, une importance croissante, jusqu’à entraîner
avec lui le fils du policier, Haifu (海福) ; alors qu’il meurt dans la |
nouvelle, dans le film, il finit par s’enrôler
dans la 8ème Armée aux côtés des communistes.
Du coup, le film peut
se terminer sur un chant de victoire, celui des troupes
communistes entrant libérer la capitale, et répondant à quelque
dix années de distance à l’espoir exprimé en demi-teinte dans
les dernières lignes de la nouvelle. Et si le vieux policier
meurt avant de voir arriver les troupes où se trouve son fils,
c’est qu’il était trop tard pour lui. C’est Haifu qui vivra la
nouvelle Chine.
Une conclusion
surprenante
En 1949,
quand le film fut tourné, ce fut dans un climat d’élan
révolutionnaire, et le film porte la marque de cette
ferveur quasi religieuse (ou gidienne) de l’époque,
comme beaucoup d’autres films tournés en Chine à la fin
des années quarante. Le lien entre la nouvelle et le
film est le personnage central du policier, la fin du
film apportant en quelque sorte la réponse à
l’interrogation empreinte d’espoir que
Lao She laissait planer
à la fin de la nouvelle.
Le drapeau brandi par Haifu à la fin du film représente
l’espoir de la génération de
Lao She |
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Le film : photo N°3 |
et Shi Hui, celle
du vieux policier qui meurt à l’aube de la Chine nouvelle,
peut-être parce qu’il n’a pas su se lancer dans l’action
révolutionnaire. Si l’on tente de reconstituer alors la démarche
du réalisateur, pour boucler le cycle commencé au générique par
la référence à la nouvelle qu’est l’image des pages du livre que
tourne une main, le film devrait se terminer sur une image
semblable renvoyant à la nouvelle.
En fait, c’est un peu l’inverse, si l’on écoute bien : au moment
où les pages sont tournées, au générique, l’image est
accompagnée d’une musique, feutrée, certes, mais nettement
audible, qui est la musique martiale qui accompagne l’image
finale. Le film est parfaitement construit : la lutte
révolutionnaire et la victoire finale étaient, dialectiquement,
en quelques sorte, inscrites dès le départ dans la misère,
physique et morale, décrite dans la nouvelle et dramatisée
encore dans le film.
On ne peut s’empêcher, cependant, de voir en filigrane dans les
plis du drapeau qui flotte les lignes désabusées que Lao She met
dans la bouche de son policier :
不因为改朝换代有什么改变 :
ce n’est pas parce qu’il
y a changement de dynastie ou de régime que les choses
vont changer…
C’est évidemment une réflexion a posteriori. Mais, comme toutes
les grandes œuvres, « Ma vie » n’en finit pas de susciter
interrogations et réflexions.
(1) Voir la présentation de Shi
Hui :
www.chinesemovies.com.fr/cineastes_Shi_Hui.htm
Traduction en français
de la nouvelle :
« Histoire de ma vie »
de Lao She, Gallimard Folio, 1981
Le film en entier :
Recherche
initiale effectuée pour la présentation du film à l’Institut
Confucius de Paris Diderot, le 17 décembre 2010, dans le cadre
du cycle Littérature et cinéma.
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