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Les Huit Immortels : sources et légendes

par Brigitte Duzan, 29 septembre 2026

 

Les Huit Immortels (八仙) sont des personnages légendaires de la culture populaire taoïste qui étaient à l’origine de simples mortels mais ont atteint l’immortalité après avoir cultivé le dao.

 

 

Réunion des Immortels au lac de Jade (瑤池仙劇圖),

sur le mont Kunlun, par Zhang Chong (張翀),

début du 17e siècle, British Museum

 

 

I. Les sources

 

Sources écrites

 

1. Le terme de « Huit immortels » est apparu dans un ouvrage de la dynastie des Han orientaux attribué à Mouzi (牟子), le « Lihuolun » (《理惑论》) ou « Traité pour dissiper les doutes » où il est question de « Wang Qiao, Chisong, et le registre des Huit Immortels » (王乔、赤松、八仙之箓). Mais, comme il le dit dans son introduction, Mouzi était hostile aux pratiques d’immortalité ; il explique le bouddhisme en termes taoïstes, le désignant du terme de Fodao (佛道), le dao du Bouddha, mais il ne conçoit le taoïsme que dégagé des pratiques ésotériques et mystiques. Il s’est converti au bouddhisme, la réincarnation allant à l’encontre de l’immortalité.

 

La source la plus ancienne sur les immortels est le Liexian zhuan (《列仙傳》/《列仙传》), recueil en dix volumes de 70 biographies d’immortels, saints, alchimistes et autres personnages transcendants, historiques ou légendaires, attribué à Liu Xiang (劉向/刘向). Datant des Han de l’Est, au 2e siècle de notre ère, c’est le modèle dont se sont inspirés plusieurs auteurs ultérieurs, à commencer par Ge Hong (葛洪) pour son ouvrage « Biographies des Immortels divins » (Shenxian zhuan 《神仙傳》) compilé au 4e siècle.

 

C’est sur ce même modèle que Wang Shizhen (王世贞) a compilé son recueil de « Biographies d’immortels » publié à la fin du 16e siècle.

 

 

Biographie d’immortels par Wang Shizhen, page Laozi

 

 

2. C’est sous la dynastie des Yuan que les huit immortels sont apparus comme un groupe, et leur nom dérive probablement de celui des « Huit lettrés des Han » (Huáinán bāgōng 淮南八公) qui, sous le patronage de Liu An (劉安), prince de Huainan, ont écrit le Huainanzi (《淮南子》). Leur notoriété a commencé à prendre forme grâce au théâtre zaju, avec des pièces comme « Les trois visites de Lü Dongbin ivre au pavillon Yueyang » (《吕洞宾三醉岳阳楼》) de Ma Zhiyuan (马致远), « Le bateau de feuilles de bambou » (《竹叶船》) de Fan Zi’an (范子安) ou « Lü Dongbin enseigne le dao à Li Tieguai » (《吕洞宾度铁拐李岳》) de Yue Bochuan (岳伯川). Mais les noms varient, de même que les attributs de chacun et leurs histoires.

 

3. C’est de la dynastie des Ming que datent les ouvrages fondamentaux sur les Huit immortels, et surtout de l’ère Wanli, c’est-à-dire le règne de l’empereur Zhu Yijun (1573-1620).

 

a) Une source importante est le Xianfo qizong (仙佛奇蹤/《仙佛奇踪》) ou « Traces étranges des immortels et des bouddhas », de Hong Yingming (洪应明) datant de 1602, 30e année de l’ère Wanli (万历三十年) – ouvrage illustré en huit volumes contenant, en deux parties, cent biographies d’immortels taoïstes et de patriarches du bouddhisme : quatre volumes sur les immortels taoïstes – « Ruines fragiles » (《消摇墟》), quatre sur le bouddhisme – « Lumière silencieuse » (《寂光境》), avec en annexe des textes sur les techniques de préservation de la vie. Ce sont surtout des contes populaires, classés « histoires étranges et absurdes » (“荒怪之谈”) dans le Catalogue général du Siku Quanshu (《四库全书总目》). Le livre reflète la tendance courante sous les Ming à cultiver taoïsme et bouddhisme en fournissant des références documentaires pour l’étude de ces religions.

 

 

Le Xianfo qizong, éd. originale illustrée

 

 

b) C’est cependant le roman en 56 chapitres « Le Voyage vers l’Est (des Huit Immortels) » (《东游记》) de Wu Yuantai (吴元泰), publié lui aussi pendant l’ère Wanli des Ming, au 16e siècle, qui a contribué à la popularité des huit personnages. Il a été commandité par le libraire Yu Xiangdou (余象斗) pour répondre à la demande de récits « sur divinités et démons » (shenmo xiaoshuo神魔小说) alors en vogue. Wu Yuantai a compilé les légendes et histoires plus ou moins fantastiques sur les pouvoirs surnaturels des huit immortels. Ce n’est pas celui qui a la plus grande qualité littéraire, mais il a longtemps été le plus populaire des ouvrages taoïstes.

 

Histoire la plus célèbre

 

L’histoire la plus célèbre, celle qui a inspiré les adaptations les plus nombreuses, est intitulée « Les Huit Immortels traversant la mer (《八仙过海》) : les Huit Immortels sont invités à un banquet par la Reine Mère de l’Ouest (Xiwangmu 西王母) et doivent donc se rendre au Lac de Jade, sur le mont Kunlun ; pour ce faire, ils doivent traverser la mer orientale, mais sont arrêtés en cours de route. C’est alors que Lü Dongbin propose à chacun d’utiliser ses talents propres pour finir la traversée, en s’aidant de leurs emblèmes respectifs. Le premier à s’avancer est Li Tieguai (李铁拐), qui est infirme : il lance sa béquille dans l’eau, elle se transforme en un bateau-dragon. Tous les emblèmes des huit personnages se transforment ainsi miraculeusement en esquifs sur lesquels ils terminent leur voyage.

 

L’histoire est d’autant plus célèbre qu’elle a donné l’expression proverbiale de type chengyu :

                八仙过海, 各顯神通 bā xiān guò hǎi, gè xiǎn shén tōng

                Les Huit Immortels traversent la mer, chacun révélant ses pouvoirs divins.

 

L’expression vient du chapitre 81 du « Voyage vers l’Ouest » (Xiyouji《西游记》) de Wu Cheng’en (吴承恩) [1]. Elle signifie que chacun doit cultiver ses talents particuliers ; mais elle a un sens emblématique plus large qui s’applique aussi à la tradition chinoise comme outil salvateur et au dao comme moteur de la vie et de l’esprit humain.

 

Peintures

 

Les Huit Immortels sont apparus, peints sur des peintures murales ou représentés en statuettes funéraires, dans des tombes de la dynastie des Jin (金朝), au 12e siècle. Ils ont été popularisés par la secte taoïste Quanzhen (全真道), ou Voie de la Parfaite Complétude, courant d’alchimie interne caractérisé par ses pratiques d’ascèse [2]. La secte est réputée avoir pour fondateur le lettré Wang Chongyang (王重陽), inspiré, selon ses dires, par sa rencontre avec les immortels Lü Dongbin (吕洞宾) et Zhongli Quan (锺离权) qui lui auraient enseigné des formules alchimiques. Elle atteignit son apogée à la fin du 13e siècle.

 

La peinture la plus célèbre des Huit Immortels date de cette époque : ce sont les fresques du temple taoïste dit « de la joie éternelle » (Yonglegong bihua 永乐宫壁画) à Ruicheng (芮城), dans le Shanxi [3]. Les 52 peintures murales de la Salle Chunyang (纯阳殿) intitulées « Les divins voyages de l’empereur Chunyang » (《纯阳帝君神游显化之图》) dépeignent la vie de Lü Dongbin (吕洞宾), de son enfance jusqu’à son immortalité, comme un panorama de scènes intégrés dans des paysages, dans le style de Wu Daozi (吴道子). C’est non seulement la vie de Lü Dongbin que l’on voit défiler, mais aussi la vie du peuple dans ses activités quotidiennes.

 

Les Huit Immortels sont dépeints dans leur fameuse traversée de la mer orientale sur le mur nord de la Salle Chunyang du Yonglegong (au-dessus du linteau de la porte nord).

 

 

Les huit Immortels traversant la mer, peinture murale du Yonglegong

永乐宫壁画《八仙过海》

 

 

Dans cette peinture, les immortels sont divisés en deux groupes, quatre d’un côté, quatre de l’autre : à gauche Zhongli Quan, poitrine nue, tourné vers Lü Dongbin, puis Li Tieguai (李铁拐), cheveux en bataille, et Cao Guojiu (曹国舅) en robe jaune ; à droite, Lan Caihe (蓝采和), monté sur un tambour, Han Xiangzi (韩湘子) avec son panier de fleurs et Zhang Guolao (张果老) qui apparaît au-dessus des deux précédents [4].

 

On remarquera l’absence de He Xiangu (何仙姑), la seule immortelle du groupe. À sa place est Xu Shenweng (徐神翁), représenté à gauche du groupe de droite, monté sur un gros poisson, portant un bâton de bambou sur lequel sont attachés une gourde, un chapeau de paille et un rouleau.  Cela montre l’évolution de la légende : avant les Ming, il était en effet l’un des huit immortels, puis, dans « le Voyage vers l’Est » (《东游记》) de Wu Yuantai (吴元泰), il a été remplacé par He Xiangu.

 

II. Les Huit Immortels

 

ü  He Xiangu (何仙姑) est la seule immortelle du groupe (bien qu’il y ait ambiguïté sur le sexe de Lan Caihe). Elle serait née sous les Tang, soit dans le Hunan soit dans le Guangdong.

 

He Xiangu apparaît dans la deuxième partie (《削何仙姑一付》) du Xianfo qizong. D’après ce texte, elle était la fille de He Tai (何泰), de Zengcheng (增城区), dans le Guangdong. À sa naissance, elle avait six longs cheveux en haut du crâne. Quand elle eut 14 ou 15 ans, une divinité lui apparut en songe et lui ordonna de consommer du mica en poudre (云母粉) pour immuniser son corps contre la mort. Ce qu’elle fit, en faisant le vœu de rester vierge et en diminuant peu à peu sa quantité de nourriture. Lorsque l’impératrice Wu Zetian envoya un messager pour l’amener à la cour, elle disparut en cours de route. Puis, un jour de l’ère Jinglong (景龙 707-710) du règne de l’empereur Zhongzong des Tang (唐中宗), successeur de Wu Zetian, elle monta au ciel en plein jour et devint immortelle.

 

Selon diverses variantes, dont le classique taoïste « Chronique de Lü Zu » (《吕祖志》), vers l’âge de 13 ans, la jeune He Xiangu partit dans la montagne avec ses camarades pour cueillir du thé, mais elle se perdit et rencontra un homme aux yeux verts et à la longue barbe : c’était Lü Dongbin. C’est lui qui l’aurait intronisée comme « Zhao Xiangu » (赵仙姑), c’est-à-dire Zhao la jeune immortelle.

 

Dans le « Journal de l’éveil solitaire » (Duxing zazhi 独醒杂志) écrit sous les Song par Zeng Minxing (曾敏行), He Xiangu aurait été originaire de Yongzhou (永州), au sud du Hunan. Selon ce texte, lors de la campagne menée pour mettre fin à la rébellion de Nong Zhigao (侬智高), Di Qing (狄青) passa par Yongzhou où il entendit dire que He Xiangu pouvait prédire l’avenir ; en effet, selon diverses sources, dont  les « Notes Dongxuan » (《东轩笔录》) de Wei Tai (魏泰), quand He Xiangu était enfant, elle a rencontré dans la montagne un homme étrange qui lui a donné une pêche ; après l’avoir mangée, elle n’eut plus ni faim ni soif et dès lors eut le don de divination. Di Qing alla donc la voir pour savoir s’il serait victorieux, et elle lui répondit qu’il ne verrait même pas l’ennemi car, quand il arriverait, le rebelle aurait déjà été vaincu. Effectivement, lorsque l’armée des Song attaqua Nong Zhigao, il fut tout de suite vaincu et s’enfuit au royaume de Dali. 

 

He Xiangu est généralement représentée, comme dans l’illustration du Xianfo qizong, tenant à la main une fleur de lotus par référence à son nom (Hé 何), homophone de celui du lotus (hé 荷), la fleur de lotus étant par ailleurs supposée favoriser la santé, physique et mentale. Parfois, He Xiangu tient aussi un sheng (笙)[5], ou une cuillère en bambou, voire un fouet à mouches.

 

 

He Xiangu, illustration du Xianfo qizong

 

 

Elle est également parfois représentée volant sur le dos d’une grue (hè 鶴), bien que ce soit plutôt la monture de Lan Caihe : la grue blanche est elle-même symbole de longévité, le blanc étant en outre symbole de pureté.

 

 

L’immortelle He Xiangu par Zhang Lu ( 张路), début du 16e siècle

 

 

He Xiangu apparaît dans une quinzaine de séries télévisées sur les immortels, de 1985 à 2018, et dans 18 films à partir de 1949, avant le film d’animation de 2026 « All Wishes Come True » (《八仙!》), dont quatre lui sont spécialement dédiés.

 


 

ü Lan Caihe (藍采和) est supposé être né lui aussi durant la dynastie des Tang. Il n’a vraisemblablement pas existé, mais il est possible qu’il ait été inspiré par un acteur de la période des Cinq Dynasties (10e siècle) qui portait le même nom, d’où une confusion sur ses origines.

 

Il était à l’origine de sexe féminin, puis il est dépeint sous des traits ambigus. Au théâtre, il est représenté portant des vêtements féminin, mais ayant une voix masculine, il est interprété par un acteur vêtu d’une longue robe.

Il est traditionnellement considéré comme ayant été un jeune bateleur, un musicien ambulant qui parcourait les campagnes en chantant pour divertir les foules. Quand il est représenté jeune, il porte donc une robe en haillons : cette longue robe bleue nommée lan shan (襕衫) est le vêtement traditionnel porté par les hommes sous les Tang ; elle est attachée par six boutons de bois et retenue par une large ceinture à la taille.

 

 

Lan Caihe, de dos, dans la fresque du Yonglegong

 

 

Cette robe bleue est tout un symbole. Le poète du 13e siècle Yuan Haowen (元好問), nom de plume Yishan (遺山), a vécu la débâcle de la fin des Jin, avant l’avènement de la dynastie mongole des Yuan, se retrouvant lui-même sur les routes. Beaucoup de ses poèmes sont des poèmes reflétant le chaos de l’époque. Il fait allusion à la robe bleue de Lan Caihe dans deux de ses poèmes, l’un inscrit sur une peinture représentant Lan Caihe, l’autre (《藍采和像》) dans son anthologie « L’œuvre poétique du sieur Yishan » (《遗山先生詩集》) où il s’assimile au « vieil homme à la robe bleue » qu’il imagine avoir rencontré et avec lequel il aurait dansé « au gré du vent printanier » (逢著藍衫老同向春風舞)…

 

De manière distinctive, Lan Caihe ne porte de chaussure qu’à un pied, l’autre est nu, ceci étant une référence au moine bouddhiste Bodhidharma qui symbolise la survie au-delà de la mort – après sa mort on l’a vu déambuler en portant une chaussure, et quand on a ouvert sa tombe pour voir si son corps y était bien, on a trouvé l’autre chaussure. Cependant, ne porter qu’une chaussure peut aussi signifier la libération des conventions de ce monde.

Par ailleurs, cette unique chaussure est également liée à la musique qu’il jouait : des chants rythmés en frappant le sol du pied (tage 踏歌) en s’accompagnant au claquoir, genre populaire très répandu [6]. On le représente jouant en état d’ivresse, ou d’ivresse simulée, se lamentant dans ses chants de la brièveté de la vie, dénonçant les plaisirs et incitant à vivre selon le Dao. Certains de ses chants, ou des chants qui lui sont attribués, ont été conservés, en particulier dans le Taiping Guangji (《太平廣記》/《太平广记》) compilé sous les Song du Nord.

 

Son instrument est un type de paiban (拍板), fait de deux courtes pièces de bambou ou autre bois, mais c’est le cas d’autres Immortels si bien que ce n’est pas un caractère distinctif.  Il est plus souvent représenté tenant un panier de fleurs, parfois avec une houe sur l’épaule, et il est donc considéré comme le patron des jardiniers et des fleuristes. Mais son panier contient aussi des plantes médicinales associées à la recherche de longévité, comme le champignon lingzhi (灵芝), des pousses de bambou et de pin (qui restent éternellement verts) ou encore des fleurs de pruniers (qui fleurissent au tout début du printemps sur des arbres qui n’ont pas encore émergé de l’hiver). Son panier est un motif populaire dans les décorations du Nouvel An car il symbolise l’abondance.

 

 

Lan Caihe, sa corbeille de fleurs et sa houe sur l’épaule,

illustration du Xianfo qizong

 

 

De manière également caractéristique, on ne le voit pas vieillir. Voyageur impénitent, il est symbole de jeunesse éternelle et d’innocence. Dans les illustrations de  l’histoire des « Huit Immortels traversant la mer », il est souvent représenté comme un enfant.

 

 

Les huit Immortels traversant la mer,

avec Lan Caihe au milieu,

portant un collier de feuilles et surveillant

son panier de fruits (ou de petits pains) [7]

 

 

Dans cette histoire, il s’aide de ses cliquettes pour traverser, mais le Dragon roi de la mer de l’Est les lui vole et le jette en prison. Il faudra l’aide des sept autres immortels pour vaincre le Dragon en poussant une montagne dans la mer pour détruire son palais sous-marin, et l’intervention de Guanyin pour rétablir la paix, en offrant les cliquettes au dragon comme compensation pour les dommages subis.

 


 

ü  Li Tieguai (李鐵拐/李铁拐) serait né sous la dynastie des Yuan, selon d’autres sous les Sui, mais, selon une légende, il aurait été le disciple de Laozi, menant une vie d’ermite dans une grotte en passant des jours entiers sans manger ni dormir, ni céder aux tentations. Lu Xun le mentionne sans sa « Brève histoire du roman chinois » (《中国小说史略》), en lui donnant le nom de Li Xuan (李玄). C’est l’un des plus populaires des Huit Immortels, associé à la médecine.

 

Il est dépeint comme une sorte de mendiant très laid, avec une barbe hirsute, des cheveux en bataille, marchant en claudiquant en s’appuyant sur un bâton lui servant de béquille. Il était à l’origine un grand gaillard dans un village de mendiants qui gagnait sa vie en coupant du bois. Or un jour il se blessa au pied ; on l’appela Guaizi (拐子), le Boiteux. Une année de sécheresse exceptionnelle, toute sa famille mourut, il survécut mais désormais réduit à la mendicité, parcourant les villages avec sa canne, un panier en bambou et une gourde d’eau.

 

 

Li Tieguai sous un pin, vers 1500,

 Freer Gallery of Art (Washington, DC)

 

 

S’il est si laid et difforme, il y a une raison, qu’explique une légende. Il y avait dans la montagne un taoïste nommé Li Ningyang (李凝阳) que le Maître suprême Taishang Laojun (太上老君) [8] invita sur le mont Huashan. Avant de partir Li Ningyang dit à son disciple : « je vais envoyer mon esprit rencontrer le maître en laissant mon corps ici ; si mon esprit n’est pas de retour dans sept jours, tu pourras incinérer mon corps. » Le sixième jour, le disciple dut partir s’occuper de sa mère tombée gravement malade ; il se dit qu’il valait mieux qu’il remplisse sa mission avant de partir, et il brûla le corps. Le lendemain, l’esprit de Li Ningyang revint, et ne retrouva pas son corps. Or le mendiant Guaizi venait de mourir de faim et n’avait pas encore été enterré ; Li Ningyang lui emprunta son corps, devenant Li Tieguai, Li à la béquille de fer.

 

Selon certaines sources, la gourde qu’il porte, dont émane une légère vapeur, lui aurait été donnée par Laozi ; elle est supposée renfermer bien plus que de l’eau : des médicaments avec lesquels Li Tieguai a mission de soigner les nécessiteux, voire ressusciter les morts. Mais il est bien plus : celui qui vient en aide à ceux dans le besoin en luttant contre tous les maux du monde, d’où sa popularité.

 

Son bâton de fer est devenu un emblème de la médecine traditionnelle chinoise et des apothicaires, comme le bâton d’Esculape pour la médecine occidentale.

 

 

Li Tieguai par le peintre Huang Shen (黃慎), 1757,

Oxford Ashmolean Museum.

 

 


 

ü  Cao Guojiu (曹国舅) ou Cao Jingxiu (曹景休) aurait été, au 11e siècle, le beau-frère de l’empereur Renzong des Song (宋仁宗),   c’est-à-dire le frère de l’impératrice Cao, 2e épouse de l’empereur.

 

Son frère cadet Cao Jingzhi (曹景植), corrompu, utilisait ses relations familiales pour se livrer à des pressions de toutes sortes à son plus grand profit. Cao Guojiu, ne pouvant l’empêcher, tentait de compenser ses exactions en se servant de la fortune familiale pour aider les pauvres. Cao Jingzhi finit par être accusé de corruption et d’abus de pouvoir. Cao Guojiu en ressentit une telle honte qu’il abandonna sa carrière officielle et se retira de la cour pour vivre en réclusion. C’est alors qu’il rencontra Zhongli Quan et Lü Dongbin qui lui auraient donné l’élixir d’immortalité. 

 

Il est représenté avec les deux tablettes de jade hù (笏) que les ministres de la cour tenaient lors des audiences de l’empereur. Elles sont parfois confondues avec des cliquettes de type paiban (拍板), comme celles de Lan Caihe, ce qui lui a valu d’être élevé au rang de patron des acteurs.

 

 

Cao Guojiu en robe jaune, monté sur une tortue noire,

dans la fresque des Huit Immortels du Yonglegong

(Ses tablettes hu sont effectivement représentées

comme des cliquettes, accompagnant le yugu

qu’il tient sous le bras gauche et sur lequel il frappe

de la main droite, instrument qui est

normalement celui de Zhang Guolao [9])

 

                  


 

ü Han Xiangzi (韓湘子) aurait été, sous le nom de Han Xiang, un petit-neveu du grand poète et penseur confucéen des Tang Han Yu (韓愈 768-824).

 

Trois sources attestent de cette parenté :

- une mention dans le « Nouveau Livre des Tang » indiquant que Han Yu avait un petit-neveu, Han Xiang, dont le nom de courtoisie était Beizhu (北渚) et qui a été huissier de justice (dali cheng 大理丞) sous les Tang ;

- une anecdote dans les Youyang zazu (《酉阳杂俎》) de Duan Chenshi (段成式) publiés en 853 ; il y est seulement question du « petit-neveu de Han Yu », sans le nommer : Han Yu ayant tenté de le mettre dans une école confucéenne, puis bouddhiste, sans que le jeune garçon s’intéresse à ses études, il le laissa mener sa vie à sa guise en adepte du taoïsme.

- deux poèmes de Han Yu dédiés à Han Xiang, alias Qingfu (清夫).  L’un est un poème en deux parties intitulé « Écrit à Jiangkou, où j’ai passé la nuit, à l’intention de mon petit-neveu Xiang » (宿曾江口示侄孫湘). L’autre, « Écrit à la passe de Lan, à l’intention de mon petit-neveu Xiang » (左遷至藍關示侄孫湘), est lié à une histoire de Han Yu : ayant tenté, en 819, de dissuader l’empereur Xianzong des Tang (唐憲宗) de faire une grande cérémonie pour vénérer l’arrivée à Chang’an d’une relique du Bouddha, il s’attira la fureur de l’empereur qui lui pardonna pourtant et l’envoya comme préfet dans le Guangdong ; en chemin, il passa par la passe de Lan (Languan 藍關/ 蓝关) dans le Shaanxi où Hanxiang le rejoignit [10] – d’où le poème, en souvenir.

 

On trouve quelques détails sur la vie de Han Xiangzi dans le récit en langue vernaculaire du 17e siècle « L’histoire de Han Xiangzi » (Han Xiangzi quanzhuan《韩湘子全传》) par Yang Erzeng (楊爾曾) [11]. Selon ce récit, Han Xiangzi était le fils du frère aîné de Han Yu. Après la mort de son père et de sa mère, Xiangzi a été recueilli par Han Yu qui l’a élevé comme son propre fils, mais sans parvenir à l’intéresser à quelque étude que ce soit sauf le taoïsme (d’où l’anecdote des Youyang zazu),. Han Yu l’a marié à la fille d’un lettré, mais le mariage est resté lettre morte et, quelques années plus tard, Xiangzi s’est enfui pour aller rejoindre Lü Dongbin et Zhongli Quan. Après avoir atteint l’immortalité, il retourna sur terre pour « délivrer » son oncle, mais se heurta longtemps à son confucianisme obstiné. Ce n’est qu’après l’avoir sauvé d’une tempête de neige, à la passe de Lan, qu’il réussit à vaincre son opposition et à le faire accéder à l’immortalité, faisant ensuite de même pour son épouse.

 

On trouve des histoires fantastiques sur Han Xiangzi dans deux longs romans sur les Huit Immortels : « Le Voyage vers  l’Est (des Huit Immortels) » (《东游记》)  datant des Ming, et « Les Huit Immortels atteignent le Dao » (《八仙得道》) du Taoïste Wugou de Emei (峨眉无垢道人), achevé en 1868.

 

On peut aussi ajouter la légende qui a donné de nombreuses adaptations à la télévision : « Han Xiangzi séduit la fille du dragon en jouant de la flûte » (韩湘子吹箫会龙女). Malheureusement le Roi Dragon, furieux, enferme sa fille au fond de l’océan en lui interdisant toute relation avec le flûtiste… elle lui fait alors envoyer en souvenir une tige de bambou qui se transforme en une flûte magique.

 

On représente souvent Han Xiangzi  marchant sur les flots lors de l’épisode « Les huit immortels traversent la mer » : jouant une mélodie sur sa flûte de bambou (dizi 笛子), il porte une cape au col en feuilles en dents de scie et sur ses pantalons une jupe en roseaux, le tout retenu par une ceinture dont pendent deux gourdes ; il a à l’épaule une sacoche doublée de fourrure.

 

 

L’immortel Han Xiangzi par Liu Jun (劉俊),

fin 15e siècle-début du 16e), Metropolitan Museum of Art.

 

 


 

ü  Zhang Guolao (张果老) est l’un des immortels semi-légendaires : il aurait vécu entre la fin du 7e siècle et le milieu du 8e, pendant la dynastie des Tang. Les traces de son existence dans les sources historiques et les recueils d’anecdotes tiennent cependant en grande partie de la légende.

 

Alchimiste et devin, spécialiste des pratiques de longue vie, il prétendait être si âgé qu’il avait servi sous l’empereur Yao (堯/尧), l’un des cinq empereurs mythiques de l’antiquité chinoise. L’empereur Xuanzong des Tang (唐玄宗) lui a accordé le titre de « Maître qui comprend le mystère » (Tongxuan xiansheng 通玄先生).

 

Il aurait vécu sur le mont Zhitao (枝條山) de la chaîne des monts Heng (恒山) ou monts du Nord (beiyue 北岳), dans le district de Hengzhou (恆州), dans le Shanxi. En vrai taoïste, il refusait tout engagement social et toute fonction à la cour, et même toute invitation. L’impératrice Wu Zetian l’ayant fait venir, il la persuada de sa mort en faisant se putréfier son corps sous ses yeux. En 734, le petit-fils de l’impératrice, l’empereur Xuanzong, chargea le préfet de Hengzhou de l’inviter. Après avoir tenté sa stratégie habituelle d’évitement, Zhang Guolao finit par accepter un poste à la cour où il étonna tout le monde par sa magie et son art de la divination. Il aurait cependant refusé d’épouser la demi-sœur de l’empereur, la princesse Yuzhen (玉真公主). Il se retira dans les montagnes où il mourut, mais, quand on ouvrit sa tombe, elle était vide…

 

Plusieurs textes lui sont attribués, qui discutent d’alchimie, surtout interne. Excentrique, amoureux de la dive bouteille et lui-même créateur de vin à propriétés médicinales, il a inspiré un style d’arts martiaux original : le style de l’homme ivre (Zui quan 醉拳), ou plutôt l’un des styles de l’homme ivre, car il en est un différent pour chacun des Huit Immortels, fondé sur le principe de base d’une apparente instabilité due à l’ivresse, faisant croire à une vulnérabilité du combattant.

 

Zhang Guolao est représenté chevauchant un âne, mais à l’envers, marquant ainsi son refus de suivre la voie conventionnelle des honneurs et des richesses et la pensée traditionnelle pour se concentrer sur la poursuite du dao. Cet âne, en outre, n’est pas ordinaire : il peut parcourir mille lis en une journée et se replie à l’arrivée comme une feuille de papier, retrouvant sa forme originelle lorsque son maître crache de l’eau sur lui. Son emblème est un instrument à percussion nommé yúgǔ (魚鼓) constitué d’un long tube de bambou avec deux baguettes ou deux maillets, instrument qui sert à la divination et à éloigner les esprits et influences néfastes.

 

 

Zhang Guolao sur son âne, portant son yugu

 

 


 

ü Zhongli Quan (鍾離權/锺离权) serait né sous les Han, d’où le nom de Han Zhongli (汉钟离) que l’on trouve parfois. Il est traditionnellement représenté poitrine nue, ventre proéminant, avec une longue barbe et tenant un éventail de plumes (ou de crins de cheval) avec lequel il peut ressusciter les morts et transformer les pierres en argent ou en or.

 

À sa naissance, célébrée le 15e jour du 4e mois lunaire, tout indiquait une destinée hors normes, y compris les traits de son visage : large front, longs cils, regard profond, hautes pommettes, bouche carrée, nez rouge et lèvres écarlates. Une légende veut que son frère aîné ait été dévoré par un tigre. Le jeune Quan a alors appris les arts martiaux pour venger son frère et tuer le tigre, développant ainsi l’amour des armes et du combat autant que de la bonne chère expliquant son ventre rebondi ; rien jusque là ne le prédisposait à devenir immortel.

 

Comme son père, il est devenu grand général de l’armée des Han et il est allé se battre contre les Tibétains. Vaincu, il fut forcé de se replier dans les montagnes. Il y rencontra un vieil homme qui le conduisit à un sanctuaire et lui enseigna des rituels et des pratiques d’alchimie, après quoi il disparut. Zhongli Quan partit avec son éventail magique pour sauver le peuple de la pauvreté et de la famine. Malgré tout, il est d’humeur plaisante et ne refuse pas un verre d’alcool.

 

Dans les textes taoïstes, il est nommé Maître ancestral du vrai yang (Zhengyang zushi 正阳祖师). Dans les récits racontant sa rencontre avec Lü Dongbin, il est appelé Maître de la chambre des nuages (Yunfang xiansheng 云房先生). Son père, qui avait titre de marquis (hóu 侯), était gouverneur de la ville de Yunzhong (云中), c’est-à-dire « la ville dans les nuages ».

 

Selon une légende, il est dit que Zhongli Quan prit Lü Dongbin sous son aile pour l’aider à se cultiver, et lui fit passer une épreuve de dix tests (“十试”的考验) : test de la vie et de la mort, test de richesse, d’endurance, de compassion, de désir, de convoitise, d’honnêteté, d’ouverture d’esprit, de bravoure et de cause à effet. Après cela, Zhongli Quan emmena Lü Dongbin avec lui dans les monts Zhongnan et ils fondèrent ensemble l’École Zhong-Lü de l’Élixir d’or (钟吕金丹派).   

 

 

Zhongli Quan, peinture murale des Huit Immortels du Yonglegong

Ventre à l’air, tenant sa ceinture, il est tourné vers Lü Dongbin.

 

 


 

ü  Lü Dongbin (吕洞宾) est peut-être le plus connu et le plus populaire des huit, vénéré dans le peuple comme dans la secte Quanzhen qui lui a décerné le titre de « Maître Zhengyang » (“正阳祖师”).

 

Taoïste disciple de Zhongli Quan

 

Il était originaire de ce même district de Ruicheng où se trouve le temple taoïste du Yonglegong, ce qui explique que le temple lui ait été consacré. Son grand-père et son père étaient ministres sous les Tang. Lü Dongbin serait né le 14e jour de la 4e année de l’ère Zhenyuan (貞元  785-805) du règne de l’empereur Dezong des Tang (唐德宗), c’est-à-dire vers 796. Après avoir échoué aux examens impériaux pendant plus de vingt ans, il abandonna et mena une vie errante. Ayant rencontré Zhongli Quan à Chang’an, celui-ci le convertit au taoïsme. D’après la légende, Zhongli Quan a enseigné à Lü Dongbin la technique dite de « l’épée en fuite au ciel » (天遁剑法), après quoi Lü Dongbin utilisa l’épée comme une arme magique pour exorciser les démons, guérir les maladies, et généralement aider et éclairer le peuple – d’où le style d’arts martiaux dit « Épée des huit immortels » (八仙剑).

 

Mais il avait ses défauts, et il avait en particulier tendance à boire et à s’enivrer. De là l’histoire populaire « Lü Dongbin s’enivre trois fois au pavillon Yueyang » (“吕洞宾三醉岳阳楼”) qui raconte comment il a aidé deux esprits à devenir immortels.

 

Sa vie est le sujet des peintures murales de la Salle Chunyang du Yonglegong (d’après son surnom de « Maître du yang pur » Chunyang Zi 纯阳子). Le clou en est la fresque de 3.70 mètres de haut, couvrant près de 16 m2,  intitulée « Zhongli Quan instruisant Lü Dongbin » (《钟离权度吕洞宾》). La peinture est magistrale, dans de superbes couleurs de shanshui bleu-vert : Zhongli Quan est assis contre un pin, poitrine nue comme à son habitude, dans une pose décontractée ; Lü Dongbin semble réfléchir : il a les mains dans ses manches, la gauche tirant légèrement sur sa manche droite en un geste où l’on devine une hésitation, voire un conflit intérieur.

 

 

Zhongli Quan instruisant Lü Dongbin,

peinture murale du Chunyan dian, Yonglegong,

 

 

Zhongli Quan était aussi poète et certains de ses poèmes figurent dans l’Anthologie complète des poèmes Tang (《全唐诗》 ). Il est mentionné dans deux ouvrages de Hong Mai (洪迈) écrits sous les Song du Sud, le « Yijianzhi » (《夷坚志》) et les « Histoires d’immortels » (《集仙传》).

 

Légendes et histoires

 

- Les légendes abondent à son sujet, mais il est surtout célèbre pour le « Rêve du millet jaune » (Huang liang meng “黄粱梦”) tiré du « Livre de l’oreiller » (《枕中记》) de Shen Jiji (沈既济), auteur de chuanqi sur le thème du rêve comme illusion. S’étant endormi alors qu’il était à l’hôtel et qu’on faisait cuire du millet jaune, Lü Yan, alias Dongbin, rêva qu’il avait passé avec succès l’examen mandarinal ; il était promu vice-ministre et épousait la fille d’un éminent lettré qui lui donnait un fils et une fille. Mais ses succès lui attiraient des jalousies féroces ; il perdait son emploi, sa femme le trahissait, ses enfants étaient tués par des bandits, il perdait toute sa fortune. Il était en train de mourir dans la rue lorsqu’il se réveilla : 18 années s’étaient écoulées dans son rêve, mais c’était en fait juste le temps que le millet soit cuit.

 

Le rêve lui aurait été conté par Zhongli Quan pour le convaincre du caractère éminemment illusoire et fugace du succès et de la gloire. L’histoire est rapportée dans l’encyclopédie Taiping Guangji (《太平廣記》/《太平广记》) des Song, où Lü Yan est remplacé par « l’Étudiant Lu » (Lu Sheng 盧生/卢生) et Zhongli Quan par « le vieux Lü » (Lü Weng 呂翁).

 

 

Le rêve du millet jaune

 

 

- Une autre histoire a donné une expression proverbiale de type chengyu. Lors d’une discussion avec Erlang Shen (二郎神), Lü Dongbin s’attira la haine du chien céleste Xiaotian Quan (嘯天犬) qui l’accompagnait et le secondait. Descendu sur terre, Xiaotian Quan fut capturé et vendu à un boucher de viande canine. Se trouvant passer par là, Lü Dongbin le sauva. Mais l’animal, tout à sa rancune, le mordit au lieu de le remercier. L’histoire a donné le chengyu « [comme] le chien mordant Lü Dongbin » (Gou yao Lü Dongbin 狗咬呂洞宾) pour stigmatiser ceux qui ne savent pas oublier des rancœurs anciennes pour remercier quelqu’un d’un bienfait.


 


[1] Qui dit plus précisément : “正是八仙同过海,独自显神通。” (exactement comme les Huit Immortels traversant la mer, chacun déployant leurs pouvoirs spécifiques)

[2] Secte qui tient un rôle non négligeable dans les romans de Jin Yong (金庸), surtout la trilogie des « Héros chasseurs d’aigles » (《射雕英雄传》). 

[3] Lieu où le temple a été déplacé en 1959, avant l’inondation de la région où il se trouvait en raison de la construction du barrage de Sanmenxia (三门峡大坝).

[4] Détails des représentations de chacun des personnages : 永乐宫壁画《八仙过海》

[5] L’un des plus anciens instruments de musique chinois, sorte d’orgue à bouche mentionné dans le Classique des poèmes (Shijing《詩經》 /《诗经》).

[6] Voir l’article “Stomping Songs : Word and Image”, par Charles Hartmann (Chinese Literature: Essays, Articles, Reviews, vol. 17 (Dec. 1995).

[7] Illustration du livre « Myths & Legends of China » de E.T.C. Werner (1922), à télécharger et lire en ligne.

[8] Taishang Laojun ou Daode Tianjun (道德老君), le Maître Céleste de la Voie et de la vertu, dont une incarnation est Laozi. D’où la légende qui fait de Li Tieguai son disciple.

[9] À l’époque des peintures (14e siècle), les emblèmes et les histoires des personnages ne sont pas encore bien fixés.

[10] L’histoire est plus complète dans le Han Xiangzi quanzhuan où elle est liée à une prophétie de Hanxiang inscrite sur les pétales de pivoines offertes à son oncle, prédisant qu’il se retrouverait bloqué par la neige à la passe de Lan.

[11] Traduit intégralement en anglais par Philip Clart sous le titre « The Story of Han Xiangzi: The Alchemical Adventures of a Daoist Immortal », University of Washington Press, 2007.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     

 

 

 

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