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Histoire littéraire : les sources
anciennes
VII. Dongfang Shuo, l’auteur et
sa légende
par Brigitte
Duzan, 19 juillet 2026
Dongfang Shuo
(東方朔/东方朔)
a vécu sous le règne de l’empereur Wu des Han (漢武帝/汉武帝),
de 160 à 93 avant notre ère. Il en a été ministre et conseiller,
mais il est surtout connu pour son excentricité frisant
l’irrévérence et pour ses réparties spirituelles, même à la
cour, et même face à l’empereur. La légende en a fait un
immortel. On cite ses traits d’humour, et on en oublie ce qu’il
a écrit.
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Dongfang Shuo, feuille d’album
« Portraits de sages de générations successives »
(歷代聖賢半身像),
National Palace Museum, Taipei. |
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I.
Biographie et légende
Originaire de
Pingyuan (平原),
de l’État de Qi, l’actuel Shandong, il s’appelait Zhang, comme
beaucoup, mais il s’est distingué en adoptant le nom composé
rare Dongfang (東方/东方),
c’est-à-dire l’Est ; c’est le 119e des « Cent noms de
famille » (Bai jia jing
《百家姓》)
qui sont en fait près de 500, dont 60 composés.
o
De l’histoire…
Les deux
premières sources historiques qui nous en donnent une biographie
datent des Han ; ce sont les « Mémoires
historiques » (《史記》/《史记》)
de Sima Qian (司馬遷/司马迁)
et le très officiel « Livre des Han » (《漢書》/ 《汉书》),
deuxième des
annales dynastiques.
Dongfang Shuo
apparaît dans les « Biographies » (lièzhuàn 列傳/列传)
des « Mémoires historiques », en l’occurrence au juan
126 : les « Biographies de bouffons » (huájī lièzhuàn
滑稽列傳).
Sima Qian le dépeint d’abord comme un homme extrêmement
cultivé ; arrivant à Chang’an, il soumit à l’empereur un mémoire
de deux mille fiches de bambous, si volumineux qu’il fallut deux
hommes pour le porter jusqu’au trône et deux mois à l’empereur
pour le lire, après quoi il lui donna un poste à la cour et le
couvrit de cadeaux - cadeaux que Dongfang Shuo utilisait pour se
payer des concubines, une par an, le temps d’avoir tout dépensé…
Sima Qian en a
fait un original considéré comme un peu fou (狂人),
qui se targuait d’être un ermite à la cour, sans avoir besoin de
se retirer dans les montagnes (如朔等,所謂避世於朝廷閒者也。古之人,乃避世於深山中。).
Il jouait là sur les mots, se proclamant « ermite à la cour » (cháo
yǐn
朝隱) en
se moquant de la mode des « lettrés ermites » (yǐn shì
隱士),
retirés sur leurs terres.
Par ailleurs,
on trouve une biographie à part entière de Dongfang Shuo au
juan 65 du « Livre des Han » (東方朔傳).
Cette biographie commence par des détails sur le fameux mémoire
soumis à l’empereur dont le début ressemble à une parodie des
Analectes de Confucius : « Moi, votre serviteur, j’ai perdu mes
parents très jeune et j’ai été élevé par mon frère aîné ; à
treize ans j’ai appris à écrire et au bout de trois hivers
j’avais de solides connaissances en littérature et en histoire ;
à quinze ans j’ai appris le maniement de l’épée, à seize ans
j’ai étudié le Classique des Poèmes et le Livre des documents, à
dix-neuf ans la stratégie militaire … » Suit un portrait de
l’auteur à 22 ans, justifiant que l’empereur le prenne à son
service.
Comme le dit
le Hanshu : il avait une haute opinion de lui-même, ce
n’était pas la modestie qui l’étouffait (朔文辭不遜,高自稱譽).
Et la biographie continue avec les hauts faits du personnage,
essentiellement des anecdotes et des charades qui sont passées à
la postérité ; la plus célèbre histoire est celle de
l’initiative, absolument contraire aux rituels, prise un jour
par Dongfang Shuo de se tailler une
tranche à la pointe de son épée dans un morceau de viande
envoyé par l’empereur sans attendre le ministre en charge qui
devait en faire la distribution, sous prétexte qu’il faisait
trop chaud et que la viande se serait abîmée. Dongfang Shuo
sortait toujours vainqueur de ses rixes verbales, en particulier
avec son rival à la cour, Guo Sheren (郭舍人).
C’est surtout ce qui lui valut les faveurs de l’empereur, outre
ses conseils, par exemple sur l’extension, jugée malvenue, du
domaine de chasse impérial qui auraient valu la mort, ou au
moins l’exil, à bien d’autres.
Dongfang Shuo
a été Assistant du palais (láng
郎),
puis Assistant de l’ordinaire (cháng shì láng
常侍郎),
avant d’être finalement nommé Grand Maître du palais (tàizhōng
dàfu
太中大夫).
Il faisait partie des maîtres de taoïsme ésotérique (fāngshì
方士),
aussi bien magiciens, alchimistes qu’exorcistes, qui gravitaient
autour de l’empereur en quête de recettes de l’immortalité, à
l’instar du légendaire Empereur Jaune (Huángdi
黄帝). On
dit que l’oncle et conseiller de l’empereur Wudi, Liu An (劉安/刘安),
le compilateur du Huainanzi
(《淮南子》),
entretenait plusieurs milliers de ces fāngshì (mais c’est
sans doute symbolique) et qu’il compilait les techniques de
transcendance spirituelle (神仙).
o
…
à la légende
Dongfang Shuo
intriguait par son excentricité, par son aptitude à passer d’un
instant à l’autre d’une remontrance à une plaisanterie, comme
pour faire passer l’impertinence. C’est ce qu’explique Liu Xiang
(劉向/刘向)
dans les « Biographies d’immortels » (Liè xiān zhuàn《列仙傳》/《列仙传》)
qu’on lui attribue.
De son vivant,
déjà, Dongfang Shuo était considéré comme un immortel banni sur
terre (zhéxiān
谪仙),
incarnation de Jupiter, Suìxīng (歲星/岁星)
comme on l’appelait alors, ou de la planète Vénus (tàibái
xīng
太白星)
selon le Fengsu Tongyi (《風俗通義》/《风俗通义》)
compilé un peu plus tard, sous les Han de l’Est ; mais ce
dernier texte ajoute une note satirique : dans la deuxième
partie de cet ouvrage (Zhengshi
《正失》),
on trouve un chapitre biographique sur Dongfang Shuo qui
commence par la liste de ses ascendants remontant à l’époque de
l’empereur Jaune, avant de citer le passage du livre des Han le
concernant, soulignant qu’il est devenu célèbre au-delà de ses
mérites propres, par son extravagance, sa faconde et sa
versatilité, et mettant ironiquement en doute sa prétendue
nature divine :
而後之好事者因取奇言怪語附著之耳,安在能神聖歷世為輔佐哉!
Par la suite,
des esprits avides de bonnes histoires ont ajouté [à tout cela]
des propos étranges et fantaisistes, mais comment pourrait-il
donc avoir été l’auxiliaire divin de tant de générations ?
C’est surtout
pendant la période des Six Dynasties (3e-6e
siècle) qu’il a été littéralement mythifié. On lui a attribué
une naissance miraculeuse et tout le paraphernalia qui va avec.
Au 3e siècle, et on est allé jusqu’à lui prêter un
vol de pêches à la Reine Mère de l’Ouest (Xiwangmu
西王母) –
celle-ci est devenue divinité taoïste, justement, sous les Han,
la légende faisant de l’empereur Wudi une émule du roi Mu des
Zhou (周穆王),
qui aurait rencontré Xiwangmu lors d’une expédition à
l’ouest contre les Quanrong (犬戎).
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Dongfang Shuo volant la pêche
东方朔偷桃
(peinture
sur soie de la dynastie des Ming) |
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On trouve
aussi dans le recueil « À la
recherche des esprits » (Soushenji《搜神記》/《搜神记》),
compilé au 4e siècle par Gan Bao (干寶/干宝),
une anecdote mettant en scène Dongfang Shuo (juan
11.8).
Alors que l’empereur Wu doit franchir la passe Hangu (Hangu
guan
函谷关),
un monstre lui barre la route : une bête énorme, semblable à un
buffle, qui le fixait d’un regard noir (其狀象牛,青眼而曜睛
…),
fermement plantée là ; tout le monde est terrifié, sauf
Dongfang Shuo qui ne fait ni une ni deux et asperge de vin
l’animal qui se dissout et disparaît. Et Dongfang Shuo
d’expliquer à l’empereur : c’est une apparition que l’on dit
« née d’une atmosphère de douleur et de souffrance », car cet
endroit était autrefois, sous les Qin, un lieu où l’on envoyait
des criminels purger leur peine ; or le vin a le pouvoir de
dissiper les fantômes qui en naissent (此名為患憂氣之所生也。此必是秦之獄地,不然,則罪人徒作之所聚。夫酒忘憂,故能消之也。).
L’anecdote est
intéressante car Dongfang Shuo y apparaît non tant comme un
héros intrépide, mais plutôt comme une sorte d’exorciste à la
manière d’un fansgshi, reflétant la croyance dans les
esprits que l’on retrouve jusque dans la médecine
traditionnelle.
La biographie
de l’empereur Wu (《漢武帝傳》/《汉武帝传》)
attribuée sous les Ming à l’historien Ban Gu (班固)
des Han postérieurs comporte aussi, dans la partie « Biographie
externe » (wài zhuàn
外傳),
des anecdotes fantastiques concernant des contemporains de
l’empereur, dont Dongfang Shuo. Il est dit qu’on l’a vu, tel un
immortel, quitter ce monde sur le dos d’un dragon en s’envolant
vers l’ouest et en disparaissant dans un nuage – la comparaison
avec Laozi est évidente.
Dongfang Shuo
fait aussi partie des « Héros sans égaux » du recueil de
gravures Wu Shuang Pu (《無雙譜》/《无双谱》)
édité par Jin Guliang (金古良)
en 1694, sous le règne de l’empereur Kangxi des Qing (康熙帝)
.
Il est le quatrième dans la liste.
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Dongfang Shuo, nom de courtoisie Manqing (曼倩),
portrait par Jin Guliang, dans le Wu Shuang Pu |
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o
…
au Japon aussi
Dongfang Shuo
est aussi un personnage légendaire au Japon. On le trouve
représenté aussi bien en peinture que dans l’art populaire sous
les traits d’un personnage débonnaire et rigolard.
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L’immortel Tōbōsaku Sennin, statuette en ivoire
東方朔仙人牙彫根付
(Metropolitan Museum) |
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Une pièce du
théâtre nō le met en scène avec deux autres immortels rencontrés
en chemin auprès desquels il se targue d’avoir 9 000 ans ; mais
l’un est la nonne Yao Bikuni, célèbre pour sa longévité, qui lui
dit en avoir 800 et l’autre Urashima Tarō (héros d’un conte du 8e
siècle) qui se vante d’en avoir 8 000 ; cependant, alors qu’ils
se promènent ensemble, ils rencontrent la sage-femme qui a aidé
à les mettre au monde, qui a 700 millions d’années et qui les
réprimande….
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Tōbōsaku (Dongfang Shuo), Miura Daisuke Yoshiaki
et le fils de Urashima Tarō buvant du vin,
東方朔、浦島の子、三浦大介義明
par Tsukioka Yoshitoshi (1873) |
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II. Écrits
Dongfang Shuo
a beaucoup écrit. Mais, de même que de nombreux faits
légendaires sont attachés à son nom, beaucoup d’écrits lui sont
attribués sans qu’ils soient vraiment de sa plume. Deux textes
au moins, cités dans la biographie du « Livre des Han », sont
certainement de lui.
o
Les textes cités par le « Livre des Han »
1/ Dá kè
nán
《答客難》/《答客难》
Écrit sous
forme de questions-réponses, ce recueil d’essais dont le titre
signifie « Difficile de répondre à son hôte » reflète les
difficultés d’un ministre et conseiller comme Dongfang Shuo face
à un empereur comme Wudi qui n’aimait pas les sages, se méfiait
des lettrés, et détestait qu’on vienne lui faire des
remontrances et des critiques. Le style rappelle les
« Analectes » de
Confucius
et on
en trouve des échos dans le recueil de Yang Xiong (揚雄)
faisant état de difficultés semblables et que l’on pourrait
traduire « Comment se tirer d’affaire » (jiěcháo
《解嘲》).
2/
Fēiyǒu xiānsheng lùn
《非有先生論》
Cet autre
écrit de Dongfang Shuo dont on pourrait traduire le titre par
« Traité du Maître du Rien » est un apologue subtil sur une
thématique semblable. Ce maître est un personnage fictif,
ministre à la cour de l’ancien État de Wu (吳),
qui a cessé de parler pendant trois ans. Comme le roi lui
demandait les raisons de ce silence, il a répondu en invoquant
un certain nombre d’exemples du passé montrant des États ruinés
par la conduite du souverain et de son entourage. Il est ainsi
parvenu à faire entendre raison au roi et à le convaincre
d’écouter les sages conseils qui lui étaient prodigués.
Les autres
écrits qui lui sont attribués sont d’origine plus douteuse, mais
n’en sont pas moins intéressants, si l’on excepte le poème
rhapsodique « Sept remontrances » (Qī jiàn
《七諫》)
qui est inclus dans les « Chants de
Chu » (《楚辞》)
et dont le sinologue et traducteur britannique David Hawkes a
montré, en en analysant la forme et le fond, qu’il ne pouvait
être de Dongfang Shuo.
Les deux
autres textes, plus tardifs, sont un peu dans le genre du « Classique
des monts et des mers » (Shanhaijing (《山海经》) et
d’inspiration taoïste. On considère qu’ils ont été écrits par
des taoïstes qui ont cherché à se donner une aura de crédibilité
en empruntant le nom d’un maître réputé.
o
L’imaginaire géographique nourri de fantastique
1/ Le
Classique des merveilles Shényì jīng
《神異經》
Il s’agit d’un
recueil d’histoires d’immortels, d’êtres surnaturels et de
divinités regroupées en 9 chapitres par zones géographiques
définies comme « grandes étendues sauvages » (大荒),
comme à la fin du
Shanhaijing
.
Le style est calqué sur le « Classique des monts et des mers »,
par exemple :
南方大荒有樹焉,名曰如何。三百歲作花,九百歲作實。花色朱,其實正黃。
Dans les
grandes étendues sauvages du Sud, il y a un arbre nommé Ruhe qui
fleurit tous les trois-cents ans et donne des fruits au bout de
neuf-cents ans. Les fleurs sont écarlates et les fruits tout
jaunes.
Après la
description de la flore, arbres, fleurs et fruits, le texte
passe aux hommes qui peuplent ces contrées, et note quelques
animaux étranges et dangereux comme des serpents ou les bêtes
dites shānsāo (山臊)
ou qióngqí
窮奇/穷奇),
comme sortie du Shanhaijing…
C’est dans la
bibliographie du « Livre des Sui » (《隋書》/《隋书》)
que le livre est attribué à Dongfang Shuo. Mais il a
probablement été écrit pendant la période des Dynasties du Sud (南朝)
et sans doute au 6e siècle. On est en plein
fantastique.
2/ La
Chronique des dix contrées à l’intérieur des mers Hǎinèi shí
zhōu jì《海內十洲記》
Ou :
Chronique des dix contrées Shí
zhōu jì《十洲記》
Là encore, on
retrouve le titre d’une partie du Shanhaijing, la
dernière (Le Livre des terres entre les mers 海內经).
Mais le texte se présente comme un discours de Dongfang Shuo à
l’empereur Wu sur les dix contrées en question ; c’est
l’empereur qui l’aurait fait venir pour l’interroger sur les
« mers des huit directions » dont lui aurait parlé la Reine Mère
de l’Ouest, et des contrées dans le périmètre de ces mers où
l’on ne pourrait voir trace d’hommes.
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Le
Hǎinèi shí
zhōu jì
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Chaque contrée
est décrite tour à tour, avec des histoires de bêtes
fantastiques et d’immortels, y compris des ingrédients pour le
devenir, dont l’herbe d’immortalité qui pousse dans la contrée
de Zuzhou (祖洲),
dans la mer de l’Est – célèbre histoire : c’est cette herbe dont
on avait parlé au Premier Empereur Qin Shihuangdi ; il avait
envoyé un émissaire, Xu Fu (徐福),
avec toute une flotte et un équipage de cinq cents jeunes pour
aller la chercher, et ils n’étaient jamais revenus (使使者徐福發童男童女五百人,率攝樓船等入海尋祖洲,遂不返).
Or, comme dans
les Analectes, le texte rapporte les paroles de Dongfang Shuo (方朔云…).
En outre, dans la partie sur la contrée de Fenglin dans la mer
de l’Ouest (鳳麟洲在西海之中央),
il est question du parc Hualin (華林園)
où l’empereur « allait chasser le tigre » (武帝幸華林園射虎) ;
or, ce nom n’a été donné au parc qu’au 3e siècle,
sous le règne de Cao Fang (曹芳),
troisième empereur de la dynastie des Cao Wei (曹魏),
pendant la période des
Trois Royaumes.
L’ouvrage n’a donc pu être compilé qu’à cette époque au plus tôt
et comme il est cité dans un commentaire de l’anthologie
littéraire Wenxuan (《文選》/《文选》)
qui date du début du 6e siècle, on situe sa
compilation entre ces deux dates.
Le texte est
inclus dans diverses encyclopédies et dans des anthologies de
textes taoïstes. C’est une référence en matière de littérature
fantastique. C’est l’une des sources d’inspiration, par exemple,
de l’œuvre de
Sun Xun (孙逊)
intitulée « Magic Atlas » (《魔法星图》)
où Sun Xun revient sur le thème de la mythologie qui est un de
ses leitmotivs. Il a abordé le sujet dès 2020 dans une peinture
sur papier de type shanshui : « Magic of Atlas.
Jukuzhou » (《魔法星图--聚窟洲》).
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Magic Atlas, Jukuzhou, par Sun Xun |
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Ce Jukuzhou est
justement la dernière des « contrées au milieu des mers »
décrite dans la « Chronique » attribuée à Dongfang Shuo ; elle
se trouve dans la région Shenwei de la Mer de l’Ouest (西海申未之地),
au nord du mont Kunlun (où demeure la Reine Mère de l’Ouest).
C’est un endroit peuplé d’immortels et d’animaux étranges et
inquiétants, mais aussi couvert d’arbres, de plantes et de
fleurs aux senteurs capiteuses. C’est là que l’on trouve une
bête féroce capable de repousser les influences néfastes et les
esprits mauvais, et de quoi produire un encens de longue vie qui
repousse la mort (què sǐ xiāng 却死香).
Or l’empereur se rappelle que les Yuezhi lui en avaient offert
en tribut, il regrette alors de ne pas les avoir traités avec
plus de respect….
« Biographie » télévisée
Forcément, la
télévision s’est emparée du personnage. Une
série télévisée
intitulée simplement « Dongfang Shuo » (《东方朔》)
a été adaptée du roman « Dongfang Shuo le sage » (《智圣东方朔》)
de Dongfang Longyin (东方龙吟)
publié en janvier 2000 : série de 45 épisodes de 40‘, réalisée
par Yan Xiaozhui (彦小追)
sur un scénario de Tan Li (谭力)
et diffusée en août 2008 sur CCTV.
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Dongfang Shuo le sage » (《智圣东方朔》 |
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La série brode
allègrement sur le personnage en intégrant des éléments fictifs
dans une trame fondée sur une histoire déjà pour le moins
apocryphe. On voit en particulier Dongfang Shuo aider l’empereur
venir à bout de troubles dans son gynécée, ou réprimer des
pseudo-rébellions de féodaux.
La série est
diffusée sur YouTube, par groupes de 5 épisodes (1à 5,
6 à 10, etc.).
La série
télévisée sur CCTV4, épisodes 1 à 5 (sous-titres chinois et
anglais)
https://www.youtube.com/watch?v=r29H4vjp2uc
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