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Shi Shuqing 石舒清

Présentation

par Brigitte Duzan, 7 octobre 2016

 

Shi Shuqing est un écrivain hui du Ningxia, auteur de nouvelles dont la plus connue est « Le Couteau dans l’eau pure» (清水里的刀子) qui a obtenu le deuxième prix Lu Xun, en 2001. Elle a été adaptée au cinéma en 2015, par Wang Xuebo (王学博), et le film a rendu célèbre et l’écrivain et le réalisateur…

 

De son vrai nom Tian Yumin (田裕民), Shi Shuqing (石舒清) est né en novembre 1969 dans le district de Haiyuan (海原县), dans le sud de la région autonome hui du Ningxia (宁夏回族自治区).

 

Il a fait ses études à l’Ecole normale du district proche de Guyuan (宁夏固原师专), dont il est sorti avec un diplôme d’anglais. Il a ensuite été professeur d’anglais pendant cinq ans, puis a travaillé trois ans comme fonctionnaire de la ville 

 

Shi Shuqing

de Guyuan. Il travaille maintenant au Musée de l’histoire et de la culture du Ningxia et il est président de l’Association des écrivains du Ningxia. 

 

Il écrit surtout des nouvelles courtes, qu’il a commencé à publier au début des années 1990, mais il en a aussi publié quelques plus longues, de taille moyenne. Le cadre de ses récits est sa région natale, dite Xihaigu (西海固), abrégé des premiers caractères de chacun des trois principaux districts qui la constituent: Xiji (西吉), Haiyuan (海原) et Guyuan (固原). C’est une région fortement marquée par la culture hui, dont Shi Shuqing est lui-même imprégné.

 

Il est devenu l’une des icônes de la littérature hui, avec Zhang Chengzhi (张承志), mais qui est né, lui, en 1948 ; ils représentent donc chacun une génération différente, l’un plus marqué par l’histoire, l’autre par le présent, mais tous deux habitésd’un sentiment très fort des particularités culturelles de leur région,

 

Il y a quelque chose de fusionnel, dans la manière dont Shi Shuqing ressent ses liens avec sa région :

 

我似乎回到这里(故乡)才能觉得心安和踏实,再到任何地方都有一种被丢弃感和失踪感。我忽然间觉得故乡就像是我的另外一个心脏,比我的这个心更壮硕、更有力、更慈悲也更深情。

Il semble bien que je ne puisse me sentir l’âme en paix que quand je suis au pays, ailleurs je me sens perdu et abandonné. Ma région est comme un second cœur, pour moi, bien plus fort que l’autre, bien plus capable de compassion et de profondeur.

 

Ses personnages et ses histoires viennent de l’enfance, il les a préservés depuis tout ce temps, sans que le souvenir en soit effacé. Ainsi, chaque fois qu’il revient chez lui, il a toujours des souvenirs très chers qui lui reviennent en mémoire, comme en dialogue avec la terre, hors de la réalité ambiante. C’est comme une vie dans le souvenir, et la garantie d’une précieuse authenticité. En même temps, traitées avec chaleur et vie, ses histoires hui deviennent des histoires universelles d’une grande humanité.

 

Principales nouvelles courtes 短篇小说

 

« Jours purs » 《清洁的日子》 et « Crépuscule » 《黄昏》, couronnées des 7ème et 8ème prix littéraires de la revue Octobre (《十月》), en 2001 et 2002.

« Le verger » 《果院》 : prix de la revue Littérature du peuple.

« Le Couteau dans l’eau pure»清水里的刀子, nouvelle

 

Le couteau dans l’eau pure

publiée en 1998 et couronnée d’une demi-douzaine de prix, dont le 2ème prix Lu Xun (attribué pour la période 1997-2000) et le 11ème prix Zhuang Zhongwen (庄重文文学奖)…

« Le couteau dans l’eau pure » a été adapté en lianhuanhua (连环画) par Li Dongxing (李东星) :

http://blog.artron.net/space-166900-do-blog-id-227306.html

 

Le couteau dans l’eau pure, lianhuanhua

   

 

Principales nouvelles moyennes 中篇小说

 

1994 « Terre amère» 《苦土》

2001 « Le jardin en fleurs » 《开花的院子》/ « La force dans l’obscurité » 《暗处的力量》

2004 « Canicule » 《伏天》

« Terre amère» et « La force dans l’obscurité » ont obtenu respectivement les 5ème et 8ème prix littéraire des minorités ethniques dit « de l’étalon » (全国少数民族文学奖骏马奖).

 

Recueils

 

2006 ouvrage illustré : « Faits divers à l’ouest de Hai/Guyuan » (《西海固的事情》)

2008 recueil de nouvelles choisies 《石舒清小说自选集》

2012 recueil illustré :  « La robe grise » (《灰袍子》), recueil de dix nouvelles courtes et moyennes, dont :

La forteresse de la famille He 《贺家堡》、La femme à la petite bouche 《尕嘴女人》、Un regard joyeux 眼欢喜》、Le verger 《果院》...

 

Traductions en français 

 

La Rivière des femmes, six nouvelles de Li Jinxiang et Shi Shuqing, traduit du chinois, préfacé et annoté par Françoise Naour, Gallimard/Bleu de Chine, mars 2012.

De Shi Shuqing :

- Les 5 yuans : le jour de l’enterrement d’une femme, une voisine se demande s’il est convenable qu’elle réclame les cinq yuans qu’elle avait prêtés à la défunte [1],

- Le Couteau dans l’eau pure : quand meurt une vieille femme, pour respecter les rites et les croyances, mais surtout pour rendre hommage à sa mère, son fils persuadeson vieux père de sacrifier le vieux bœuf de labour qui a été le compagnon du vieil homme pendant tant d’années. La narration prend à la fin un tour presque fantastique quand l’animal se rend compte du sort qui lui est réservé…

- Le verger, qui commence par une citation de Borgès : « Je n’éprouve d’étonnement que pour les choses et les phénomènes ordinaires. » Ce qui est une constante, aussi, dans l’œuvre de Shi Shuqing.

 

La rivière des femmes (traduction)

 

Adaptations cinématographiques

 

2003 Il collabore avec la réalisatrice Li Miaomiao (刘苗苗) à l’écriture de scénarios lorsque, malade, elle rentre chez elle, à Gu Yuan.

Voir : http://www.chinesemovies.com.fr/cineastes_Liu_Miaomiao.htm

 

2015 Adaptation de sa nouvelle « Knife in the Clear Water »清水里的刀子 par Wang Xuebo (王学博)

 

Sur Wang Xuebo et son film, voir : http://www.chinesemovies.com.fr/cineastes_Wang_Xuebo.htm

 

 

[1] La nouvelle a aussi fait l’objet d’une traduction en anglais, et d’une analyse dans le journal du CEFC :

China Perspectives 45 | January-February 2003

http://chinaperspectives.revues.org/237

 

 

 

  

 

 

 

 

     

 

 

 

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