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Une demeure poétique

Exposition de peintures et calligraphies anciennes au Musée national de Chine

诗意栖居——中国国家博物馆古代书画展

Par Yang Xi, 14 octobre 2026

 

Pendant les vacances de la Fête nationale d’octobre 2026, je me suis rendue au Musée national de Chine(中国国家博物馆)pour visiter l’exposition intitulée « Une demeure poétique. Peintures et calligraphies anciennes des dynasties Song, Yuan, Ming et Qing »(“中国古代书画——宋元至明清书画中的诗意栖居”).

 

 

Entrée de l’exposition « Peintures et calligraphies anciennes de Chine » 中国古代书画

 

 

S'inscrivant dans la lignée de l'exposition thématique précédente, « Voyages dans les paysages de la peinture des dynasties Ming et Qing », cette exposition adopte la perspective de « demeure poétique » (诗意栖居) pour présenter une sélection de chefs-d'œuvre de calligraphie et de peinture de la collection du musée datant des dynasties Song, Yuan, Ming et Qing.

 

À travers trois sections intitulées « Retraite dans les bois et près des sources » 林泉幽居, « Réunions raffinées au cœur de la ville » 市隐雅集, et « Retour aux sources spirituelles » 心源归栖, l'exposition met en lumière le cheminement des lettrés vers une vie en harmonie avec la nature, et leur quête d’unité entre l’objet et le sujet.

 

I. Les peintures de la première section, « Retraite dans les bois et près des sources », sont celles qui incarnent le mieux le mode de vie idéal des lettrés de la Chine ancienne : une vie recluse au milieu des montagnes et des forêts. Les montagnes et les rivières recèlent une âme, la végétation est empreinte d’émotion ; les anciens ont cristallisé leur respect et leur aspiration de vie proche de la nature par le biais du pinceau et de l’encre. Représentant des demeures forestières et des scènes de vie consacrées à la pêche, à l’élevage, à l’agriculture et à l’étude, les tableaux illustrent l’idéal de vie des lettrés, qui consiste à s’inspirer du ciel et de la terre et à revenir à l’essentiel.

 

1/ Le rouleau de Huang Gongwang(黄公望)« Ombres de ruisseaux et de collines sous la pluie »(Xishan yuyi tu《溪山雨意图》 1344, dynastie des Yuan)est l’œuvre phare de l’exposition ; c’est devant celle-ci que la file d’attente est la plus longue. Considéré comme le chef de file des « Quatre Maîtres de la dynastie Yuan », Huang Gongwang(黄公望)a pour œuvre majeure « Séjour dans les Monts Fuchun »(《富春山居图》).

 

 

Xishan yuyi tu《溪山雨意图》

 

 

Réalisée à l’âge de 76 ans, la peinture exposée ici représente un paysage typique du Jiangnan : au premier plan, des berges bordées de bosquets clairsemés ; au plan intermédiaire, un espace blanc symbolisant la surface infinie d’un lac ; au loin, des montagnes esquissées à l’encre claire, créant une atmosphère brumeuse et vaporeuse autour des ruisseaux et des montagnes sous la pluie. En tête du rouleau figure l’inscription en caractères de style sigillaire « Ambiance pluvieuse des montagnes et des ruisseaux », réalisée par Wen Peng(文彭), fils aîné du grand peintre et calligraphe de la dynastie Ming Wen Zhengming(文征明) et l’un des pionniers de la gravure sur sceau parmi les lettrés des dynasties Ming et Qing. Le rouleau porte également une postface de Ni Zan(倪瓒) :« Aucun peintre moderne ne peut lui être comparé, il s’agit là de son chef-d’œuvre ».

 

Dans un long poème, l’empereur Qianlong le loue en ces termes : « Un vieillard de soixante-dix ans à l’inspiration libre et aérienne, dont le pinceau vigoureux saisit l’essentiel sans chercher à en faire trop », soulignant ainsi non seulement la liberté d’esprit dont faisait preuve Huang Gongwang dans ses créations à la fin de sa vie, mais aussi la précision de son trait, capable de saisir l’essence même du tableau. À la fin du rouleau, plus de 90 sceaux rouges, retracent le parcours de cette œuvre.

 

2/ Comme de nombreuses personnes faisaient la queue derrière moi, je n’ai pas pu m’attarder autant que je l’aurais souhaité devant le tableau de Huang Gongwang. En revanche, il n’y avait personne devant le rouleau de Shen Zhou(沈周) intitulé « Retraite de lettré au milieu de pêchers en fleurs »(《桃花书屋图》1470, dynastie des Ming).

 

 

Retraite de lettré au milieu de pêchers en fleurs

 

 

Chef de file des « Quatre Maîtres de la dynastie Ming », Shen Zhou n’a jamais occupé de fonction officielle et s’est consacré toute sa vie à la poésie, à la calligraphie et à la peinture. Sur le tableau, on aperçoit une chaumière au bord d’un ruisseau, ainsi qu’un cabinet de travail niché au milieu des pêchers en fleurs. Un homme en tenue décontractée et coiffé d’un chapeau est assis seul dans le cabinet, plongé dans la lecture. En haut à gauche du tableau figure une inscription de Shen Zhou lui-même. En raison de l’ancienneté de l’œuvre et de la vitre de protection, les caractères sont difficiles à déchiffrer ; même si l’on parvenait à les distinguer, la calligraphie rendrait leur compréhension encore plus ardue. Mais les organisateurs de l’exposition ont anticipé cette difficulté : toutes les œuvres de peinture et de calligraphie sont accompagnées d’une description et d’une transcription. D’après ces explications, Shen Zhou et son frère ont vécu ensemble à cet endroit pendant quarante ans ; sur le tableau, il reste seul à contempler les fleurs de pêcher, car son frère est décédé. Au moment où il a réalisé ce tableau, son frère était encore en vie. Aujourd’hui, il ne lui reste plus qu’à ajouter un poème en postface pour rendre hommage à son frère défunt.

3/ Le tableau « Carillons clairs résonnant à travers les nuages »(《云中清磬图》 1663, dynastie Qing)de Kuncan(髡残), l’un des « quatre maîtres moines » du début de la dynastie Qing, reflète sans doute des scènes de sa propre vie, passée en réclusion prolongée au monastère Youqi (幽栖寺), sur le mont Niushou (牛首山) à Nanjing : au crépuscule, les bâtiments de l’ancien monastère apparaissent et disparaissent au travers de la mer de nuages, comme si le son des cloches transperçait les nuages. Au milieu d’une cabane de chaume et d’une forêt de pins, un petit sentier mène au cœur des montagnes, exprimant à la perfection l’atmosphère d’une vie de reclus bouddhiste.

 

4/ Dans l’exposition, des poèmes, inscrits sur les murs blancs, évoquent les thèmes des paysages champêtres et de la vie reclus dans les montagnes.

 

Ainsi, le poème de Yuan Haowen(元好问), « Grands arbres, grâce du vent, mousse lisse, silence de l’eau. »(“林高风有态,苔滑水无声”), décrit la tranquillité des montagnes, des forêts et des ruisseaux ; celui de Lei Zhen(雷震), « Le jeune berger rentre sur le dos de son buffle, jouant sur sa flûte un air improvisé »(“牧童归去横牛背,短笛无腔信口吹”), dépeint la scène d’un berger rentrant au coucher du soleil  ; et celui de Zhang Yanghao(张养浩), « Après la pluie, le ciel s’éclaircit, je navigue sur une petite barque ; d’un côté, le poisson ; de l’autre, le vin »(的“雨过天晴驾小船,鱼在一边,酒在一边。”), célèbre la liberté d’une vie passée à naviguer et à boire à sa guise.

 

5/ Les calligraphies occupent également une place importante dans cette exposition. La première section « Retraite dans les bois et près des sources » présente des œuvres calligraphiques telles que des écritures courantes (ou semi-cursives) de Zeng Guofan(曾国藩) et He Shaogi(何绍基)(dynastie Qing), des calligraphies cursives de Fu Shan(傅山)(dynastie Qing), ainsi que le « Récit du pavillon du Vieux Buveur »《行书醉翁亭记》calligraphié par Lin Zexu(林则徐).

 

 

Récit du pavillon du Vieux Buveur 《行书醉翁亭记》林则徐

 

 

II. La deuxième section, « Réunions raffinées au cœur de la ville » (市隐雅集), montre que les lettrés de l’Antiquité n’avaient pas besoin de fuir loin dans les montagnes pour trouver un havre de paix au milieu de l’agitation de la vie urbaine. Lire des ouvrages, participer à des réunions littéraires, explorer des lieux reculés : tout en étant au cœur de la ville, ils se détachaient du tumulte, illustrant ainsi le dicton « Le grand reclus se cache au cœur de la ville » (大隐隐于市) et mettant en lumière la sagesse des anciens qui, fuyant la vulgarité, recherchaient le raffinement dans leur mode de vie.

 

1/ Le rouleau « Authentique appréciation » ( Zhen shangjian tu 《真赏鉴图》) de Wen Zhengming(文徵明), l’un des « Quatre maîtres de la dynastie Ming », occupe la première place de cette section. Réalisé alors qu’il était âgé de 88 ans, ce rouleau représente, sur la droite, des rochers lacustres escarpés, tandis que des platanes et des bambous élancés entourent deux huttes de chaume. À l’intérieur, le maître de maison et son invité sont assis face à face, déroulant un rouleau ; la table est ornée d’objets en bronze et de livres anciens, illustrant ainsi le plaisir des lettrés de la dynastie Ming pour la collection et l’appréciation des objets d’art. Sur le côté gauche du rouleau figure une calligraphie en petits caractères de Wen Zhengming, dont les traits sont « aussi précieux que des perles et des gemmes ».

 

 

Authentique appréciation 《真赏鉴图》

 

 

2/ Le rouleau « Appréciation conjointe d’un texte remarquable » (《奇文共赏图》) de Chen Hongshou (陈洪绶), datant de la dynastie Ming, représente une réunion raffinée de trois personnes : deux d’entre elles, adossées à un rocher, consultent ensemble un ouvrage ancien, le regard concentré. Un troisième, assis en face d’eux, écoute attentivement ; à côté de lui se trouvent un vase de fleurs et des antiquités, créant ainsi l’atmosphère sereine d’une demeure de lettré.

 

3/ Si cette peinture dégage une impression de calme, la suivante est tout le contraire, débordant de dynamisme. Le rouleau « Le lavage du paulownia » (《洗桐图》) de Cai Ze (蔡泽), de la dynastie Qing, s’inspire de l’anecdote de Ni Zan (倪瓒) lavant son paulownia. La légende raconte que Ni Zan souffrait d’une obsession extrême pour la propreté : par exemple, lorsque ses serviteurs allaient chercher de l’eau de source à la montagne, le seau de devant servait à cuire le riz et à préparer le thé, tandis que celui de derrière était réservé au lavage du linge ; craignant que les serviteurs ne souillent le seau arrière en lâchant des gaz, il refusait catégoriquement de les mélanger. Si un invité crachait par terre, il ordonnait immédiatement de creuser autour des racines de l’arbre et de laver à plusieurs reprises, ce qui mettait l’invité dans l’embarras et le poussait à quitter la table. Dans la cour, il ordonnait chaque jour à des jeunes serviteurs de nettoyer le paulownia de fond en comble, en le lavant quotidiennement de la racine aux feuilles, ce qui endommagea l’écorce et finit par tuer l’arbre.

 

Sur le tableau, Ni Zan est assis tranquillement sur sa couche entouré de jeunes serviteurs, chacun accomplissant sa tâche : certains versent de l’eau, d’autres nettoient l’arbre, ainsi que le sol. Le lavage du paulownia symbolise la purification de l’esprit et le perfectionnement de soi ; dans cet espace restreint qu’est la cour, se cache l’idéal reclus des lettrés de l’Antiquité, qui vivaient dans leur jardin en préservant la pureté et en cultivant leur esprit.

 

 

Le lavage du paulownia 

 

 

4/ Le rouleau « Les quatre ministres épinglant des pivoines » (《四相簪花图》1752, dynastie Qing,), réalisé par Huang Shen (黄慎), l’un des « Huit excentriques de Yangzhou »(扬州八怪), est non seulement animé, mais dégage également une atmosphère joyeuse.

 

L’histoire s’inspire de l’anecdote de la « pivoine des quatre ministres » de la dynastie des Song du Nord : en 1045, lorsque Han Qi (韩琦) était préfet de Yangzhou (扬州), une pivoine rare « Jindaiwei » (金带围) fleurit dans le jardin à l’arrière du bureau officiel. Cette plante portait quatre ramifications, chacune portant une fleur. Ses pétales présentaient un mélange de couleurs jaune et rouge, rappelant la robe rouge et la ceinture dorée des grands chanceliers de la dynastie Song. Voyant les quatre fleurs épanouies, Han Qi invita Wang Gui (王珪) et Wang Anshi (王安石), qui se trouvaient alors à Yangzhou, ainsi que Chen Shengzhi (陈升之), qui était de passage, pour venir  admirer les fleurs avec lui. Au cours du banquet, on coupa quatre pivoines, et chacun des quatre hommes en épingla une sur sa coiffure. Au cours des trente années suivantes, les quatre hommes accédèrent successivement au poste de grand chancelier, ce qui devint une histoire célèbre. Le fait de se parer de fleurs était, à l’époque des Song, une manière courante pour les lettrés et les hommes de culture d’exprimer leurs sentiments à travers les fleurs, ainsi qu’une expression poétique de la liberté d’esprit.

 

Le tableau saisit l’instant vivant où Han Qi lève la main pour s’épingler une fleur ; les expressions et les postures des personnages sont vivantes et expressives, tandis que les lignes fluides des plis de leurs vêtements s’harmonisent parfaitement avec l’écriture cursive en haut à droite de l’image, ce qui en fait un modèle parfait de fusion entre la calligraphie et l’esthétique de la vie.

 

 

Les quatre ministres épinglant des pivoines

 

 

5/ Il y a également des poèmes sur le mur de la salle. Le vers de Tao Yuanming (陶渊明) correspond bien au thème de cette section : « Ma chaumière se trouve au milieu des hommes, on n’y entend pourtant bruit de cheval ni de voiture. » ( 结庐在人境,而无车马喧)。

 

III. La troisième section, intitulée « Retour aux sources spirituelles » (心源归栖), vise à montrer comment l’encre et le pinceau transcendent dès lors les limites de l’espace physique. Centrée sur une forme artistique fusionnant poésie, calligraphie, peinture et sceaux, cette section s’appuie sur des peintures de fleurs et d’oiseaux en style libre qui expriment des sentiments à travers des objets, des paysages poétiques qui invitent à un voyage spirituel à travers les âges, ainsi que des calligraphies exprimant le désir de retour aux sources. Cette section explore ainsi le refuge spirituel des anciens selon la maxime « Là où mon cœur trouve la paix, là est ma patrie » ( “此心安处是吾乡”), en illustrant la quête ultime d’un mode de vie poétique. Cette section présente un plus grand nombre d’œuvres et bénéficie d’un espace plus vaste. Les couleurs des murs, du sol et de l’éclairage créent une atmosphère sereine, accompagnée d’une musique douce et grave, tandis que les murs sont ornés de motifs de fenêtres fleuries inspirés des jardins de Suzhou. Sur la projection numérique du mur thématique, le poisson aux yeux blancs peint par Zhu Da (朱耷), apparaissant et disparaissant tour à tour, confère à la salle d’exposition une atmosphère profondément zen.

 

1/ L’histoire de l’art ancien compte plusieurs célèbres réunions « raffinées » (雅集) de lettrés : la réunion du Jardin de Jingu, durant la dynastie des Jin de l’Ouest (西晋·金谷园雅集), la réunion du Pavillon des Orchidées durant la dynastie des Jin de l’Est (东晋·兰亭雅集), la réunion du Jardin de l’Ouest durant la dynastie des Song du Nord(北宋·西园雅集), ainsi que la réunion de Yushan lors de la dynastie des Yuan(元代·玉山雅集).

 

Le rouleau « La réunion raffinée du Pavillon des Orchidées » de Li Zongmo (李宗谟), datant de la dynastie des Ming, dépeint ce grand rassemblement de lettrés présidé par le célèbre calligraphe du 4e siècle Wang Xizhi (王羲之), où les convives faisaient flotter leurs coupes au gré des méandres de l’eau tout en composant des poèmes et en dégustant du vin.

 

Le rouleau «La réunion raffinée du Jardin de l’Ouest », d’un peintre anonyme de la dynastie Ming, illustre quant à lui la scène d’une réunion raffinée réunissant, sous la dynastie des Song du Nord, les éminents lettrés Su Shi (苏轼), son frère cadet Su Zhe (苏辙), Huang Tingjian (黄庭坚) et Mi Fu (米芾). À la fin du rouleau figure le « Compte rendu de la réunion littéraire au Jardin de l’Ouest » (西园雅集图记), inscrit en écriture cursive par Wen Zhengming à l’âge de 73 ans.

 

Le tableau « Demande d’enseignement au Pavillon du Lac » (湖楼请业图) de Feng Lechu (冯乐初), de la dynastie des Qing (19e siècle), dépeint le célèbre Yuan Mei (袁枚, 1716-1797) et ses treize élèves féminines lors d’une réunion littéraire dans un jardin du Jiangnan.

 

 

Demande d’enseignement au Pavillon du Lac

 

 

 

Demande d’enseignement au Pavillon du Lac

 

 

2/ Dans cette section, outre plusieurs peintures sur éventails de la dynastie des Qing, on peut admirer des chefs-d’œuvre de la peinture chinoise souvent cités dans l’histoire de l’art, tels que « La peinture des poissons » (《游鱼图》) de Zhu Da (朱耷), le rouleau « Orchidées, rochers et pivoines » (《兰石牡丹图》) de Shitao (石涛), le rouleau « Bambous et rochers »(《竹石图》) de Zheng Banqiao (郑板桥) et « Orchidées et rochers » (《兰石图》) de Wu Changshuo (吴昌硕).

 

3/ Le rouleau « Wangchuan » (《辋川》) ou « La Villa de Wangchuan », d’un artiste anonyme de la dynastie des Song, occupe une place prépondérante : il fait à peu près 10 mètres de long. À la fin de sa vie, le poète Wang Wei(王维, 701-761, dynastie des Tang)s’était retiré dans sa villa de Wangchuan, à Lantian(蓝田)dans le Shaanxi. S’inspirant du paysage, il composa les « Vingt poèmes de Wangchuan » (《辋川集》20首诗) et peignit également le tableau « Wangchuan tu »(《辋川图》) sur les murs du temple Qingyuan(清源寺). Dès lors, « Wangchuan » est devenu le thème central et le modèle classique des paysages de retraite dans l’histoire de l’art chinois. L’engouement des lettrés des deux dynasties Song pour la reproduction du tableau « Wangchuan tu » est comparable à celui des lettrés de la dynastie des Tang copiant la « Préface de la réunion du Pavillon des Orchidées ».

 

 

Wangchuan tu

 

 

4/ Le rouleau « Peinture de fleurs diverses » (Zahua tu 杂花图) de Xu Wei(徐渭, 1521-1593, dynastie des Ming), représente successivement des pivoines, du raisin, des bambous printaniers, des orchidées, des chrysanthèmes d’automne et des narcisses, chaque section étant accompagnée d’un poème et d’une peinture. Réalisé uniquement à l’encre de Chine, en touches libres, ce rouleau ne recherche ni la précision ni la ressemblance, mais privilégie l’expression libre et la capture de l’esprit.

 

5/ La dernière partie de l’exposition intègre également des sceaux gravés : le public peut y découvrir des caractères rouges carrés, qu’il s’agisse de vers de poésies, de noms de lieux de résidence ou de cabinets de travail, ou encore de devises personnelles, tous s’inscrivant dans le thème de l’exposition « Demeure poétique » (诗意栖居).

 

Il faut plus de deux heures et demie pour parcourir l’intégralité de l’exposition. L’entrée et la sortie se confondent, les trois salles d’exposition formant un cercle où le point d’arrivée est aussi le point de départ. Un circuit parfait qui est aussi un voyage spirituel extrêmement riche et envoûtant.

 

En sortant de l’exposition, en songeant aux foules qui envahissent les moindres lieux pendant les vacances de la Fête nationale, on pouvait se dire : n’est-ce pas là aussi une véritable « demeure poétique » qu’une telle exposition que l’on peut admirer dans le calme ?

 

 

 

 

 

 

 

 

     

 

 

 

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