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Histoire de
la médecine chinoise
I. La
médecine traditionnelle chinoise de l’antiquité à nos jours :
prolégomènes
III. Drogues et poisons dans l’histoire
chinoise et la littérature
II. Médecins célèbres et
leurs ouvrages, des Royaumes combattants au XXe siècle
par Brigitte
Duzan, 24 juin 2026
A.
Les
médecins légendaires de la période des Royaumes combattants et
des Trois Royaumes
1.
Le plus ancien médecin chinois connu est Bian Que (扁鹊),
qui aurait vécu pendant la période des Royaumes combattants et
serait mort en 310 avant notre ère. Mais une grande partie de ce
qu’on connaît de lui tient de légendes, à commencer par celles
de la biographie que lui a consacrée Sima Qian dans ses
« Mémoires historiques » (《史记》) :
la Biographie de Bian Que et de Cang
Gong《扁鹊仓公列传》(36).
Cette biographie débute par le récit de visites régulières d’un
vieil homme mystérieux dans l’auberge où, adolescent, Bian Que
était employé ; au bout de dix ans, il lui confie qu’il a des
remèdes miracles à lui confier avant sa mort. Il lui en donne un
paquet, à prendre avec de l’eau, qui lui donnera un don de
clairvoyance et disparaît. C’est ainsi, dit Sima Qian, que Bian
Que acquit la capacité de voir, littéralement, à travers les
corps, devenant ainsi un expert du diagnostic.
En fait, il s’appelait Qin Yueren (秦越人),
Bian Que n’est qu’un pseudonyme (绰号)
qui lui a été attribué par référence à un médecin légendaire du
temps des Zhou cité dans la préface des « 81 difficultés du
Classique de l’empereur Jaune » (《黄帝八十一难序》),
un ouvrage du 1er siècle de notre ère qui tente de
donner des solutions aux énigmes posées par le classique. Mais
une autre explication est avancée : le caractère
扁
est à rapprocher de
翩
piān,
qui signifie « voler très vite » et
鹊
què
désigne une pie – Bian Que serait ainsi une sorte d’oiseau aux
dons miraculeux, et il est représenté ainsi, mi-homme mi-oiseau,
dans des fresques murales de la fin des Han.
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Représentation de Bian Que dans une gravure sur
pierre
du
temple ancestral de Confucius à Qufu
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Selon l’une de ces légendes, il était un jour dans un petit État
où il diagnostiqua une maladie de la peau au seigneur et maître
qui, se sentant en pleine forme, n’en crut pas un mot et accusa
Bian Que de vouloir lui faire peur, pour profiter de sa peur. Au
cours de visites ultérieures, Bian Que le mit en garde contre
l’aggravation de sa maladie qui se propageait peu à peu dans son
corps. La dernière fois, il s’enfuit, expliquant à un serviteur
du palais que la maladie avait atteint la moelle et était
désormais incurable. Le seigneur mourut peu de temps plus tard.
Il est l’un des premiers, dans l’histoire de la médecine
chinoise, à être crédité d’une « résurrection », en fait le
traitement par acupuncture d’un prince dans le coma qu’il ramena
à la vie par une seule piqûre au sommet du crâne, et qu’il
traita ensuite par phytothérapie pour obtenir un rétablissement
complet.
Bian Que serait l’inventeur de l’anesthésie, par acupuncture. Il
est connu pour avoir excellé dans la prise de pouls. On dit
qu’il établissait ses diagnostics en quatre étapes : observation
extérieure (langue et apparence), écoute (voix et respiration),
interrogation (pour connaître les symptômes) et prise de pouls.
Le Traité sur la littérature du Livre des Han (Hanshu.
Yiwenzhi《漢書.
藝文誌》/ 《汉书.
艺文志》)
lui attribue deux ouvrages aujourd’hui disparus : un Classique
interne et un Classique externe (《扁鹊内经》et《扁鹊外经》).
2.
Outre Bian Que, un autre médecin a acquis une notoriété
légendaire : Hua Tuo (华佗),
qui a vécu dans la période troublée de la fin des Han et du
début de la période de division suivante, celle des Trois
Royaumes.
Célébré dans
le « Livre des Han postérieurs » (Hou Han Shu
《後漢書》/ 《后汉书》),
il apparaît aussi dans le « Roman
des Trois Royaumes » (Sānguó Yǎnyì 《三国演义》).
Dans le roman, Hua Tuo est appelé au chevet de Guan Yu (關羽/关羽),
célèbre général de l’État de Shu (蜀),
qui a été blessé par une flèche empoisonnée ; il le sauve en
ouvrant la blessure et en grattant jusqu’à l’os – en fait Guan
Yu a été soigné par un médecin militaire dont le nom n’a pas été
noté. Mais Hua Tuo a également dû soigner le redoutable Cao Cao
(), et cette histoire a deux versions, qui se terminent
cependant de la même manière.
Selon l’une
des versions, Cao Cao souffrant de maux de tête, Hua Tuo l’a
soulagé par l’acupuncture et Cao Cao a voulu le garder près de
lui ; mais Hua Tuo a préféré s’éclipser en rentrant chez lui,
prenant pour prétexte le fait que sa femme était malade pour ne
pas revenir… sur quoi Cao Cao l’a fait exécuter. Selon l’autre
version, Hua Tuo a déclaré à Cao Cao qu’il ne pouvait soigner
ses névralgies qu’en l’opérant, c’est-à-dire en lui ouvrant le
crâne, sur quoi Cao Cao ordonna son exécution… et finit par
mourir de ce qui était peut-être une tumeur au cerveau…
Cette histoire
est souvent citée en illustration du chengyu « cacher une
maladie (refuser de la reconnaître et de la mentionner) par peur
du traitement » (huì jí jì yī
讳疾忌医).
B.
Les
médecins fondateurs, de la fin des Han aux Song et aux Ming
3.
Hua Tuo a une aura de légende. Il est un autre médecin de la fin
des Han, Zhang Zhongjing (张仲景),
qui est considéré comme l’un des plus éminents pharmacologues et
physiciens chinois. Il est l’auteur d’un ouvrage fondamental où
sont résumées les connaissances médicales de son époque.
Les dernières
années de la dynastie des Han sont marquées par des
insurrections paysannes et des conflits incessants entre chefs
de guerre rivaux. Le chaos généré entraîne le développement de
maladies infectieuses, la famille de Zhang Zhongjing n’est pas
épargnée. Il apprend alors la médecine auprès d’un de ses
camarades, collecte un grand nombre de prescriptions et se
plonge dans le principal traité médical de l’époque, le
« Classique interne de l’empereur Jaune » (Huángdì Nèijīng
《黄帝内经》),
qui se présente comme un dialogue entre le mythique Empereur et
ses ministres, en deux parties : les questions de base sur les
méthodes de diagnostic et une discussion sur les principes
d’acupuncture.
Il écrit alors
son magnum opus : le « Traité des attaques du froid et maladies
diverses » (Shānghán zábìng lùn《傷寒雜病論》/《伤寒杂病论》).
Cependant, dans le chaos de la période des Trois Royaumes,
l’ouvrage disparaît peu de temps après la mort de son auteur
(vers 220). Mais des fragments du texte sont retrouvés une
cinquantaine d’années plus tard, par un fonctionnaire de
l’Académie impériale de médecine, Wang Shuhe (). Il les
réorganise et en fait une première version, rebaptisée « Traité
des attaques du froid » (Shānghán lùn
《傷寒論》/《伤寒论》).
Mais le texte n’est pas publié, seules des copies circulent
pendant près de cinq siècles. On en trouve une première
référence seulement dans les « Prescriptions essentielles valant
mille pièces d’or » (《备急千金要方》)
de Sun Simiao (孙思邈),
au début de la dynastie des Tang [voir ci-dessous].
Un siècle plus
tard, l’ouvrage est cité dans une compilation d’œuvres
antérieures aujourd’hui disparues réalisée en 752 par un
fonctionnaire du nom de Wang Dao (王燾/王焘),
« Essentiels secrets de la terrasse extérieure » (《外臺秘要》
/《外台秘要》).
Il faut attendre la dynastie des Song du Nord, avec le
développement de l’imprimerie et la création du Bureau des
publications médicales révisées (jiàozhèng yī
shūjú
校正醫書局/校正医书局), pour
voir le texte de Wang Shuhe imprimé et publié, en 1065 ; il est
alors intitulé « Traité des attaques du froid, édition des
Song » (宋版).
Mais cette édition a également disparu, et ne nous est connue
que par une édition ultérieure de 1599. Le traité reste malgré
tout un texte fondamental qui a été abondamment commenté, dès le
12e siècle, y compris au Japon où une édition était
parue avant celle des Song, mais sans qu’elle soit connue en
Chine.
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Le Shānghán lùn |
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Le traité
n’est pas, malgré son titre, limité aux « maladies causées par
le froid » ; il suit une dialectique yin-yang en distinguant
trois pathologies yang et trois yin, avec dans
chaque cas une subdivision en tableaux cliniques utilisés dans
le traitement de maladies courantes, pour conclure sur une
prescription
.
4.
Pendant la période de division des dynasties du Nord et du Sud (Nán
běi cháo南北朝)
qui va de 420 à la réunification par les Sui en 589, est apparu
dans ce qui est aujourd’hui le Jiangsu un lettré polymathe à la
fois calligraphe, astronome, musicien, alchimiste, mais aussi
médecin et pharmacologue : Tao Hongjing (陶弘景),
qui a vécu de 456 à 536 dans l’actuelle ville de Nankin. Son
père et son grand-père paternel étaient des lettrés,
calligraphes mais aussi experts en plantes médicinales.
À l’âge de 25
ans, il est nommé précepteur des princes impériaux du futur
empereur Gao (高帝),
fondateur en 479 des Qi du Sud (南齊/南齐),
la deuxièmes des éphémères dynasties du Sud. Mais son père meurt
en 481, puis sa mère en 484. Il se retire pour observer le deuil
rituel, puis, en 492, il démissionne de ses postes officiels
pour étudier avec des maîtres taoïstes. Il se retire sur le mont
Maoshan (茅山),
compile des textes de révélations et fait des expériences
d’alchimie et de diététique taoïste.
Quand son ami
Xiao Yan (蕭衍)
fonde la dynastie des Liang (梁朝)
en 502, il lui fait bâtir un ermitage sur le Maoshan, l’exempte
des décrets anti-taoïstes qu’il promulgue (il est bouddhiste) et
le soutient financièrement dans ses recherches alchimiques en
lui procurant les minerais dont il a besoin pour ses talismans
et ses élixirs. Dans l’ouvrage qui réunit ses textes sur le
taoïsme
,
Henri Maspero raconte que, bien que taoïste, de manière typique
de l’époque, Tao Hongjing avait fait élever un stupa du
Bouddha ; mais c’était peut-être une initiative de son
commanditaire.
Tao Hongjing
poursuit des recherches alchimiques. Entre 508 et 512, lors de
divers voyages dans le sud-est, il rencontre un dénommé Zhou
Ziliang (周子良)
qui a des visions et auquel des divinités du Maoshan ont prédit
que son destin est de devenir immortel. Convaincu, Zhou Ziliang
se suicide avec un élixir fait d’un cocktail de champignons et
de cinabre… L’Histoire des Dynasties du Sud (南史)
rapporte qu’il réussit à composer un élixir en poudre fait de
cinabre, d’or, de malachite, de réalgar et autres, nommé Élixir
sublimé (fēidān
飛丹/飞丹),
littéralement « l’élixir qui fait voler » car il avait la
propriété de rendre le corps extrêmement léger. Après en avoir
pris, l’empereur le confirma et redoubla d’attentions envers son
ami…
Tao Hongjing
est l’auteur d’une cinquantaine de textes littéraires, de
poésies et de classiques taoïstes, mais aussi, outre un livre
d’alchimie, d’un ouvrage de pharmacologie dont des portions ont
été découvertes parmi les manuscrits de Dunhuang : les
« Commentaires réunis du classique de matière médicale » (Běncǎo
jīng jízhù《本草經集注》)
qui est une réédition critique du grand classique de la dynastie
des Han attribué à Shennong (《神農本草經》/《神农本草经》).
Tao Hongjing explique dans sa préface que le Shennong bencao
jing avait été corrompu au point qu’il était devenu
difficile à comprendre ; à ses commentaires explicatifs il a
ajouté des textes antérieurs, mais aussi des textes alchimiques
intitulés « classique sur les élixirs d’immortalité » (xiān
jīng
仙經) et
« livre sur les techniques taoïstes » (dàoshū
道書/道书).
Tao Hongjing est considéré comme le fondateur de la
pharmacologie critique en Chine.
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Préface de Tao Hongjing du Běncǎo jīng jízhù
retrouvée à Dunhuang, datée 718 |
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5.
Sous les dynasties des Sui et des Tang, un médecin est devenu
célèbre pour ses contributions à la médecine traditionnelle
chinoise : Sun Simiao (孙思邈),
lui aussi grand alchimiste autant que médecin, surnommé
« médecin céleste et homme authentique » (天医真人)
et « roi de la médecine » (yào wáng药王)
– qui pourrait aussi se traduire « roi des herbes » ou « roi des
drogues ».
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Sun Simiao, représentation tirée de l’ouvrage
« Les
faits merveilleux des immortels et des
bouddhas »
(仙佛奇蹤插圖)
de Hong Zicheng |
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On dit
qu’adolescent, il était souvent malade, et qu’il a donc étudié
la médecine pour se soigner lui-même. Il aurait parcouru de
grandes distances pour recueillir des recettes utiles en
étoffant ainsi ses connaissances de la pharmacopée. Il aurait
acquis une telle notoriété, pour guérir les maladies mais aussi
« prolonger la vie », que trois empereurs lui auraient proposé
un poste dans l’administration impériale. Mais il a préféré se
retirer sur le Wutaishan (五台山)
et y vivre en ermite. Il serait mort à l’âge de 101 ans (voire
142 ans).
Il a laissé un
volumineux ouvrage de médecine , et d’alchimie, intitulé
« Prescriptions essentielles valant mille pièces d’or » (Bèijí
qiānjīn yàofāng《备急千金要方》ou
Qiānjīn yàofāng《千金要方》),
publié en 652, complété en 682 par le « Supplément aux
Prescriptions essentielles » (Qiānjīn yìfāng《千金翼方》).
Il est aussi l’auteur de plusieurs ouvrages sur le taoïsme, mais
il est célèbre pour ses méthodes de préparation d’élixirs
d’immortalité. Ceux-ci étaient composés, outre des plantes, de
minéraux hautement toxiques, tels que cinabre, mercure, soufre
et autres. Il s’agissait de dépasser les effets secondaires
dangereux de tels cocktails pour ne garder que le supplément de
vitalité voulu. Pour cela, Sun Simiao a mis au point une méthode
de calcination (fú huǒ fǎ
伏火法)
utilisant soufre, salpêtre et charbon de bois permettant
d’atténuer la nocivité de sa formule. C’est ainsi, l’une des
expériences ayant produit une explosion, qu’il a aussi découvert
… la poudre à canon !
Sun Simiao
s’inscrivait malgré tout dans toute une tradition datant de
l’antiquité qui voyait dans la maladie le résultat de l’action
maléfique de démons (gui ) contre lesquels on luttait à l’aide
de talismans, d’incantations et de rituels d’exorcisme. Sun
Simiao préconisait, pour chasser ces démons, des fumigations
obtenues par combustion de sulfures, d’arsenic et autres, ainsi
que de musc. Le « Supplément aux Prescriptions essentielles »
donne une liste de 32 drogues contre les démons, mais aussi des
formules magiques visant à s’assurer l’assistance de forces
surnaturelles pour détruire ces démons, dans des rituels
d’exorcisme pratiqués après une période de jeûne, des ablutions
et divers exercices. Son utilisation de l’acupuncture pour faire
fuir les démons du corps – avec identification de treize points
étant « le camp du démon » – pourrait laisser entrevoir une
origine « démoniaque » de l’acupuncture.
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Statue de Sun Simiao dans le temple taoïste du
Nuage blanc de Pékin (北京白云观)
Nota : il est assis sur un tigre qu’il a un jour
soigné, selon la légende,
en lui retirant un os humain qui lui était resté
en travers de la gorge. |
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Malgré tout,
l’approche essentielle de Sun Simiao en tant que médecin taoïste
est la prévention plutôt que la guérison, approche qui est
restée celle de la médecine traditionnelle chinoise. Dans le
Qiānjīn yàofāng, il donne des recommandations pour vivre
longtemps en bonne santé, conseils qui vont de l’exercice
physique (dǎoyǐn
导引) aux
massages (ànmó
按摩) et
à la diététique (fúshí
服食)
jusqu’aux techniques de respiration, littéralement la régulation
du souffle (tiáo qì fǎ
调气法).
Et il oppose cette hygiène de vie à l’usage de drogues, souvent
toxiques, dont il recommande une utilisation prudente.
Il est lui
aussi la source d’un chengyu : « la flamme du
fourneau est devenue d’un bleu pur » (lú huǒ chún qīng
炉火纯青),
signifiant que l’opération d’alchimie est réussie. L’expression
est utilisée de manière métaphorique pour signifier l’achèvement
d’un niveau suprême de perfectionnement après de longs travaux
d’études et d’apprentissage. Le chengyu vient d’un poème
de Sun Simiao :
《四言诗》“洪炉烈火,烘焰翕赫;烟未及黔,焰不假碧
。”
Le feu du fourneau est ardent, ses flammes sont
éclatantes ;
La fumée n’est plus noire, la flamme a la pureté
du jade bleu
.
6.
Près de cinq siècles plus tard, au 12e siècle, Liu
Wansu (刘完素),
nom social Shouzhen (守真),
est un célèbre médecin originaire de Hejian (河间),
dans l’actuelle province du Hebei. Mort en 1200, il a vécu et
exercé à l’époque où la Chine du nord était sous le contrôle de
la dynastie Jurchen des Jin (金朝),
après la chute des Song du Nord en 1127.
Sa vocation
est née à la mort de sa mère, emportée par la maladie sans
qu’aucun médecin se soit déplacé pour la soigner. Il a commencé
comme il était courant à l’époque, en étudiant le « Classique de
l’empereur Jaune » (Huángdì nèijīng《黃帝內經》),
et en particulier la première partie, les « Questions
essentielles » (Sùwèn
素問/素问)
concernant les théories médicales de base et les méthodes de
diagnostic.
Il est connu
pour ses traitements à base de substances végétales, minérales
ou animales qu’il fondait et expliquait par le système de
correspondance des Cinq phases (wǔxíng
五行) )
et des six agents : le corps humain étant organisé selon le
principe des Cinq phases et des six souffles (wǔyùn liùqì
五运六气),
chaque organe est associé à l’un des cinq éléments (bois, feu,
terre, métal, eau), les six qi étant les six agents
pathogènes (vent, chaleur, feu, humidité, sécheresse, froid)
liés aux saisons et déterminant l’état de santé.
Soulignant en
outre le rôle essentiel du feu et de la chaleur dans l’émergence
des maladies, Liu Wansu en a déduit la nécessité de prescrire
des remèdes « rafraîchissants ». Il forma autour de lui un
groupe de disciples qui appliquaient ses principes, connu sous
le nom d’ « École du froid et du frais » (hán
liáng
pài
寒凉派).
Il a laissé
plusieurs ouvrages dont trois sont des commentaires du Suwen
du « Classique de l’empereur Jaune », dont le principal : « Les
principes profonds des formes pathogènes du Suwen » (Sùwèn
xuánjī yuán bìngshì《素问玄机原病式》
abrégé en yuán bìngshì
《原病式》),
édité en 1186 – en insistant sur le feu comme cause principale
des maladies.
On lui
attribue par ailleurs un traité sur les « maladies du froid » :
« Traitements courants des maladies causées par le froid » (Shānghán
zhí gé《伤寒直格》)
dont la troisième partie détaille les formules du Shānghán
lùn de Zhang Zhongjing en leur ajoutant une trentaine de
prescriptions personnelles.
7.
Zhang Yuansu (张元素),
nom social Jiegu (潔古),
a été l’un des médecins les plus importants de la période de
transition qui suit, entre la dynastie des Jin (金朝),
au nord, et la dynastie mongole des Yuan (元朝)
établie en 1271. On dit qu’il s’est rendu célèbre après avoir
guéri Liu Wansu d’une maladie fébrile provoquée par le
froid. Quoi qu’il en soit, on peut dire que ses principes
sont très proches des siens.
Originaire de
Yizhou (易州),
dans la province actuelle du Hebei, c’est après avoir échoué aux
examens mandarinaux qu’il se tourne vers les études de médecine.
Après une lecture approfondie du « Classique interne de
l'empereur Jaune », il développe une nouvelle conception de la
pharmacopée traditionnelle nommée « École de Yishui » (易水学派).
Il utilise les
principes utilisés en acupuncture pour expliquer le mode
d’action sur le corps des herbes médicinales. Comme Liu Wansu,
il utilise la théorie des correspondances systématiques des
Cinq Phases (wǔxíng
五行) tirée
du « Classique interne de l'empereur Jaune » pour analyser
l’action thérapeutique des remèdes. Il analyse la matière
médicale à la lumière de ce système de correspondances dans son
ouvrage intitulé « Le sac de perles » (Zhēnzhū náng《珍珠囊》),
publié en 1234 ; mais il indique aussi pour chaque remède ses
attributs yin et yang, et avec lequel des douze conduits (jīng
经)
il est associé, en soulevant les problèmes de compatibilité.
L’ouvrage a été adapté en une version découpée en syntagmes
rythmés pour faciliter la mémorisation. Il est encore réédité de
nos jours.
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Le sac de perles Zhēnzhū
náng《珍珠囊》 |
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Zhang Yuansu a
aussi publié divers ouvrages sur des formules de médicaments en
fonction des symptômes et sur diverses méthodes d’acupuncture.
On lui attribue également un texte sur « Les origines des études
médicales » (Yīxué qǐ
yuán《醫學啟源》
/
《医学启源》),
mais cette attribution est contestée.
Outre Liu
Wansu (et ses disciples) et Zhang Yuansu, cette
période des dynasties des Song du Nord, des Jin et des Yuan (宋金元)
est riche en auteurs d’ouvrages de matière médicale (běncǎo
本草) qui
était le fondement de la science médicale chinoise, à côté de
l’acupuncture.
- Sous les
Song, au 11e siècle : Tang Shenwei (唐慎微),
d’une famille de lettrés et de médecins du Sichuan, resté
célèbre pour ne pas demander d’argent aux patients qu’il
soignait, sans faire de différence entre riches et pauvres, dans
une optique essentiellement taoïsante, mais en demandant aux
patients lettrés des ordonnances familiales qu’il copiait. Il a
laissé une somme de ses recherches sous le titre « Matière
médicale vérifiée et classée » (Zhènglèi běncǎo
《證類本草》/
《证类本草》).
Composée de plus de 500 monographies, l’ouvrage a été révisé à
plusieurs reprises au cours des siècles suivants, et a d’autant
plus d’importance qu’il cite des ouvrages antérieurs, perdus par
la suite.
Tang Shenwei a
aussi compilé une « Matière médicale classée pour utilisation
d’urgence » (《经史证类备急本草》)
en 31 volumes, éditée en 1211.
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Matière médicale classée pour utilisation
d’urgence
《经史证类备急本草》 |
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- Au début du
12e siècle, toujours sous les Song du Nord, Kou
Zongshi (寇宗奭)
a servi comme fonctionnaire en divers endroits et a passé dix
ans à profiter de ses voyages et affectations pour recueillir
des informations sur la matière médicale sur le terrain, en
soignant les malades. C’est ainsi qu’il a compilé son ouvrage
« Interprétation étendue de la matière médicale » (Běncǎo
yǎnyì
《本草衍義》/《本草衍义》),
présenté à l’empereur en 1116, ce qui lui valut un poste
officiel de responsable des achats de substances médicales. Là
aussi Kou Zongshi reprend des commentaires d’ouvrages
antérieurs, dont le Shennong běncǎo, mais il
marque le début de l’utilisation, caractéristique de la période,
des théories du yin-yang et des Cinq phases dans la
littérature de materia medica. L’ouvrage a servi de
source première lors de la compilation de l’encyclopédie
médicale Zhenglei bencao de la dynastie des Yuan.
- Né en 1180,
sous la dynastie des Jin, dans une famille d’éminents lettrés du
Hebei, Li Gao (李杲)
était un disciple de Zhang Yuansu auprès duquel il a étudié à
Yishui – avec Wang Haogu (王好古 )
– en payant, dit-on, une bonne somme d’or ; disposant d’une
riche fortune familiale, Li Gao ne pratiquait qu’à ses heures de
loisirs et ne se souciait guère de se déplacer auprès de
malades. C’est, en ce sens, l’inverse de Tang Shenwei.
Li Gao a pour
caractéristique d’avoir apporté un élément supplémentaire à la
théorie des Cinq phases : l’importance dans le fonctionnement du
corps de la rate et de l’estomac, associés à l’élément central
qu’est la terre, d’où le nom de sa doctrine : « École de de la
terre » (bǔ tǔ pài
补土派).
Lui aussi était spécialiste des maladies causées par le froid,
outre les abcès et les maladies des yeux. Sa méthode commençait
par la prise de pouls entraînant diagnostic, suivi d’une analyse
comparée de divers traités médicaux, en dialogue avec le
patient.
Il a laissé
plusieurs ouvrages dont un de médecine interne, le « Discours
sur la rate et l’estomac » (Píwèi lùn
《脾胃論/论》),
et un texte clinique, « Trésors secrets de la chambre des
Orchidées » (Lánshì mìcáng
《蘭室秘藏》/《兰室秘藏》),
dont le titre est une référence à la fameuse salle où sont
entreposés des textes médicaux précieux selon le Suwen du
« Classique de l’empereur Jaune », c’est-à-dire un espace pour
la sauvegarde et la transmission de tels textes – l’orchidée
étant, dans la culture chinoise, associée à la pureté et à
l’élégance, et par extension à la recherche scientifique.
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Trésors secrets de la chambre des Orchidées
Lánshì mìcáng |
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On lui
attribue aussi un texte sur « L’usage des drogues tel que
reflété dans la loi [des correspondances] » (《用药法象》),
mais qui n’apparaît dans aucune bibliographie et n’est cité dans
aucun texte ultérieur.
Dans le
« Catalogue général de l’Encyclopédie des quatre Trésors » (Sì
kù quánshū·zǒng mù tíyào《四库全书·总目提要》) compilée
au 18e siècle à l’initiative de l’empereur Qianlong
des Qing (乾隆帝),
il est dit que les écoles de Hejian (河间学派),
celle de Liu Wansu, et de Yishui (易水学派),
celle de Zhang Yuansu, sont les deux écoles les plus influentes
de l’histoire de la médecine chinoise.
8.
La dynastie des Ming a elle aussi son médecin légendaire : Li
Shizhen (李时珍
1518-1593), lui-même fils de médecin, célèbre pour son ouvrage
de matière médicale.
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Li Shizhen |
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Il a décidé
d’étudier la médecine après avoir échoué trois fois aux examens
impériaux. En 1551, il est engagé par le prince de Chu à Wuchang
(武昌的楚王),
pour diriger le bureau médical du palais. Il sauve alors le fils
du prince d’une syncope, ce qui lui vaut tout de suite une bonne
réputation. Cinq ans plus tard, il est nommé au Bureau médical
impérial (tàiyīyuàn太医院)
à Pékin, et c’est alors qu’il entreprend ses recherches sur la
matière médicale en travaillant sur les anciennes pharmacopées
auxquelles il a accès au Bureau médical impérial. Mais, au bout
d’un an, choqué par certaines pratiques qu’il juge frauduleuses,
il démissionne et retourne dans sa ville natale. Il a alors 34
ans et commence à compiler sa propre pharmacopée.
Il a passé
près de trente ans à étudier différentes sortes de substances
médicinales. Il a laissé un ouvrage qui renouvelle complètement
le genre « matière médicale » (běncǎo
本草) :
la « Matière médicale classifiée » (Běncǎo gāngmù《本草纲目》),
dont la première édition date de 1593, l’année de sa mort. Il
avait passé dix ans à chercher un éditeur, et cette première
édition fut vendue à quelques riches amateurs, sans recevoir
beaucoup d’attention.
Or c’est une
véritable encyclopédie médicale, célébrée aujourd’hui comme un
monument de la science médicale chinoise. Littéralement
« Classes et ordres des plantes médicinales », l’ouvrage porte
non seulement sur les espèces végétales, dont il a recensé 1 094
espèces, mais aussi animales (444) et minérales (275), au total
1 892 notices (zhǒng
种),
avec 1 100 illustrations et 11 000 prescriptions. avec une
profusion d’informations philologiques, historiques et autres.
Les données sont en outre classées de manière innovante, en 16
sections (bù
部)
et 60 classes (lèi
类).
L’ouvrage est considéré comme l’apogée de la méthode
traditionnelle de compilation fondée sur une somme
d’informations thérapeutiques.
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Le Běncǎo gāngmù |
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Un ouvrage
semblable avait été entrepris cinquante ans auparavant par un
autre médecin, Liu Wentai (刘文泰),
avec le soutien de l’empereur Hongzhi des Ming (明弘治) :
« L’essentiel de la matière médicale classée » (《本草品彙精要》).
Mais il s’agit là d’une œuvre collective qui a mobilisé une
quarantaine de personnes de 1503 à 1505, et qui n’a pourtant pas
été publiée sous les Ming : il faudra attendre 1937 pour que
l’ouvrage soit publié, par la Commercial Press.
Li Shizhen est
lui aussi crédité d’une « résurrection » : un jour qu’il passait
dans la rue, il vit un groupe de gens qui portaient un cercueil
et il remarqua que du sang en coulait ; il persuada les porteurs
de s’arrêter et d’ouvrir le cercueil : c’était une femme
enceinte, il la massa, lui inséra un aiguille d’acupuncture près
du cœur, elle revint à la vie et peu après donna naissance à un
garçon.
Comme ses
prédécesseurs, il a lui aussi donné naissance à un chengyu :
« Faute de pouvoir devenir un grand ministre, autant souhaiter
devenir un grand médecin » (不为良相,愿为良医).
La médecine
traditionnelle a poursuivi une évolution en dents de scie
jusqu’au 20e siècle, face, alors, à la concurrence de
la médecine occidentale
.
Si elle a réussi à ne pas disparaître, c’est grâce à de grands
médecins qui ont continué la tradition d’étude des textes
classiques et de transmission de leur savoir par voie familiale,
ou par relation de maître à disciple, voire les deux.
C.
Les
grands médecins des 19e et 20e siècles
Deux noms sont
très souvent cités, représentatifs de l’évolution graduelle vers
plus de « professionnalisation » et d’institutionnalisation.
Au 19e
siècle
Selon Éric
Marié
,
Ling Xusheng (凌旭升)
était un lettré qui a terminé ses études en 1801 et qui est
alors devenu sous-préfet du Shandong. Il est resté célèbre parce
que, excellant en médecine, alors qu’une épidémie s’était
déclarée dans la région, il a rendu visite aux malades pour les
examiner et les soigner. Mais il avait une connaissance puisée
dans les traités de médecine et leurs commentaires et n’a pas
exercé d’activité professionnelle. Il est donc assez typique du
médecin traditionnel chinois, jusqu’au 20e siècle.
Date
symbolique : en 1898 arrivent en Chine les premiers médecins
français, quelques années après une épidémie de peste qui a
causé la mort de plus de 100 000 personnes. C’est aussi ce qui
motive la création d’ un ministère de la Santé, inauguré en
1928. La lutte contre la maladie se modernise et se développe
grâce à des initiatives locales de plus en plus diversifiées,
dans le contexte de la dégradation de l’assistance impériale, de
la paralysie et de la ruine des établissements charitables
traditionnels liées au climat politique de la deuxième moitié du
19e siècle.
Deux fléaux
font des ravages : la peste (yì
疫
ou wēnyì
瘟疫) et
la malaria (zhàng
瘴ou
zhàngqì
瘴气)
auxquelles viennent s’ajouter toutes les maladies contagieuses
favorisées par l’état déplorable de la situation sanitaire : le
choléra, la variole, la typhoïde, les maladies oculaires, et
bien sûr la tuberculose – maladies dont beaucoup ont des noms
qui renvoient aux conceptions de la médecine ancestrale : le
choléra (huòluàn
霍乱),
signifiant « désordre soudain », impliquant qu’est rompu
l’équilibre naturel du corps en osmose avec l’univers ; ou la
typhoïde qui continue à être désignée du terme de shānghán
zhèng (伤寒症),
maladie provoquée par le froid, renvoyant au traité des attaques
du froid de Zhang Zhongjing.
Nombreux sont
souvent de véritables thaumaturges, la médecine étant souvent le
moyen d’assurer la subsistance de la famille après la mort du
père. Ce n’est qu’à partir de 1850 que le praticien spécialisé
commence à remplacer l’amateur. Mais la majorité de la
population continue à se soigner avec des plantes, sur la base
de préparations familiales. Et à lutter contre les épidémies par
des processions et des rituels chamaniques.
Tout commence
à changer après 1920 avec l’émergence de médecins comme Yao
Hesheng.
Au 20e
siècle
Né en 1911,
originaire de Nanchang, dans le Jiangxi (江西南昌),
Yao Hesheng (姚荷生)
a été le premier recteur de l'Université de médecine
traditionnelle chinoise du Jiangxi.
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Yao Hesheng |
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Il commence à étudier la médecine en 1929, à l’âge de 18 ans,
auprès du célèbre médecin
Xie Shuanghu (谢双湖),
spécialiste du Shānghán lùn. Puis, à l’âge de 20 ans, il
assiste son oncle Yao Guomei (姚国美)
lors de ses consultations, et ce pendant trois ans.
Puis, en 1933
om entre à l'École spécialisée de médecine traditionnelle
chinoise du Jiangxi (江西中医专门学校),
dont il sort diplômé en 1938. Il exerce ensuite à Nanchang.
Après 1949, il
est directeur des études de l'École de médecine traditionnelle
chinoise Qixuan de Ji'an où il enseigne les maladies fébriles.
En 1956, il prend la direction de l'Institut expérimental de
médecine traditionnelle chinoise du Jiangxi (江西省中医实验院),
l'un des établissements prédécesseurs de l'hôpital affilié à
l'Université de médecine traditionnelle chinoise du Jiangxi. Il
a ensuite été le premier directeur de l'Université de médecine
traditionnelle chinoise du Jiangxi, contribuant à la mise en
place du système d'enseignement supérieur en médecine
traditionnelle chinoise.
Spécialiste
des maladies fébriles dont il a rédigé plusieurs traités (dont
« Les principes généraux des six méridiens dans le Traité des
attaques du froid »《伤寒论六经主证》),
il avait pour philosophie « Le véritable professeur du médecin
est le patient » ("医生真正的老师是病人").
Il a formé des maîtres de médecine traditionnelle chinoise comme
Huang Cunyuan (黄存垣)
et Wu Bingcai (伍炳彩),
jetant ainsi les bases de la médecine traditionnelle chinoise du
Jiangxi.
Après sa mort
en 1997, mais même de son vivant, sa méthode d’acquisition des
compétences auprès des patients est devenue la tradition
éducative de l'Université de médecine traditionnelle chinoise du
Jiangxi et du groupe de recherche médicale du Bureau de
recherche Yao Hesheng (姚荷生研究室)
créé en 2019 dont la directrice adjointe He Dan (贺丹)
a suivi l’enseignement des fils de Yao Hesheng, Yao Chunling (姚梅龄)
et Yao Meiling (姚椿龄).
C’est ainsi
que s’est longtemps poursuivi l’enseignement et la transmission
de la pratique médicale en Chine, à la fois dans le cadre
familial et de maître à disciple, avant le développement d’un
enseignement institutionnel.
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